Victoire : la justice abandonne les poursuites contre les militants indépendantistes Kanak de la CCAT
Fri, 05 Jun 2026 21:29:02 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLes juges d'instruction du tribunal de Paris ont annoncé abandonner les charges à l'encontre de quatorze militants indépendantistes de la CCAT. Une victoire du mouvement indépendantiste face à l'impérialisme français et à une répression judiciaire hors-norme.

Ce vendredi 5 juin, les juges d'instruction en charge de l'enquête visant quatorze militants de la CCAT, dont Christian Tein, président du FLNKS, ont déclaré un non-lieu général pour les chefs d'accusation prononcés par l'État colonial français lors des révoltes du mois de mai 2024, contre le dégel du corps électoral.
Poursuivis par le parquet de Nouméa pour « complicité de tentative de meurtre d'une personne dépositaire de l'autorité publique », « vol en bande organisée avec arme », « destruction en bande organisée », et « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime », ils étaient accusés d'avoir « déstabilisé les unités économiques, les administrations et les services de l'État » : un motif visant à criminaliser la lutte pour l'autodétermination de la Kanaky et qui avait justifié la répression sanglante de la jeunesse Kanak mobilisée.
Parmi les militants poursuivis, sept responsables de la CCAT ont été arrêtés, déportés puis emprisonnés dans des prisons aux quatre coins de la France en juin 2024 : un dispositif judiciaire hors-norme qui s'inscrit dans la continuité de la répression coloniale française, qui a toujours procédé à la déportation des leaders politiques pour mater les luttes de libération nationale.
Brenda Wanabo-Ipeze, l'une des prisonnières politiques, avait témoigné des conditions dans lesquelles ils ont été arrachés de force à leur pays pour être transférés à des milliers de kilomètres de chez eux : « J'ai subi des conditions d'arrestation et d'incarcération dégradantes : j'ai été constamment menottée lors de ma garde à vue jusqu'à mon arrivée en prison. Quand je devais manger, dormir et même aller aux toilettes, je suis restée menottée. En prison, avec cette promiscuité et les fouilles au corps, c'est ma dignité qui a été atteinte ».
En juin 2025, après près d'un an d'emprisonnement, Christian Tein et trois autres militants ont été les derniers prisonniers politiques incarcérés dans l'Hexagone à être libérés, malgré les tentatives du parquet d'interférer dans la décision de la cour d'appel de Paris.
Si le parquet peut encore faire appel de la décision des juges d'instruction, ce non-lieu est une victoire pour le camp indépendantiste Kanak face à l'impérialisme français. Elle doit servir de point d'appui pour exiger la libération et l'amnistie de l'ensemble des prisonniers arrêtés pendant les révoltes : au total, plus de 2500 personnes ont été arrêtées et 243 d'entre elles incarcérées. On dénombre au moins une soixantaine de Kanak déportés de force en France dont Frédéric Grochain, décédé en février dernier au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand : une mort qui illustre la violence de la répression coloniale française qui a tué 11 Kanak lors des révoltes.