Violences policières : un adolescent de 13 ans éborgné par un tir de LBD à Bobigny
Wed, 03 Jun 2026 14:08:41 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLors des célébrations de la victoire du PSG, un collégien de 13 ans a été grièvement blessé à l'œil à Bobigny par un tir de LBD. Nouvelle illustration de la violence du dispositif policier mis en place pour le match.

Ce weekend, l'État a déployé un arsenal répressif massif contre les célébrations suite à la victoire du PSG, menant à des poursuites et des violences policières graves. Notamment, un collégien de 13 ans, qui fêtait la victoire de son club de foot, a été visé par un tir de LBD et risque de perdre l'usage de son œil, éborgné par la police.
Dans une vidéo relayée par les élus de la France insoumise Aly Diouara et Thomas Portes, on voit l'adolescent KO, transpirant, assis sur la banquette arrière d'une voiture en route vers l'hôpital. La moitié de son visage est couverte de sang qui s'imbibe dans le chiffon qu'il maintient sur son œil droit et qui coule sur son bras.
Dans leurs tweets, les députés précisent le contexte. Le garçon a été blessé à Bobigny dans la nuit de samedi à dimanche alors qu'il célébrait pacifiquement la victoire du PSG en ligue des champions. Un policier a alors décidé de tirer au LBD depuis son véhicule sur le groupe de jeunes pour les disperser.
Sur le plateau de BFM TV, Elsa Marcel, avocate et militante à Révolution Permanente, régissait à la répression brutale de la jeunesse ce samedi soir : « Ça fait 10 ans que l'État organise la répression de la joie populaire. On voit la manière dont la police attaque les fêtes de la musique, il y a eu la mort de Steve Maia Caniço en 2019, la répression des rave party à Redon en 2022, avec des mains arrachées, à Carhaix en 2025 avec des tirs à balle réelle. Il y a quelques jours on a vu la même répression sur les jeunes qui se baignaient dans le Canal Saint-Martin pour supporter la canicule ».
J'étais sur le plateau de BFM pour dénoncer la répression de ce week-end où la police a éborgné un enfant de 13 ans. C'est la continuité de la répression de Redon avec des mains arrachés, de la mort de Steve, des jeunes réprimés pour une baignade au canal Saint-Martin. pic.twitter.com/D5gyY5EAMi
— Elsa Marcel (@Elsa_Marcel) June 1, 2026
Avec plus de 22 000 policiers et gendarmes mobilisés en France dont plusieurs milliers dans la seule région parisienne, l'État a déployé un véritable quadrillage policier, en nette hausse par rapport à la finale de l'année précédente. La soirée a aussi été marquée par l'usage abondant de gaz lacrymogène, de grenades de désencerclements, ou de charges policières, y compris dès le début des rassemblements. Une démonstration de force qui dépasse largement la simple gestion d'une célébration sportive et qui témoigne d'une volonté politique de contrôler, voire d'écraser, toute expression collective des quartiers populaires dans l'espace public. Dans ce contexte, le tir qui a touché l'adolescent n'a rien d'un accident isolé.
Face à ce drame, Aly Diouara a annoncé avoir signalé les faits au procureur et que lundi a été saisi l'IGPN. Malheureusement, tous les exemples récents rappellent que la « police des polices » blanchit l'immense majorité des affaires similaires, et que pour les policiers coupables de violences c'est généralement l'impunité qui règne.
Ce cas s'ajoute à une répression judiciaire sans commune mesure, avec plus de 780 interpellations pour 457 gardés-à-vue, comme Pau où un jeune a été condamné à porter un bracelet électronique pour jet de saucisson…. L'illustration que l'État, avec tous ses outils, ne se lasse pas de réprimer les quartiers populaires, allant jusqu'à attaquer les manifestations de joie collective.
Nous apportons tout notre soutien à la victime et à ses proches dans cette épreuve. Ce drame rappelle une nouvelle fois la nécessité de lutter contre les violences policières, en défendant clairement le désarmement total de la police et la dissolution des corps spéciaux de répression comme la BAC