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Milei invité par le MEDEF : le patronat français honore l'extrême-droite

Thu, 11 Jun 2026 20:06:45 CEST

Révolution Permanente

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Selon les informations de Mediapart, le Medef a invité Javier Milei à ses universités d'été des 26 et 27 août. Une proposition qui illustre la radicalisation du projet austéritaire et anti-ouvrier du patronat français à un an des présidentielles.

Comme le révèle Mediapart ce 10 juin, le Medef a convié Javier Milei, président argentin d'extrême droite, à ses universités d'été des 26 et 27 août, au stade Roland-Garros à Paris. Si l'organisation patronale indique « ne pas encore avoir confirmation de sa venue », le signal politique est clairement envoyé.

Pour cette dernière édition avant les élections présidentielles, le Medef a choisi le thème du « courage ». S'il n'y a encore que très peu d'informations sur le déroulement de ces journées, le programme annonce déjà la couleur : une table ronde sur la « solidarité inconditionnelle » du modèle social français, en se demandant « à partir de quand devient-elle un facteur de découragement ou de déséquilibre ? », une autre sur « le consensus », « souvent présenté comme une vertu démocratique ». Le programme précise : « à force de vouloir tout concilier, ne devient-il pas une manière d'éviter les choix, les conflits et donc le courage politique ? ». Bref, des universités d'été qui tourneront autour des offensives anti-ouvrières à mener.

Dans ce cadre, l'invitation de Javier Milei par le Medef illustre le projet du patronat français : avancer dans ses liens avec l'extrême droite et s'inspirer du modèle libertarien et ultra-austéritaire du gouvernement argentin. Le président argentin est en effet une des figures de l'internationale réactionnaire, allié indéfectible de Donald Trump et des grandes fortunes mondiales, qui taille à la tronçonneuse les acquis sociaux des travailleurs. Depuis son arrivée au pouvoir fin 2023, il mène contre les classes populaires argentines des offensives austéritaires d'une brutalité inédite, avec des coupes massives dans les services publics et un démantèlement de la protection sociale. Le tout présenté comme une thérapie de choc nécessaire, pendant que les plus riches, eux, sont exonérés.

En parallèle, le personnage réactionnaire qualifie l'avortement de « meurtre aggravé », nie le dérèglement climatique et défend de façon inconditionnelle le génocide en Palestine. Malgré toutes ces sorties, c'est lui que le Medef veut présenter comme un modèle de courage. Un choix qui n'a rien d'anodin. À l'approche des présidentielles et depuis plusieurs mois, l'organisation patronale assume toujours plus ses liens avec des secteurs de l'extrême droite. Il y a un mois et demi, le bureau exécutif du Medef recevait à déjeuner Jordan Bardella, président du RN et candidat potentiel en 2027. Deux semaines auparavant, c'est Marine Le Pen qui partageait un repas avec une dizaine de dirigeants du CAC 40.

Mais le développement des liens avec l'extrême droite est également en phase avec le projet anti-ouvrier et contre les classes populaires du patronat. En février, le Medef présentait par exemple une proposition de contrat jeune assimilable à un CDI pouvant être rompu sans motif de l'employeur, avant de proposer de diminuer de 25% la durée d'indemnisation des demandeurs d'emploi ayant bénéficié d'une rupture conventionnelle (de 18 à 13,5 mois). Aujourd'hui, alors que le gouvernement fait passer en force la généralisation de « Bienvenue en France », un des représentants de l'organisation affirme qu'il faudrait désormais « poser sereinement la question des frais pour l'ensemble des étudiants ». Le « modèle Milei » n'est donc pas qu'une inspiration lointaine, c'est un programme que le patronat français voudrait faire appliquer.

Pendant que le Medef prépare sa grand-messe avec Milei, la principale opposante politique au président argentin, Myriam Bregman, figure politique la plus populaire d'Argentine, se rendra également en France, mais pour défendre un projet aux antipodes du libertarien réactionnaire. Le 18 juin prochain, à Saint-Denis, l'avocate et porte-parole du PTS, organisation sœur de Révolution Permanente, participera à la grande soirée contre la criminalisation du soutien à la Palestine, organisée en soutien à Anasse Kazib, avant son procès le 25 juin pour avoir dénoncé la complicité de l'Europe dans le génocide à Gaza. À rebours des positions du serviteur loyal de Trump et de l'impérialisme américain en Amérique latine, indéfectible soutien de Netanyahou et du génocide à Gaza, Myriam Bregman incarne en effet le visage d'une gauche révolutionnaire qui se tient résolument aux côtés du peuple palestinien et des classes populaires contre les attaques du gouvernement et du patronat. Bref, si le Medef s'inspire de Milei, toutes celles et ceux qui veulent préparer les combats de demain feraient bien de s'intéresser à Bregman...

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