Censure du soutien à Gaza : la présidence de Bordeaux Montaigne efface une fresque pour la Palestine
Fri, 05 Jun 2026 19:40:59 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que l'année universitaire est terminée depuis un mois, la présidence de l'UBM a fait effacer en catimini la fresque de solidarité avec la Palestine réalisée par les étudiants mobilisés pour l'accueil des étudiants palestiniens. Une nouvelle tentative d'invisibiliser le soutien au peuple palestinien, alors qu'Israël poursuit son génocide.

Alors que l'année universitaire s'est achevée depuis plus d'un mois et que le campus est quasiment désert, la présidence de l'Université Bordeaux Montaigne a fait effacer cette semaine la fresque de solidarité avec la Palestine du campus. Avec l'effacement pendant la période estivale, la direction espère visiblement passer sous les radars et éviter l'indignation que sa précédente tentative de censure avait suscitée.
En effet, en octobre dernier, des dizaines d'étudiants du département Arts, aux côtés du Poing Levé, avaient peint une première fresque sur le campus pour dénoncer le génocide en Palestine et exiger l'accueil des étudiants palestiniens. La présidence avait immédiatement fait effacer cette première fresque tandis qu'un agent de sécurité avait insulté les étudiants mobilisés.
Face à l'indignation générale et à la lettre ouverte pour l'accueil des Palestiniens qui avait recueilli plus de 2200 signatures, la présidence avait dû reculer et autoriser une nouvelle fresque en même temps que l'admission de deux premiers étudiants palestiniens. C'est cette victoire arrachée par la mobilisation qu'elle tente maintenant d'effacer. En effet, cette fresque était restée au mur pendant plus de sept mois, marquant une appropriation politique de l'espace universitaire par les étudiants.
Surtout, la direction la fait effacer alors qu'Israël poursuit le génocide en Palestine, à peine une semaine après que l'armée israélienne a bombardé un camp de réfugiés au nord de Khan Younès, tuant trois personnes et brûlant des dizaines de tentes, pendant que Netanyahu a ordonné à l'armée d'occuper 70% de la bande de Gaza. La présidence de l'UBM insulte l'ensemble des étudiants et personnels qui se sont mobilisés en soutien au peuple palestinien et participe à invisibiliser le génocide.
On mesure ici toute l'hypocrisie de la présidence. Alors que l'université avait été visée par des des tags pro-génocide et réactionnaires de l'extrême droite, la présidence n'a rien fait pour les faire effacer. Ce sont plusieurs dizaines d'étudiants, réunis derrière le Comité d'Action Contre l'Extrême Droite (CACED), avaient pris l'initiative de les enlever eux-mêmes. Cette action avait provoqué une polémique nationale qui avait contraint la présidence à prendre position.
Après avoir passé plusieurs semaines à bloquer elle-même l'établissement pour tenter d'étouffer le mouvement contre l'austérité qui gagnait Bordeaux Montaigne, elle s'attaque désormais à un symbole des luttes pour la Palestine sur l'université. Il s'agit d'un choix politique. Dans moins d'un mois, l'UBM doit signer avec le rectorat son nouveau COMP - Contrat d'objectifs, de moyens et de performance - qui conditionne le financement public de l'université à l'avancement des offensives austéritaires et sélectives.
En effaçant toute trace de mobilisation sur les murs du campus, la présidence cherche avant tout à montrer patte blanche au rectorat et à présenter l'image d'une université docile et pacifiée, qui réprime toute contestation. Alors que le gouvernement cherche à imposer par la force Bienvenue en France, multipliant par 16 les frais d'inscriptions, la présidence de l'université Bordeaux Montaigne cherche plus que jamais à montrer sa bonne volonté auprès du gouvernement.
Néanmoins la présidence de Bordeaux Montaigne n'effacera pas de cette manière l'effervescence politique qui traverse Bordeaux Montaigne, de la solidarité avec le peuple palestinien à la lutte contre l'extrême droite portée par le CACED. Il est plus que jamais nécessaire de préparer une rentrée explosive à l'UBM, qui fasse la jonction entre la résistance aux attaques austéritaires et racistes du gouvernement et le combat contre le génocide et la répression des soutiens à la Palestine.