Procès d'Anasse Kazib : Myriam Bregman en France pour dénoncer la répression des soutiens de la Palestine
Thu, 11 Jun 2026 20:36:17 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalMyriam Bregman, députée argentine et avocate révolutionnaire viendra soutenir Anasse Kazib lors de son procès du 25 juin pour son soutien à la Palestine. La soirée du 18 juin contre la répression des soutiens à la Palestine sera l'occasion d'entendre Myriam revenir sur son usage politique et offensif des tribunaux, pour faire le procès de l'Etat argentin pour sa répression du mouvement ouvrier et ses politiques génocidaires.

« Il faut retourner l'accusation, et faire de ce procès celui du génocide et de la criminalisation du soutien à la Palestine. » Voilà le plan de bataille d'Anasse Kazib et de son camarade journaliste à Révolution Permanente, ainsi que celui de tous leurs soutiens, face au procès auquel ils seront confrontés le 25 juin prochain, pour leur soutien à la Palestine. En plus d'un rassemblement le jour J, cette perspective offensive sera développée dans une table-ronde lors d'une grande soirée contre la répression des soutiens de la Palestine, organisée le 18 juin à Saint-Denis, et suivie d'un concert du rappeur Médine.
Y interviendront Anasse Kazib, son avocate Elsa Marcel, d'autres militants français ou palestiniens réprimés par la France. Mais aussi la députée et avocate révolutionnaire Myriam Bregman, membre du parti-soeur de Révolution Permanente le PTS, venue spécialement d'Argentine pour suivre le procès. La présence de celle qui est devenue ces derniers mois la personnalité politique la plus populaire d'Argentine n'a rien d'anodin, vue l'expérience que la militante apporte dans ses bagages en matière de retournement des armes juridiques contre l'Etat bourgeois.
Une avocate révolutionnaire rompue à la contre-attaque politique dans les tribunaux comme dans la rue
Alors qu'elle était encore étudiante en droit, Bregman participe en 1997, avec le PTS, à la création du Centre de professionnels pour les Droits humains (CeProDH). L'objectif est alors d'affronter l'État, sa police et les patrons en défendant les militants et manifestants arrêtés et poursuivis pour faits de grève, ou dans le cadre des soulèvements et du mouvement « piquetero ». Spécialisée en droit du travail pour mettre ses compétences au service de la classe ouvrière, elle n'y cantonne pourtant pas sa pratique : en 2003, aux côtés d'autres avocats militants, elle fonde le collectif « ¡ Justicia ya ! » (« Justice maintenant ! »), pour déjouer les tentatives révisionnistes de l'Etat argentin qui souhaite « tourner la page » sur les crimes commis sous la dictature de 1976-1983 et « réconcilier la nation ».
Alors que s'ouvrent les procès des exécutants du programme de répression, de torture et de disparition (plus de 30'000 personnes !) de la dictature, les avocats participent à montrer que ces crimes n'avaient rien d'isolés, mais participaient à un plan d'extermination systématique des personnes luttant au sein du mouvement ouvrier : un génocide de classe. De plus, ils s'emploient à démontrer que derrière la junte militaire, c'était une raison d'état qui était à l'œuvre, et que cette dernière entretient des éléments de continuité importants avec le régime péroniste en place à l'époque des procès. En somme, il s'agissait de préserver la mémoire politique de la classe ouvrière argentine, et de la préparer pour les luttes futures.
Mais pour Bregman, l'arène des tribunaux n'est qu'un terrain tactique parmi d'autres. D'ailleurs, aucune des victoires judiciaires qu'elle peut y arracher n'est décorrélée d'un rapport de force que seuls les travailleurs, par la grève et la mobilisation, sont en mesure de créer. En cela, la réussite de la soirée de soutien du 18 juin, et celle du rassemblement au Tribunal de Paris du 25, seront cruciales pour l'issue du procès des militants de RP et par conséquent, de tous ceux qui les suivront au cours des prochains mois, comme Rima Hassan, Nicolas Shahshahani et Omar Alsoumi. Pour organiser la riposte, il faudra être nombreux à la grande soirée de soutien le jeudi 18 juin à 19h à la Salle de la Légion d'Honneur Saint-Denis, et au rassemblement devant le Tribunal de Paris à 11h pour le procès du 25 juin !
Le visage d'une gauche révolutionnaire intransigeante
A la veille de la présidentielle en France, Myriam Bregman a d'autres choses à apprendre à celles et ceux qui veulent s'opposer à la répression du soutien de la Palestine. En effet, l'avocate est le visage d'une gauche révolutionnaire intransigeante. Comme élue, elle s'est faite connaître en faisant du Parlement une tribune révolutionnaire, en étant l'opposition la plus constante et déterminée aux politiques néolibérales brutales de Milei, bien souvent appuyées par l'opposition péroniste. Mais aussi, en sachant quitter l'hémicycle pour dénoncer la passivité des bureaucraties syndicales péronistes, et se tenir aux côtés des manifestants affrontant la répression.
Pendant la campagne présidentielle de 2023, Myriam Bregman a dénoncé sans relâche le génocide perpétré par Israël et rappelé la légitimité du droit des Palestiniens à la résistance, attaquant également le FMI, le patronat et les recettes politiques austéritaires partagées tant par Milei que le candidat péroniste – Bregman soutenant la nécessité d'en finir avec ce système capitaliste. Par rapport à ceux qui auraient préféré soutenir l'opposition péroniste pour faire barrage à Milei, Bregman et le PTS ont au contraire défendu la nécessité d'une totale indépendance de classe. Aujourd'hui, alors que Milei est rejeté par 67 % des argentins, ce sont ces positions indéboulonnables qui ont placé Myriam Bregman en première position des personnalités politiques les plus appréciées de l'Argentine, avec 47 % d'image positive dans les derniers sondages.
Cette popularité qui représente une opportunité et un défi historique pour la gauche révolutionnaire argentine : comme l'a formulé Bregman lors d'un meeting du Premier mai du PTS qui a réuni 6000 personnes à Buenos Aires, l'enjeu pour les organisations révolutionnaires est maintenant d' « être des milliers, pour organiser des millions ». Un objectif de construction d'une alternative révolutionnaire qui se pose aussi urgemment en France.
Alors que l'extrême droite, élection après élection, voit ses chances de remporter la prochaine présidentielle augmenter, et que cette situation renforce toujours plus la pression à un « vote barrage » qui justifie en même temps à gauche toutes les compromissions, y compris en s'alliant avec des partis bourgeois comme le PS lors du NFP, il est vital pour l'avenir des luttes de reconstruire une véritable gauche de combat, communiste et révolutionnaire. C'est le sens derrière la décision de Révolution Permanente de présenter la candidature d'Anasse Kazib aux élections présidentielles de 2027, avec une campagne internationaliste, anti-impérialiste, anticapitaliste, et qui met résolument au cœur la force de la classe ouvrière et de ses méthodes de lutte.