Morgan Noam en procès pour avoir dénoncé la transphobie de l'Observatoire de la petite sirène, solidarité !
Thu, 11 Jun 2026 18:21:22 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mardi 16 juin, Morgan Noam, psychologue et militant pour les droits des personnes trans sera en audience au tribunal correctionnel de Paris à la suite d'une plainte déposée par des militants transphobes. Son crime ? Avoir critiqué sur Instagram les positions de deux autrices, connues pour leur engagement contre les droits des personnes trans.

Cette semaine, Morgan Noam, militant pour les droits des personnes trans, auteur et psychologue a annoncé faire l'objet d'une plainte en diffamation de la part des psychanalystes anti-trans Caroline Eliacheff et Céline Masson à la suite d'une critique des positions de ces autrices dans une vidéo réagissant à leur nomination pour un prix de l'Académie des Sciences Morales et Politiques.
La pomme de la discorde est que Morgan Noam avait alors qualifié les positions de ces autrices de “transphobes”. Dans sa nouvelle vidéo, annonçant son procès, le militant a maintenu ses positions, et appelé à venir le soutenir en assistant à son audience en correctionnel prévue mardi prochain, et a repris publiquement à l'appui de ses positions des extraits du dernier livre co-publié par ces autrices, intitulé La Fabrique de l'Enfant Transgenre.
On ne peut qu'être atterré du degré de violence, de mépris, de déshumanisation envers les personnes trans que témoignent ces autrices. Elles renvoient les personnes trans au « transgenrisme », comme si on parlait d'idées et non de personnes, et avancent que leur existence traduirait une « haine de la condition humaine », « un symptôme d'une conjoncture politique marquée par des dérives identitaires et caractérisées par une crise profonde de la rationalité » … rien de moins. Les cicatrices de chirurgies deviennent des « stigmates », « blessures infligées sur le corps [...] signe d'allégeance au groupe » ; un changement de prénom devient une « transition spirituelle » pour se rattacher à la « communauté transgenre ».
Le livre, promu par la presse bourgeoise de Marianne à Sud Radio en passant par Figaro, met en évidence un ensemble de procédés discursifs qui relèvent d'une véritable entreprise de diabolisation des personnes trans. Leur argumentation repose sur des généralisations infondées et arguments pseudo-scientifiques, l'usage récurrent de catégories pathologisantes et une assimilation systématique des trajectoires trans à des phénomènes de contagion sociale.
Elles renvoient les personnes trans au “transgenrisme”, comme si on parlait d'idées et non de personnes, et avancent que leur existence traduirait une “haine de la condition humaine”, “un symptôme d'une conjoncture politique marquée par des dérives identitaires et caractérisées par une crise profonde de la rationalité” - rien de moins. Les cicatrices de chirurgies deviennent des “stigmates”, “blessures infligées sur le corps [...] signe d'allégeance au groupe” ; un changement de prénom devient une “transition spirituelle” pour se rattacher à la “communauté transgenre”.
En tant que médecins et psychanalystes, Céline Masson et Caroline Éliacheff veulent servir de caution scientifique à une offensive idéologique, politique et médiatique réactionnaire contre les personnes trans et les empêcher d'accéder aux soins. Elles militent depuis des années contre les droits de personnes LGBT+, en soutenant des thérapies de conversion, et jouent un rôle dirigeant dans l'Observatoire de la Petite Sirène, un groupe d'influence fondé par des anciens partisans de la Manif pour Tous, qui passent désormais au combat contre les droits des personnes trans, en commençant par s'attaquer aux mineurs trans. Ce groupe mène depuis 2021 une campagne contre les jeunes trans, à coup de tribunes, et a remporté quelques succès. Ce groupe a réussi à peser dans l'élaboration de la circulaire Blanquer, qui soumet l'usage du prénom choisi par les élèves trans de l'éducation nationale à l'accord de leurs deux parents. Il a également participé au travail sur le projet de loi des Républicains mené par la sénatrice Jacqueline Eustache Brinio qui a constitué la plus grande offensive législative contre les droits des personnes trans en France ces dernières années, une attaque qui a suscité une mobilisation d'ampleur de la part d'un front large d'organisations politiques, associatives et syndicales sous le nom Riposte trans, et dont l'un des visages médiatiques fut Morgan Noam.
À présent, c'est ce groupe anti-trans, qui mène un travail de lobbying transphobe auprès des partis politiques et dont les figures déversent leur haine des personnes trans sur des centaines de pages qui est à l'origine d'une procédure-bâillon contre un militant qui les a qualifiées de “transphobes” pour empêcher de nommer leur militantisme réactionnaire. Ces procédures visent à intimider et à étouffer financièrement les militants, avec la complicité des ministères publics qui donnent des suites à ces plaintes. Face à cette offensive, il faudra être nombreux en soutien à Morgan Noam, pour exiger sa relaxe et faire front contre la transphobie !
Capture d'écran : Mauvaise Bouche.