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« Il y a urgence à se mobiliser » : à Saint-Denis, RP défend un vœu contre le logement indigne

Wed, 10 Jun 2026 19:16:44 CEST

Révolution Permanente

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Lors du conseil municipal de Saint-Denis – Pierrefitte le 28 mai dernier, Dorian Gonthier et Elsa Marcel, élus municipaux et militants à Révolution Permanente, ont défendu un vœu appelant à s'organiser contre la crise du logement. Dans une ville frappée par le mal-logement et l'insalubrité, il y a urgence à mettre en œuvre un vaste plan de rénovation, conçu à partir des besoins des habitants et financé par les promoteurs immobiliers.

A Saint-Denis, lors du conseil municipal du 28 mai dernier, Dorian Gonthier s'indignait de l'explosion des loyers dans la ville, le tout alors que les dionysiens sont de plus en plus confrontés à de lourdes problématiques d'insalubrité. Il soulignait alors : « Cette situation n'est pas une fatalité : il faut faire payer les grandes entreprises, se mobiliser pour la réquisition de tous les logements vides, un plan massif de rénovation des logements insalubres et une baisse des loyers et des charges ! » Le conseiller a soumis avec Elsa Marcel, également conseillère municipale et militante à Révolution Permanente, une proposition de vœu appelant à s'organiser contre la crise du logement.

Ci-dessous, la proposition de vœu portée par les élus municipaux de Révolution Permanente et rejetée par le conseil municipal.

Face à la crise du logement, il y a urgence à se mobiliser

Nous, réuni.es en Conseil municipal, le 28 mai 2026 exprimons notre préoccupation profonde à l'égard de la crise du logement qui percute notre ville. Insalubrité, suroccupation, attente interminable pour l'attribution de logement sociaux, explosion des loyers et des charges : vivre dignement est un combat acharné pour une grande majorité de la population.

Les femmes du collectif combat hébergement 93, qui se sont battues avec force sous la municipalité précédente pour obtenir des logements pour elles et leurs enfants, sont toujours plongées dans une situation de grande précarité. Les locataires de PCH, de CDC Habitat ou de Logirep voient leurs loyers et leurs charges exploser pour des logements rongés par les moisissures, infestés de nuisibles au point où des enfants développent des maladies respiratoires, où des assistantes maternelles perdent le droit d'exercer leur métier à domicile et où des familles entières vivent dans l'angoisse profonde de finir écrasées par leur propre plafond.

Cette situation est indigne. Mais elle n'est pas une fatalité.

Alors qu'un ménage modeste à Saint-Denis consacre en moyenne près de 45 % de ses revenus au logement, de grandes entreprises implantées à La Plaine bénéficient d'un foncier historiquement peu coûteux et d'infrastructures largement financées par l'argent public.

À titre d'exemple, Orange Business, qui occupe près de 34 000 m² de bureaux à La Plaine Saint-Denis et appartient à un groupe réalisant plus de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, consacre seulement 0,03% de ce dernier à ses loyers.

Dans le même temps, notre territoire connaît une vacance massive de bureaux. Près de 500 000 m² de bureaux sont concentrés à La Plaine et Pleyel, soit l'équivalent d'environ 70 terrains de football, et ce pour répondre à une logique spéculative en faisant augmenter la valeur du foncier impactant directement le loyer des habitants. 30% de ces surfaces demeurent aujourd'hui inoccupées, alors même que des milliers de personnes sont mal-logées ou sans solution stable d'hébergement.

Par ailleurs, entre 3 et 5 milliards d'euros d'argent public ont été investis dans le cadre des Jeux olympiques et des grands projets du Grand Paris. Pourtant, celles et ceux qui construisent la ville, qui nettoient les bureaux, qui font fonctionner les transports, les écoles, les hôpitaux et les chantiers sont celles et ceux qui subissent les loyers les plus lourds et les logements les plus dégradés.

Face à cette situation, il devient urgent de mettre en œuvre un plan massif de rénovation des logements insalubres, de reloger immédiatement les familles les plus précaires et d'imposer une baisse significative des loyers et des charges.

En conséquence, le Conseil municipal émet le vœu :

de lancer un audit public et transparent afin de recenser précisément les logements vacants, les bureaux inoccupés ainsi que le niveau réel d'occupation des grands ensembles tertiaires du territoire ;

de soutenir toutes les mobilisations de locataires confrontés à des bailleurs défaillants, y compris les initiatives visant à suspendre collectivement le paiement des loyers dans les situations d'habitat indigne ;

de construire, avec les habitants, les organisations syndicales, les collectifs et les associations de la ville, un rapport de force permettant d'imposer la réquisition des bureaux vacants et leur transformation en logements accessibles, habitables et pérennes ;

d'exiger la mise en place d'une contribution exceptionnelle des grandes entreprises, des promoteurs immobiliers et des groupes ayant profité de la valorisation immobilière liée au Grand Paris et aux Jeux olympiques afin de financer un vaste plan de rénovation et de construction de logements ;

d'exiger l'ouverture des livres de comptes des promoteurs immobiliers et sociétés de rénovation, intervenant sur le territoire afin de rendre publics les coûts réels des opérations, les marges réalisées et les profits tirés de la spéculation foncière ;

de garantir un contrôle permanent des habitants, des locataires, des associations et des travailleurs sur les politiques de rénovation urbaine et les transformations du territoire.

Nous refusons que Saint-Denis devienne une ville où les profits immobiliers explosent pendant qu'une partie de la population continue de vivre dans l'insalubrité, l'angoisse et la précarité. Pour cela, nous nous tenons prêts aux côtés de l'ensemble des habitants, des locataires, des organisations syndicales et des collectifs à construire une mobilisation capable de s'affronter aux intérêts de ceux qui s'enrichissent sur le dos des travailleurs et de la jeunesse de notre ville.

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