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Violences homophobes : Noahm, 19 ans, est décédé suite à une agression à Metz

Wed, 10 Jun 2026 19:14:08 CEST

Révolution Permanente

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Samedi 30 mai, une violente agression homophobe dans le centre-ville de Metz a conduit à la mort du jeune Noahm, âgé de 19 ans. Ce drame s'inscrit dans la montée de discours LGBTphobes ces dernières années, repris dans la ville par des groupuscules d'extrême droite.

Lundi 2 juin 2026, les médias locaux ont annoncé le décès du jeune Noahm, 19 ans, des suites de violences intervenues dans la nuit du 30 au 31 mai à Metz. Le jeune homme rentrait d'une fête avec quatre amis, lorsque trois personnes s'en sont prises à lui, le frappant à la tête en l'injuriant d'insultes homophobes.

Alors que la presse évoque d'abord une « rixe » causée par l'alcool, c'est bien une agression homophobe dont a été victime Noahm, comme en témoignent ses proches auprès de Médiapart. Une de ses amies raconte la scène : en rentrant vers 5h, le groupe d'amis croise trois personnes écoutant de la musique avec une enceinte, à 50 mètres. Après que l'un des amis a sorti son téléphone pour faire une vidéo, les trois individus s'approchent et prennent Noahm à partie : « Parce que voilà, Noahm se maquille, Noahm est efféminé », explique-t-elle. Après avoir cassé le téléphone du jeune homme, ses agresseurs s'en vont une première fois, et reviennent en l'accusant d'avoir volé une casquette. Ils s'en prennent alors violemment à Noahm, le poussent au sol et le rouent de coups, partent en insultant le jeune homme à terre de « sale pédé »

Devant la violence de l'agression, les secours sont rapidement intervenus. Mais Noahm se trouvait déjà en arrêt cardio-respiratoire, avant d'être rapidement déclaré en état de mort cérébrale. Son décès est confirmé le mardi 2 juin, au petit matin.

Trois hommes ont été interpellés, soupçonnés d'avoir participé à l'agression et placés en garde à vue. Le plus jeune des trois a été relâché. Les deux autres, des hommes de 20 et 27 ans, avec un lien de parenté, ont été déférés, accusés de tentative d'homicide volontaire aggravée.

Une minute de silence – également consacrée à Lyhanna et à un gendarme tué dans un crash d'hélicoptère – a eu lieu mardi 11 juin à l'Assemblée nationale, à la demande de LFI et de SOS Homophobie.

Contre les instrumentalisations sécuritaires

Les réactions ont été nombreuses : sur les réseaux sociaux, les posts de soutien aux proches de Noahm et de dénonciation du caractère homophobe de l'agression se sont multipliés, tandis que SOS Homophobie observe aussi un « déferlement de haine homophobe ». A Metz, un rassemblement a réuni 200 personnes le 2 juin, dont le maire divers droite François Grosdidier.

Dans un post facebook illustré par la photo d'une voiture de police, ce dernier donne sa « réaction suite au meurtre d'un jeune homme ». L'ancien sénateur LR explique que la « vidéoprotection » aurait permis à la police d'intervenir rapidement, puis de retrouver les suspects. Félicitant la police, le maire « rappelle sa détermination à lutter pour la sécurité de tous à Metz et à lutter contre toutes les formes d'intolérance », soulignant que juin est « le mois des fiertés ». Une écœurante instrumentalisation du meurtre homophobe de Noahm, pour défendre ses politiques sécuritaires et afficher un vernis progressiste, alors même que François Grosdidier se déclarait opposé à l'adoption pour les couples de même sexe en 2013.

Si François Grosjean prétend que c'est avec des caméras et des policiers que l'on combat l'homophobie, c'est tout le contraire. Non seulement les politiques sécuritaires sont impuissantes à enrayer les agressions homophobes – un homme est mort, indépendamment du fait que ses agresseurs aient été identifiés et déférés – et ne s'attaquent pas aux racines de l'oppression de genre, mais elles reposent sur une vision réactionnaire de la société qui perpétue ces violences. Il faut être un homme, un vrai, qui ne sort pas du rang, productif, et ne rien avoir à faire avec la figure stigmatisée de l'homosexuel efféminé. Au contraire, lutter contre l'homophobie impose de lutter pour une vision radicalement différente de la société, dans laquelle chacun serait libre de s'exprimer et de s'auto-déterminer, loin de l'atomisation, de la méfiance et de la mise en compétition de tous contre tous que cherchent à instaurer les politiques réactionnaires.

Tandis que les discours sexistes et homophobes prospèrent sur les réseaux sociaux et touchent certains secteurs de la jeunesse, à Metz des groupes d'extrême-droite très actifs localement se mobilisent contre les LGBT. En 2023, ces groupes ont organisé une campagne de harcèlement à l'encontre du chanteur Bilal Hassani qui a conduit à l'annulation d'un de ses concerts dans la ville.

Du Pain Et Des Roses apporte toutes ses condoléances aux proches de Noahm, victime d'un meurtre homophobe à 19 ans. Alors que l'extrême droite gagne du terrain, parfois en prétendant « défendre les femmes », mais de plus en plus souvent en assumant sa ligne « anti-genre », ouvertement homophobe et misogyne, il est nécessaire de dénoncer toute instrumentalisation sécuritaire du meurtre de Noahm et revendiquer des mesures permettant réellement d'améliorer la vie des personnes LGBT et enrayer les violences. Nous revendiquons des moyens pour assurer une éducation de qualité sur les questions de genre et de sexualité, la réquisition des logements vides et l'augmentation des salaires pour lutter contre la précarité qui frappe en particulier les personnes LGBT, des papiers pour tous-tes.

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