« Sommet remigration » au Portugal : un rassemblement des pires racistes pour défendre le modèle trumpiste
Wed, 03 Jun 2026 19:30:34 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAfD, Vox, Reconquête, Nemesis... Rassemblés autour d'un programme raciste en défense de la déportation de masse, des militants d'extrême droite venus d'Europe et des États-Unis se sont retrouvés samedi dernier au Portugal.

Ce samedi 30 mai au Portugal s'est tenue la deuxième édition du « Remigration Summit », rassemblant quelques dizaines de militants, politiciens et influenceurs d'extrême-droite internationaux autour du programme raciste de déportation massive des personnes migrantes et issues de l'immigration.
C'est la deuxième fois qu'un tel évènement était organisé par la plateforme de coordination de l'extrême droite européenne Action Radar Europe, après une première édition en 2025 à Milan sur le même thème. Cette année, l'évènement s'est déroulé sur le littoral portugais, à l'appel du micro-mouvement d'extrême droite local de Alfonso Goncalves, Reconquista. Initialement prévu pour se dérouler à Porto, il semble que la pression politique ait forcé les organisateurs à relocaliser leur évènement dans la ville de Figueira da Foz.
Comme l'année précédente, le thème central était celui de l'obsession raciste de la droite européenne concernant l'effacement de « l'Europe blanche et chrétienne » face au « grand remplacement ». Ce sommet affichait aussi l'objectif politique de renforcer la coordination programmatique et idéologique des organisations les plus réactionnaires occidentales, et de « faire émerger un cadre européen commun autour de la remigration ».
Du côté des organisations institutionnelles la liste des participants s'est étendue de certains des partis d'extrême droite les plus ambitieux comme l'AfD d'Allemagne, Vox de l'État Espagnol et Chega du Portugal, jusqu'à d'autres formations plus minoritaires comme le micro-parti Reconquête d'Eric Zemmour, le National Party irlandais, le Forum voor Democratie néerlandais ou encore le Homeland Party britannique proche du militant d'extrême droite Tommy Robinson.
Au cœur de cette édition et de la précédente se trouve la figure de Martin Sellner, militant autrichien néonazi proche du terroriste Brenton Tarrant qui avait assassiné 51 personnes dans un attentat islamophobe en Nouvelle Zélande. Sellner avait fait la une de la presse en 2024 lors d'un scandale quand les médias allemands avaient révélé la tenue d'une réunion avec l'AfD pour planifier la déportation de millions de personnes. Une affaire qui lui a valu une interdiction de territoire en Allemagne, mais qui ne l'empêche pas de conserver son influence dans l'extrême droite européenne.
Si en 2025 c'était la candidate trumpiste Jacky Eubanks qui était présente à l'édition milanaise depuis les États-Unis, les organisateurs de cette année ont cette fois invité nul autre que Gregory Bovino, figure centrale de l'offensive anti-migrants menée par ICE et Trump cet hiver. Pour rappel, Bovino avait été désigné par Trump pour diriger les opérations d'ICE à Chicago et Minneapolis. Il était d'ailleurs à Minneapolis lorsque l'activiste Nicole Good avait été assassinée par ICE début janvier. Son renvoi par l'administration Trump de son rôle de coordinateur des opérations avait en janvier été le symbole du recul de Trump face aux mobilisations des travailleurs et des jeunes de la ville.
À travers la présence de Bovino, les organisateurs de la conférence européenne cherchaient à revendiquer les méthodes de Trump dans la déportation massive de sans-papiers. Une influenceuse-militante identitaire assumait déjà la volonté de s'inspirer de Trump lors de la conférence de 2025 : « Les Américains ne souffrent pas de ce complexe [concernant les déportations racistes de masse] ! Regardez Trump, il a ouvertement fait campagne et organisé des déportations de masse ».
Du côté des participants français, plusieurs groupes et personnalités d'extrême droite étaient présentes en plus du parti d'Éric Zemmour. Le collectif fémonationaliste Nemesis, connu pour ses actions coup de poing racistes, était présent via sa porte-parole Yona Faedda, qui quelques jours avant venait d'être condamnée pour des faits de diffamation à l'encontre d'une élue écologiste. La Cocarde, organisation étudiante d'extrême droite, était-elle aussi présente par l'intermédiaire de Louise Garnier, par ailleurs aussi militante dans le collectif d'extrême droite Les Natifs (ex-Génération Identitaire).
Parmi les Français présents se trouvait la figure plus discrète mais non moins centrale dans l'extrême droite française de Jean-Yves Le Gallou, conseiller de Zemmour en 2022 et ancien du FN, fondateur du think-tank d'extrême droite Iliade, défenseur de longue date du concept raciste de préférence nationale et du concept complotiste de « grand remplacement ».
Ce même Jean Yves Le Gallou était intervenu sur CNews quelques semaines avant la conférence pour défendre le concept de remigration devant les éditorialistes de Bolloré, et a annoncé depuis le Portugal vouloir organiser un évènement similaire à Paris en octobre prochain.
Face à l'extrême droite suprémaciste européenne, qu'elle soit institutionnelle ou extra-parlementaire, il est urgent de préparer la riposte pour mettre un coup d'arrêt à tous les projets réactionnaires de déportation de masse et d'offensives contre les travailleurs non-blancs. Alors que les gouvernements européens accumulent les politiques migratoires racistes et les attaques anti-ouvrières depuis des décennies, pavant la voie à l'extrême droite la plus réactionnaire, seule une alternative ouvrière et populaire par en bas pourra mettre un terme à cette dynamique.