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Résultats de Parcoursup et MonMaster : une nouvelle année de tri social pour la jeunesse

Thu, 04 Jun 2026 18:35:46 CEST

Révolution Permanente

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Les premiers résultats de Parcoursup et Mon Master sont tombés. Un tiers des candidats sur Parcoursup n'ont reçu aucune réponse favorable, et il y a 13% de places en moins en master. Des chiffres qui expriment la brutalité d'un système qui exclut toujours plus les classes populaires et les étudiants étrangers de l'enseignement supérieur.

Hier soir pour Parcoursup, aujourd'hui pour Mon Master, le couperet est tombé pour plus de 1,3 million de jeunes. Derrière les propos hypocrites du ministre de l'Enseignement supérieur, cette journée marque surtout le début de longues semaines d'angoisse pour des centaines de milliers d'étudiants jusqu'au 11 juillet : scruter quotidiennement son rang sur des listes d'attente de plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de personnes, comparer ses résultats avec ceux des autres sur les réseaux sociaux, revoir à la baisse ses aspirations, chercher dans l'urgence la formation la moins éloignée de chez soi ou celle qui semble offrir les meilleurs débouchés…

Cette année, Parcoursup a enregistré un nouveau record avec 1 046 000 candidats, tandis que Mon Master a franchi le seuil des 270 000 candidats, soit une hausse de 8 % en un an. Dans le même temps, les places proposées en master ont chuté de plus de 13 %, notamment dans les filières les plus demandées.

Depuis la mise en place de Parcoursup puis de Mon Master, les gouvernements successifs ont organisé le tri des étudiants sous couvert de rationalisation de l'orientation, et remettent chaque année l'explosion de la concurrence sur le dos de l'augmentation du nombre d'étudiants, plutôt que sur leur réduction toujours plus accrue des places à l'université. Dans certaines filières comme le droit ou la psychologie, les candidatures se comptent désormais par dizaines de milliers et les listes d'attente atteignent des niveaux phénoménaux. Un jeune témoigne notamment sur les réseaux sociaux d'être positionné à la 16 800ème place...

Le rapport publié cette année dressait pourtant un constat accablant : depuis 2018, Parcoursup « a reproduit voire aggravé les inégalités sociales préexistantes », sans permettre ni la démocratisation de l'enseignement supérieur ni la réduction de l'échec en licence. Un bilan qui confirme ce que vivent les étudiants depuis des années : ces plateformes sont avant tout des outils de sélection sociale.

La [réaction du ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, de son côté, sonne comme une provocation pour les centaines de milliers de jeunes qui voient leurs projets suspendus à un algorithme et à des listes d'attente interminables. Cette violence n'est d'ailleurs que la partie visible d'une offensive plus large contre l'université publique dont Philippe Baptiste est à la tête. Alors que les étudiants étrangers et français subissent une sélection généralisée, le ministère prépare avec le passage par décret de Bienvenue en France l'extension de la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers extra-européens à l'ensemble des universités.

Après avoir trié les étudiants étrangers à l'entrée des formations via Parcoursup et Mon Master, il veut désormais leur imposer partout des frais d'inscription pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros. Pour beaucoup, obtenir une place ne garantira donc même pas de pouvoir étudier. Cette politique poursuit un objectif clair : fermer toujours davantage les portes de l'université aux classes populaires, aux enfants d'ouvriers, et aux étudiants étrangers. Chaque place se fait de plus en plus rare, voire de plus en plus chère, et la vie d'étudiant elle devient de plus en plus concurrentielle et pesante, dans une université qui se transforme en marché au service du patronat. Face à cette logique de concurrence et de sélection, il faut défendre l'ouverture de toutes les formations à celles et ceux qui souhaitent y étudier, la création des places nécessaires pour accueillir tous les étudiants, la gratuité réelle de l'enseignement supérieur et l'abrogation de Parcoursup, de Mon Master et de toutes les mesures de tri social.

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