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Succès des Rencontres anti-impérialistes du Poing Levé : 1 600 participant·es, dont 800 à Paris !

Mon, 01 Jun 2026 16:06:15 CEST

Révolution Permanente

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Ce 30 mai à Paris s'est tenue la dernière journée des Rencontres anti-impérialistes du Poing Levé. Réunissant 800 jeunes, elle a clôturé un événement national qui a rassemblé 1600 personnes à Toulouse, Bordeaux, Marseille et Paris. Une démonstration importante, qui constitue un point d'appui pour reconstruire un mouvement étudiant combatif.

Ce samedi 30 mai, 800 jeunes, venus de partout en France mais aussi d'Europe, étaient réunis à la dernière journée des Rencontres anti-impérialistes du Poing Levé, à l'université de Saint-Denis. Des jeunes d'Allemagne, de l'État Espagnol, d'Italie, mais aussi des militants internationaux, de Bolivie et d'Argentine étaient présents.

Un festival anti-impérialiste dans une université recouverte aux couleurs de la Palestine et de la Kanaky

Pendant une journée entière, les étudiants se sont réappropriés leur lieu d'études. L'université était repeinte aux couleurs de l'anti-impérialisme, les salles et amphithéâtres portaient les noms de figures trotskystes de l'anti-impérialisme : Jabra Nicola, Ta Thu Thau, Lénine ou encore Rosa Luxemburg. Un message très fort envoyé à la présidence de l'université et au gouvernement, qui veulent nous imposer un modèle d'université aseptisée, sans politique ni lieux collectifs pour s'organiser, d'autant plus à l'heure où ce même gouvernement cherche à exclure les étudiants étrangers des universités au au travers de la mesure raciste et xénophobe « Bienvenue en France ».

Au total, ce sont 1600 jeunes qui ont participé à cet événement de jeunesse internationaliste, consacré à des débats stratégiques sur la lutte contre l'impérialisme, la course à la guerre et la montée de l'extrême droite. Un point d'appui important pour reconstruire un mouvement étudiant combatif, anti-impérialiste et en indépendance totale de l'État, et la démonstration qu'une partie croissante de la jeunesse est disposée à s'engager et passer à l'action.

À Paris, la journée a débuté avec trois tables-rondes abordant des sujets clés sur l'anti-impérialisme, pour s'armer théoriquement face aux attaques à venir contre la jeunesse. La discussion « Palestine-Iran : quelle analyse, quel rôle pour la jeunesse en France ? », qui réunissait Mariam, militante libanaise, Philippe Alcoy, membre de la section internationale de RP et Erell Duclos, porte-parole du Poing Levé, a permis de réfléchir au rôle que peut jouer la jeunesse, depuis la France, pour renforcer un bloc de résistance anti-impérialiste qui exige la défaite des États-Unis et d'Israël au Moyen-Orient.

Au débat « Maccarthysme dans les facs, délit d'opinion, répression politique : s'organiser pour résister », le Poing Levé avait invité Éric Fassin, chercheur et professeur à Paris 8, et Elsa Marcel, porte-parole de Révolution Permanente et autrice du livre « État de droit », ordre bourgeois pour discuter de l'offensive répressive dans les facs, et des manières de s'y affronter. Une discussion avec des militants allemands, membres de Waffen der Kritik, l'organisation sœur du Poing Levé en Allemagne, et Joachim, membre de la revue théorique Armes de la critique, intitulée « Histoire et actualités de l'antimilitarisme dans la jeunesse européenne », a également eu lieu. L'occasion de revenir sur la mobilisation lycéenne anti-guerre en cours en Allemagne, mais aussi sur la tradition antimilitariste en Europe, qui sont des expériences clés dont la jeunesse doit s'inspirer aujourd'hui.

Une pause repas a ensuite eu lieu en collaboration avec la cantine solidaire Baranoux, et des centaines de jeunes ont pu déjeuner au soleil sur la pelouse, dans une ambiance festive. Un village politique s'est tenu tout au long de la journée dans l'université, et a réuni de nombreuses associations et organisations politiques : la coalition antimilitariste Guerre à la Guerre, avec les Soulèvements de la Terre, Survie, Stop Arming Israël et les Lignes anti-impérialistes, mais aussi Europalestine, le collectif des étudiants étrangers de Paris 8, ainsi que Klasse Gegen Klasse, l'organisation sœur de Révolution Permanente en Allemagne, tenaient également des stands.

