Répression patronale : au Havre, la direction de Décathlon envoie la police face aux grévistes
Mon, 08 Jun 2026 23:38:59 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe samedi, une grève était appelée au niveau national chez Décathlon pour les salaires. Les travailleurs de Montivilliers, près du Havre, se sont mobilisés, et n'ont eu pour réponse que l'envoi de la police.

Suite à un mail de la direction expliquant qu'il n'y aurait pas de répercussion de la hausse du SMIC sur les salaires malgré les profits records du groupe, les quatre syndicats de l'enseigne ont appelé à une journée de grève dans tous les magasins. Les premiers chiffres montrent une grève bien suivie. La direction a cherché à intimider les grévistes, comme au Décathlon de la Porte de Montreuil à Paris.
Près du Havre, à Montivilliers, c'est une quarantaine de travailleurs qui se sont mis en grève, comme nous l'explique un des participants : « Alors même qu'il n'y a pas vraiment de syndicat sur notre site, on était un bon nombre, plus de la moitié des CDI. On a fait un piquet devant le magasin et la direction nous a directement envoyé les flics ». Un des grévistes aurait été interpellé.
Comme nous l'explique ce salarié : « Nos salaires sont tellement bas qu'on en est à se comparer entre travailleurs en CDI et ceux en CDD ou intérim, certains en arriveraient presque à être jaloux des primes de précarités des intérimaires, ça peut même créer de la division entre CDI et précaires. C'est doublement injuste pour les intérimaires, parce que le patron se permet déjà tout avec eux. J'ai le cas d'un collègue qui est discriminé parce qu'il est d'origine africaine et ne parle pas bien français par exemple ». Tout en faisant du profit sur l'exploitation des travailleurs précaires, les patrons organisent aussi la division des travailleurs qui freine l'unité nécessaire pour la construction d'un rapport de forces.
Le salarié fait d'ailleurs vite le rapprochement avec les autres cas de répression qui ont eu lieu sur la ville du Havre. « J'ai vu comment les lycéens de Claude Monet se sont fait gazer quand ils ont essayé de se mobiliser. J'ai tout de suite repensé à cet épisode quand les flics sont arrivés sur notre piquet de grève ».
Face à la hausse des prix, les travailleurs de Décathlon ou ceux d'Airbus nous montrent l'exemple. C'est par la grève qu'on doit répondre, pour arrêter de travailler toujours plus pour gagner moins. En plus de la répercussion de la hausse du SMIC, il faut revendiquer l'indexation des salaires sur l'inflation, ainsi que des embauches massives pour mettre fin au sous-effectif. Contre les divisions entre CDI et précaires, il est aussi essentiel de porter des revendications pour l'ensemble des salariés, et de réclamer des titularisations !
Crédits photos : Vinkie CC BY-SA 4.0