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Campus Saint-Antoine : victoire des agents de sécurité incendie après trois jours de grève

Tue, 09 Jun 2026 18:39:40 CEST

Révolution Permanente

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Une grève de 3 jours, sur le campus de Saint-Antoine, du service sécurité incendie a permis aux agents de remporter une bataille face à leur direction : primes revalorisées, embauche d'un agent et reconnaissance d'un management toxique.

Le service de sécurité incendie (SSI) du campus Saint Antoine de Sorbonne Université a commencé ce mois de Juin par la grève, et même par la victoire ! Quatre équipes, de trois personnes, sur 7 se sont mises en grève lundi 1er, mardi 2 et mercredi 3 établissant un piquet devant l'entrée du bâtiment. Preuve de leur détermination, certains agents n'ont pas hésité à se lever au milieu de la nuit et à parcourir des centaines de kilomètres pour être présents même s'ils ne travaillaient pas pendant ces journées. Si on additionne à leur présence celle des soutiens, dont notamment des collègues et plusieurs syndicalistes solidaires de FO et de la CGT, une vingtaine de personnes y étaient présentes pour manifester leur colère et réfléchir à comment faire aboutir leurs revendications. En contraste, signe de leurs morgues, certains membres de la direction sont venus narguer ceux qui seraient venus les tirer des flammes, sans se douter qu'ils devraient céder quelques jours plus tard.

Car le mouvement s'est amplifié le deuxième jour donnant lieu à des déambulations dans le bâtiment. « Nous voulons le respect », « nous voulons l'égalité » ont résonné dans le hall, pendant qu'une pancarte affichait « ici on avance au copinage, on résiste par solidarité ». Les employés du SSI revendiquent en effet notamment la fin d'un management jugé toxique, des conditions de travail plus sûres, tant pour eux que pour les usagers du site, à travers la rédaction et la mise en application de consignes de sécurités adaptées aux risques du lieu, un rehaussement de leur prime de panier (15€ à la place des 5,40€ pour pouvoir manger… pendant les 24h que dure une vacation). Afin de faire connaître ces éléments à leurs collègues et aux usagers, ils ont rédigé des tracts qu'ils ont distribué à toute personne devant traverser pour aller travailler, certains collègues profitant de l'occasion pour les saluer chaleureusement.

L'an dernier déjà, le SSI avait fait grève pour des revendications similaires. Au bout d'une demi-journée, la direction leur avait promis oralement de répondre à ces demandes, des engagements qui n'ont jamais été tenus. Mardi 2 juin, placée devant l'obligation de fermer le bâtiment - dont des « morceaux de béton parfois tombent du plafond » - pour 24h, en raison notamment de la présence de chefs d'équipes parmi les grévistes, la direction a choisi de passer en force. Au détriment de la sécurité des usagers du site, et au mépris des grévistes, elle a décidé le premier jour de déléguer les fonctions de chef d'équipe à un chef de service - ce qui n'est en théorie pas possible - et le deuxième jour de faire appel à un prestataire de Force 12 n'ayant pas les ni habilitations requises pour remplacer le SSI, ni la connaissance du site nécessaire à une réponse appropriée en cas d'accident.

Au troisième jour de grève, néanmoins, faute d'effectif incendie complet, la direction a été contrainte de s'incliner et de fermer le bâtiment pendant plusieurs heures et de répondre favorablement, par écrit cette fois, à plusieurs revendications des grévistes du SSI, telles que le recrutement d'un nouvel agent (au lieu de faire appel à Force 12), le maintien approprié des équipements de protection individuel, la mise en place d'une prime pour les agents assurant les fonctions de chefs d'équipes en remplacement, une promesse de transparence dans l'évaluation des dossiers d'avancements des agents, un rappel à l'ordre des cadres toxiques... En outre, preuve du niveau de rapport de force construit, les agents ont obtenu de se faire payer leurs journées de grèves. Si nous voyons ici la démonstration des possibilités qu'ouvrent cette grève reconductible, il faut rester viligeant.es vis-à-vis des nombreuses revendications pour lesquelles la direction a simplement répondu qu'elles allaient être « étudiées », notamment au conseil d'administration de septembre prochain.

Si la grève doit repartir à ce moment-là, en plus de la vigueur des protestations et la combativité des agents, plusieurs éléments pourront être mis en œuvre afin d'aider les agents à obtenir satisfaction. Premièrement, afin de tenir dans la durée, une caisse de grève pourrait être ouverte. En plus de l'avantage financier qu'elle procurerait, elle permettrait d'engager matériellement les collègues et les usagers solidaires, afin de faire croître le soutien à l'action des agents. Par ailleurs, les déambulations doivent se fixer pour but d'étendre le mouvement aux autres secteurs travaillant sur le site de Saint-Antoine, sur le modèle de la mobilisation de leurs collègues du Muséum d'Histoire Naturelle, qui subissent de même le management de Sorbonne Université.

Cette action pourrait se fixer en priorité de faire débrayer à leur tour les travailleurs de Force 12 afin de priver la direction de leur principal moyen de casser la grève. C'est en effet dans la discussion au sein de notre classe, et la chaleur des piquets et des débats que nous pourrons constituer une opposition solide aux politiques de la direction. Une opposition qui passe par une lutte en commun quels que soient les statuts différents avec lesquels les directions nous divisent, fonctionnaires, contractuels ou intérimaires.

Travailler et vivre dans de meilleures conditions, ne pas accepter le mépris de la direction : voilà une situation qui résonne en effet à travers toute notre classe. Cette belle victoire du SSI devrait servir d'exemple aux autres secteurs en lutte à Sorbonne Université : elle fait la démonstration qu'une grève reconductible qui se fixe pour ambition de faire céder la direction peut tout à fait être victorieuse. Sorbonne Université, dont le campus de Saint Antoine fait partie, n'en est pas à la première démonstration de son alignement avec les politiques austéritaires et pro-patronales du gouvernement. Les luttes des étudiant.es, pour la Palestine, contre la précarité, et celles du personnel de l'université ne sont pas à opposer l'une à l'autre : c'est au contraire en étendant les liens et la solidarité entre les travailleur.euses des différents secteurs et les étudiant.es que nous parviendrons à rendre nos combats victorieux.

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