Des centaines de personnes ont dénoncé la répression d'Anasse Kazib par la présidence de Paris 8 et l'État

Après le repas, un plénier « Présidentielles, crise politique, lutte des classes. Où va la France ? », avec Ariane Anemoyannis et Anasse Kazib, porte-paroles de Révolution Permanente, était organisé. Alors qu'Anasse Kazib passe en procès le 25 juin pour avoir tweeté contre la complicité de l'Europe, la présidence a interdit sa présence, seulement quelques jours avant l'évènement, sous prétexte qu'il est poursuivi par la justice pour son soutien à la Palestine. Une tentative d'intimidation très grave, qui s'inscrit dans la droite lignée de l'offensive répressive menée par le gouvernement depuis le début du génocide à Gaza, dans les tribunaux et les universités.

Pour dénoncer cette répression, les centaines de personnes présentes ont brandi des pancartes en soutien à Anasse Kazib, et pour exiger sa relaxe, en scandant « Solidarité avec Anasse, et tous les réprimés ! », dans une ambiance très combative.

Ariane Anemoyannis est revenue sur la nécessité de porter une candidature révolutionnaire aux prochaines présidentielles : « À la présidentielle, la préoccupation des candidats bourgeois sera de sauver l'impérialisme français, remis en question en Afrique et dans les colonies d'Outre-mer. Dans ces élections réactionnaires, il faudra se tenir aux côtés des peuples opprimés et des classes populaires, contre notre propre impérialisme » a-t-elle rappelé.

La journée s'est poursuivie avec des tables-rondes sur la situation de lutte de classes en Bolivie, la lutte contre l'extrême droite, l'écologie, le féminisme, le communisme ainsi qu'une projection du film documentaire Mayotte, île sous domination », réalisé par Carol Sibony et le Collectif d'Action Judiciaire. Alors que des mobilisations très importantes ont lieu en Bolivie contre les politiques austéritaires du gouvernement Paz, un militant bolivien, membre de la Ligue ouvrière révolutionnaire – Quatrième Internationale (LOR-CI), section bolivienne du Courant Révolution Permanente, était présent pour transmettre son expérience de la lutte en cours.

Une table-ronde avec Vincent Rissier, auteur du livre Contre l'écologie de guerre, et un militant du collectif écologiste et paysan les Soulèvements de la Terre a eu lieu, sur le thème « Reconstruire une écologie antimilitariste face à la catastrophe ». Un débat sur la lutte contre l'extrême droite a également eu lieu avec Cem, ex-porte-parole de la Jeune Garde, un militant de l'AFA Paris-Banlieue, Yann, militant au Poing Levé et Christian Porta, travailleur de l'agroalimentaire, militant à la CGT et à Révolution Permanente. Ce dernier a notamment pu rappeler : « L'État n'est pas un allié dans la lutte contre l'extrême droite. Combien d'organisations antifa ont été dissoutes ? On doit lutter en toute indépendance de l'État ».

À la suite de la projection du film sur Mayotte, qui met en lumière la gestion coloniale de la catastrophe Chido sur l'île, un débat a eu lieu sur l'impérialisme français et les Outre-mers, en présence de Camille, militante à Survie, association de lutte contre le néocolonialisme, et Julien Anchaing, membre de la section internationale de Révolution Permanente. La lutte anti-impérialiste implique en effet également de s'attaquer à la domination coloniale française, qui continue d'asseoir sa puissance à travers ses territoires d'outre-mer. Enfin, la militante au collectif Du Pain et des Roses Sasha Yaropolskaya était présente à la table-ronde « Féminisme et anti-impérialisme : une tradition à reconstruire ».

Un signal fort pour la reconstruction d'un mouvement étudiant combatif

Et parce que nos luttes sont aussi des moments de partage et de joie collective, la journée s'est poursuivie par la projection de la finale de la Ligue des Champions, un dîner réalisé par des associations palestiniennes et sénégalaises, ainsi qu'une performance musicale de la chanteuse Diana Kelly. Le lendemain matin, une visite anticolonialiste de Paris avec Alain Ruscio, historien, a également réuni de nombreuses personnes. Du musée de l'Immigration à la Maison de la Mutualité, en passant par Saint-Michel et la Sorbonne, le spécialiste des questions coloniales est revenu sur l'histoire coloniale de la capitale.

Les Rencontres anti-impérialistes du Poing Levé, qui ont réuni 1600 jeunes à Paris, Marseille, Toulouse et Bordeaux sont une démonstration très importante. Alors que les guerres et les crises s'accélèrent, une frange de plus en plus nombreuse de la jeunesse se politise et cherche à s'organiser contre le génocide à Gaza, les crimes de l'impérialisme étasunien et européen et la montée de l'extrême droite. Pour affronter les attaques à venir de nos bourgeoisies et rebâtir un mouvement étudiant combatif, il faut chercher à construire une organisation de jeunesse communiste et révolutionnaire, profondément anti-impérialiste et antimilitariste, mais aussi féministe et antiraciste. C'est à ce projet que nous nous attelons, avec le Poing Levé. Si tu souhaites passer à l'action, rejoins-nous !

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