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Europe forteresse : les eurodéputés valident la construction de camps pour enfermer les migrants à l'étranger

Tue, 02 Jun 2026 22:15:26 CEST

Révolution Permanente

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Deux ans après l'adoption du brutal pacte asile et migration qui entre en vigueur cette année, cette loi portée par la droite et l'extrême droite marque une nouvelle étape franchie dans les attaques xénophobes à l'échelle continentale.

Lundi, les eurodéputés et les Etats européens ont trouvé un accord pour accélérer les expulsions et permettre la construction de camps en dehors de l'Europe, pour y renvoyer des personnes exilées. Une initiative brutale dans la continuité des camps italiens construits en Albanie. Les gouvernements du Danemark, l'Autriche, l'Allemagne, la Grèce, et les Pays Bas lancent désormais des projets semblables, sollicitant et promettant des contreparties financières aux gouvernements de pays semi-coloniaux, comme le Rwanda, l'Ouganda, et l'Ouzbékistan. L'Europe de barbelés se précise, et elle ressemblera à des camps en béton, construit dans des « pays tiers », où seront enfermés des centaines voire des milliers de personnes gardées par des policiers nationaux sous ordre des gouvernements européens. Une gestion totalement coloniale et barbare, qui n'a rien a envier aux pratiques de l'ICE aux États-Unis et qui s'inscrit dans la continuité des politiques des gouvernements européens, qui paient déjà des gouvernements comme ceux de la Tunisie pour être leurs gardes-frontières.

De nombreuses organisations de défense des droits, comme Amnesty International ont dénoncé le projet.

L'eurodéputé François-Xavier Bellamy, vice-président du parti de centre-droit Parti populaire européen (PPE), jubile, parlant d'une « révolution (de) la politique européenne », rendue possible par une collaboration entre forces du centre, de la droite et de l'extrême droite. Cette législation accélère les politiques racistes et sécuritaires mises en place ces dernières années par l'ensemble des partis politiques qui se sont accordés par exemple sur le pacte migratoire adopté il y a deux ans. Ce pacte permet, entre autre, l'enfermement et la prise d'empreinte des enfants.

Giorgia Meloni avait pris l'initiative de lancer la construction de centres en Albanie, envisagés comme des lieux de tri de migrants avant même leur arrivée sur le sol italien, avec des préfabriqués de 12 m², entourés d'un grillage de 7 mètres de haut. Des centres financés par l'Italie, et administrés sous juridiction italienne, mais gardés par la police albanaise. Finalement, ceux-ci ont été bloqués par la justice, mais la nouvelle loi européenne pourrait donner une nouvelle vie à ces projets.

En plus d'acter la détention des immigrés à l'étranger, ce texte est bourré de mécanismes pour accélérer la chasse et détention des immigrés : les États membres doivent émettre des obligations de quitter le territoire pour toute personne en situation irrégulière, avec un délai de départ volontaire allant de 0 à trente jours. Autrement dit, un État pourrait donner quelques heures à un individu pour quitter le territoire avant de l'expulser de force. La liste de raisons de détention est vaste : risque de fuite, obstruction délibérée, évitement du retour, risque pour la sécurité, nécessité pour vérification d'identité… tout prétexte est bon pour enfermer, et cette détention peut s'allonger à vingt-quatre mois maximum pour les mineurs non-accompagnés et les familles, plus six mois complémentaires en cas de risque de fuite ou de perspective d'éloignement raisonnable. Pour les personnes posant un « risque à la sécurité » cette durée est illimitée.

Alors que les gouvernements européens se serrent les coudes pour muscler la traque aux étrangers, il est urgent d'y opposer une grande solidarité internationaliste, avec l'appui central du mouvement ouvrier, pour revendiquer la régularisation de tous les sans papiers et la fermeture de tous les centres de rétention. Contre le nationalisme des pays impérialistes, seul un mouvement d'ensemble pour endiguer la montée des idées d'extrême droite, comme l'a montré récemment l'exemple de la ville de Minneapolis qui a réussi à dégager la ICE en imposant un énorme rapport de force.

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