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Bolivie : mobilisation massive à El Alto et La Paz malgré la répression du gouvernement Paz

Thu, 11 Jun 2026 15:35:14 CEST

Révolution Permanente

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Ce mercredi 10 juin, se tenait à La Paz une mobilisation massive des secteurs paysans et ouvriers à l'appel de la Fédération paysanne Tupac Katari et de la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB). Une journée marquée par une forte répression qui n'a pas éteint la combativité.

Ce mercredi 10 juin, pour ce qui constituait la 41e journée de mobilisation ouvrière et populaire en Bolivie, plus de 40 000 personnes ont défilé d'El Alto vers La Paz à l'appel de la Fédération paysanne Tupac Katari et de la Centrale ouvrière bolivienne (COB). Une mobilisation importante, pour exiger la démission du président Rodrigo Paz et le retrait de la loi sur l'état d'exception votée au parlement le 7 juin, qui autorise l'usage de l'armée pour mettre fin aux barrages routiers.

La journée a été une des plus massive depuis le début de la mobilisation avec des dizaines de milliers de personnes venues d'Oruro, de Potosí et du Tropique de Cochabamba, qui ont convergé vers le Multifuncional de la Ceja d'El Alto avant de descendre en masse vers le siège du gouvernement à La Paz avec à sa tête les mineurs, les paysans et les femmes. Cet immense cortège a été accueilli par une forte répression du gouvernement.

La police a chargé les manifestant·es, faisant des dizaines de blessé·es et de détenu·es. Ainsi, Vicente Salazar, dirigeant exécutif de la Tupac Katari, a été arrêté aux abords de la Plaza Murillo, avant d'être libéré plusieurs heures plus tard. Une correspondante de La Izquierda Diario Bolivia – réseau international de journaux dont fait partie RP -, notre camarade Violeta Tamayo, a elle-même été blessée gravement dans la répression en couvrant la manifestation.

Malgré cette répression, la mobilisation a montré une énorme détermination. Ces derniers jours déjà, on a pu voir les manifestants mettre en déroute les milices d'extrême droite épaulé par la police venu pour lever des blocages, comme à Santa Cruz. A San Julián, les bloqueurs ont même capturé un militaire qui prenait des photos pour les renseignements de l'armée. Malgré la répression, les travailleurs et paysans boliviens sont bien déterminés à continuer la lutte pour la démission du président d'extrême droite.

Malgré l'accentuation de la répression, illustrée également par l'arrestation de cinq dirigeants de la COB, finalement libérés sous la pression de la mobilisation, le président Paz se trouve dans une position de faiblesse importante. Jusqu'ici, le gouvernement n'a pas osé déployer l'armée dans les rues, alors même que le parlement l'y a autorisé depuis la semaine dernière. Cette retenue n'est pas anodine, elle montre la crainte d'une situation incontrôlable pour le régime, où des soldats pourraient refuser de réprimer leurs propres familles.

C'est précisément ce que les femmes mobilisées à l'occasion de la Fête des mères disaient dans leur communiqué : « Nos fils qui effectuent leur service militaire, nous les avons envoyés servir la patrie et non pour qu'ils tuent leur père, leur mère, leurs frères et sœurs, leurs oncles, leurs tantes ou leurs grands-parents. Et si cela venait à se produire, nous demandons à nos enfants de se replier chez eux et de se joindre à la lutte du peuple bolivien. »

La journée du 10 juin démontre ainsi que la mobilisation populaire ne faiblit pas, et qu'elle doit continuer de se développer et de se radicaliser. Face à un gouvernement affaibli mais qui mise sur la répression et l'usure, la nécessité qui s'impose est celle d'une grève générale illimitée paralysant non seulement les moyens de communication mais réellement la production, les transports et les services pour imposer le départ de Paz. Une politique qu'il faut imposer face aux bureaucraties de la COB et des organisations paysannes qui freinent le mouvement, en s'appuyant sur les comités auto-organisés de blocage et de mobilisation qui, depuis El Alto jusqu'aux provinces, montrent la voie vers une coordination nationale démocratique de la révolte.

De fait, comme le défendent les militants de la LOR-CI en Bolivie, la chute de Rodrigo Paz ne doit pas déboucher sur un simple remplacement institutionnel mais sur un gouvernement provisoire des organisations ouvrières, paysannes et indigènes en lutte qui pourrait seul abroger les mesures d'austérité, nationaliser les ressources stratégiques sous contrôle populaire et ouvrir un véritable processus constituant. Une telle victoire du soulèvement bolivien serait un signal pour tous les gouvernements du continent soumis à l'impérialisme et une source d'inspiration pour la classe ouvrière d'Amérique latine tout entière.

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