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Hommage à Lyhanna : un rassemblement parisien violemment réprimé par la police

Thu, 11 Jun 2026 20:20:11 CEST

Révolution Permanente

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Lundi soir, des rassemblements ont eu lieu devant les tribunaux partout en France pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer la responsabilité de l'État dans ce meurtre horrible. La police a réagi en réprimant violemment de nombreuses manifestantes.

Des milliers de personnes se sont rassemblées devant les tribunaux de plus de 200 villes, suite au meurtre de Lyhanna. Cette enfant de 11 ans, tuée par un homme déjà poursuivi pour viol sur des mineures, est devenue en quelques jours le symbole de la lutte contre les violences faites aux enfants. Au-delà d'un simple hommage, ces rassemblements étaient l'expression d'une colère profonde face à la responsabilité du gouvernement dans ce drame.

À Paris, le rassemblement initialement prévu place Vendôme a été interdit et déplacé, provoquant une forte incompréhension. Des manifestant·es, s'y sont tout de même rendu·e·s pour dénoncer cette interdiction et ont forcé le dispositif policier qui les empêchait de s'approcher du ministère de la justice. La répression ne s'est pas faite attendre. Sur les réseaux sociaux ont circulé des images terribles : des femmes, mères de familles rassemblées autour du slogan « Protégez nos enfants », se faisant charger et frapper par la police.

La comédienne Andréa Bescond, qui était à l'initiative de ces rassemblements, a passé la nuit en garde à vue pour outrage et rébellion. Au moins une autre personne a été arrêtée, avant que le parquet de Paris ordonne de les libérer ce mardi matin.

La répression d'un rassemblement qui dénonce la responsabilité de l'État dans la mort d'une enfant montre le haut niveau de fébrilité de l'État face à la colère légitime de milliers de personnes. Déjà vendredi dernier, sur TF1, Gérald Darmanin a été contraint de s'excuser publiquement et de reconnaître « des défaillances dans l'organisation du service public de la justice », expliquant que « l'institution judiciaire n'a pas su protéger cette petite fille » et présentant « [ses] excuses à cette famille et aux Français qui sont légitimement choqués, terrifiés de voir de telles défaillances ».

Mais le gouvernement pointe le manque de moyens dans la police et la justice pour mieux camoufler la responsabilité politique et le caractère systémique de ces violences. Or, les milliers de personnes réunies lundi soir, scandant « Darmanin démission » et « Justice je t'accuse », ont montré qu'elles n'étaient pas dupes face à la responsabilité du gouvernement dans ce drame. Dans le même sens, nous devons dénoncer l'instrumentalisation de la mort de Lyhanna pour justifier une surenchère sécuritaire plébiscitée par la droite et l'extrême-droite.

D'autant que, à l'instar d'autres violences policières contre des militantes féministes, les images du rassemblement à Paris lundi soir rappellent une fois de plus que l'Etat et ses institutions ne sont pas et ne seront jamais nos alliés dans les luttes féministes.

A l'inverse, il faut construire un mouvement féministe d'ampleur qui fait front face à cette répression. Un mouvement qui affirme que nous ne pouvons nous en remettre à un État qui nous réprime, nous violente, nous exploite, pour assurer notre protection. Un mouvement qui assume, par ses propres formes d'organisation et de lutte, le combat contre l'ensemble des violences de genre, en s'attaquant au système qui les crée, au-delà des réponses judiciaires et pénales.

Lire aussi : Affaire Lyhanna : l'État n'est pas notre allié face aux violences faites aux enfants

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