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RTE : une salariée menacée de licenciement pour avoir porté son voile au travail

Mon, 08 Jun 2026 21:40:46 CEST

Révolution Permanente

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Depuis plusieurs mois, la direction de RTE part à la chasse aux musulmanes. Kawtar, chargée d'étude dans l'entreprise, y travaille depuis 2023. Elle est aujourd'hui convoquée pour un entretien préalable, ce mercredi 10 juin. Un rassemblement est organisé devant le siège de l'entreprise.

Après GRDF et Enedis, c'est au tour de RTE, gestionnaire des lignes à haute tension, de partir à la chasse aux musulmanes. Kawtar, chargée d'étude dans l'entreprise, y travaille depuis 2023. Lors de son embauche, porter un foulard ne posait pas de problème mais cela a brusquement changé le 4 mai, lorsque la salariée reçoit un blâme. La raison ? Porter un foulard.

Depuis plusieurs mois, chez RTE, sans qu'aucun changement officiel du règlement intérieur n'ait lieu, la direction resserre la pression et met de plus en plus en avant un discours sur la neutralité. Francis Casanova, délégué syndical central CGT de RTE témoigne de ce changement : « Cela fait plus d'un an qu'ils instrumentalisent cette neutralité des services publics, en ciblant d'abord les “opinions personnelles” au travail. Ni opinion politique, religieuse ou philosophique ». Les choses se sont cependant accélérées après la nomination d'Emilie Piette, nouvelle PDG de l'entreprise choisie par Emmanuel Macron.

Protégée du Président, elle est passée de ministère en ministère en tant que directrice de cabinet (Affaires étrangères, Economie et Finances, Impôts, Transition écologique, ministère de la mer), autant de bons et loyaux services au macronisme qui lui valent une nomination pour 4 ans à la tête de RTE. La macroniste fraîchement nommée a donc décidé de commencer sa mandature par une persécution islamophobe de ses salariées.

Si le foulard de la salariée n'avait jusqu'ici posé problème à personne, la direction a commencé par sanctionner la salariée via un blâme. « Ils l'ont menacée dès cet entretien, expliquant que si elle réitérait, les sanctions seraient plus lourdes » explique Francis Casanova. Après son refus de se plier aux desiderata des ressources humaines, la direction l'a convoquée à un entretien préalable à sanction pouvant aller jusqu'au licenciement, ce mercredi 10 juin à la Défense, où la CGT RTE appelle à un rassemblement de solidarité et à la grève.

Cette tentative de licenciement s'inscrit dans la continuité d'une vague de répression islamophobe de la part du patronat des grandes entreprises qui se mélange parfois opportunément avec répression syndicale. Nadia Kabassine, élue CGT chez GRDF en est un bon exemple : au détour d'un changement d'affectation de son site, la direction l'informe que son voile, qu'elle porte dans l'entreprise depuis 2016, contrevient désormais au règlement intérieur, la sommant de l'enlever.

Même répression sur le site de Lille, où une autre syndiquée CGT, Manon Velu, est sommée d'enlever un turban, qui cette fois n'a pas de valeur religieuse pour l'intéressée. « C'est le climat actuel, comme dans ces entreprises américaines qui prônaient l'inclusion comme le faisait RTE, qui se sont mises finalement “en conformité” avec les idées de Trump » dénonce Francis Casanova. En effet, depuis quelques mois, les entreprises durcissent leurs règlements intérieurs, en ne ciblant plus seulement les salariées en contact avec le public mais toutes les salariées comme c'est aussi le cas à la SNCF, dans la chaîne de fast-food Quick ou encore dans l'entreprise de conseil Magellan partners.

Cette offensive généralisée a plusieurs buts pour le délégué syndical central : « C'est un moyen de détourner la colère sociale et diviser les salariés mais pas seulement. L'interdiction d'afficher des opinions politiques, religieuses ou philosophiques, c'est une volonté d'asseoir l'autorité de l'employeur en interdisant toute critique : être neutre, c'est reconnaître le pouvoir en place et ne pas pouvoir le contester. On est au boulot, on n'a le droit de parler de rien si ce n'est le travail : c'est une façon de nier les individus. C'est une emprise globale pour rechercher des gains de productivité ». Face à cela, les salariés des IEG (Industries Electriques et Gazières), qui ont régulièrement fait grève pour leurs salaires et qui ont été à la pointe du mouvement contre la réforme des retraites, appellent à un rassemblement le mercredi 10 juin à 14h à la Défense devant le siège de l'entreprise (15 parvis de la Défense devant l'immeuble Widow).

Pour soutenir Kawtar, une pétition a par ailleurs été lancée par la CGT, qui rassemble déjà près d'un millier de signature.

Crédits photo : Spedona CC BY-SA 3.0

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