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Airbus. la colère monte face au mépris patronal, les salariés répondent par la grève

Sat, 30 May 2026 11:56:09 CEST

Révolution Permanente

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Face à une direction qui s'attaque aux revenus des salariés alors que l'entreprise enregistre des bénéfices records, la colère explose dans les ateliers. Des centaines de travailleurs d'Airbus ont débrayé ce 29 mai sur plusieurs sites.

Une colère qui s'exprime dans les ateliers

Les travailleurs d'Airbus ont lancé un nouveau mouvement de grève ce jeudi 29 mai, suivi par des centaines de salariés, à la suite du mépris affiché par la direction lors des négociations du 28 mai.

La direction y a annoncé une prime exceptionnelle de seulement 500 euros, très en dessous de la baisse de 54 % de la prime de participation par rapport à l'année précédente.

« C'est du foutage de gueule », témoigne ainsi Aziz, délégué syndical CGT au pôle peinture. « L'entreprise fait 16% de bénéfices supplémentaires et, dans le même temps, on nous retire une partie importante de la prime de participation. En parallèle, les actionnaires touchent toujours plus. C'est un manque de respect. »

Dès le lendemain des annonces, la colère a explosé chez les travailleurs d'Airbus. Des centaines de travailleurs ont débrayé sur différents sites toulousains, « on ne s'attendait pas à ce qu'il y ait autant de monde » précise Aziz. À Saint-Éloi, au Delivery Center, sur les lignes d'assemblage de l'A350 et de l'A330, ou encore au pôle peinture, des rassemblements se sont organisés pour dénoncer l'attitude de la direction. Mais le mouvement semble aussi avoir touché d'autres sites au niveau national comme c'est le cas du site Airbus Helicopter le Bourget.

Cette mobilisation s'inscrit dans la continuité des tensions de ces dernières semaines chez Airbus. Pour rappel, les 6 et 7 mai derniers, plusieurs centaines de travailleurs de différents sites d'Airbus avaient débrayé après l'annonce d'une baisse moyenne de 54 % de la prime de participation par rapport à l'année précédente.

Cette nouvelle mobilisation témoigne d'un profond ras-le-bol. Depuis plusieurs années, les salariés subissent l'augmentation des cadences, la pression permanente sur les délais de production et une inflation qui grignote continuellement leur pouvoir d'achat. Dans ce contexte, voir que les primes s'effondrent tandis que les bénéfices explosent apparaît pour beaucoup comme une injustice insupportable.

L'Entente syndicale au secours de la direction

Mais face à cette colère, les syndicats de l'Entente (FO, CFE-CGC et CFTC) ont une nouvelle fois joué un rôle de frein à la mobilisation.

Comme le laissaient déjà présager leurs déclarations à la sortie de la réunion du 28 mai, leurs responsables se sont employés à limiter l'extension du mouvement. Plusieurs délégués syndicaux sont ainsi intervenus directement auprès des grévistes pour les appeler à reprendre le travail, tandis que la direction refusait que les salariés mobilisés demeurent sur les lieux de travail pour éviter toute extension du mouvement.

« Ils jouent les pompiers. Ils essaient d'éteindre la mobilisation. Ils expliquent aux salariés que ça ne sert à rien de se mobiliser, qu'ils n'ont pas encore signé l'accord et que tout va s'arranger. » souligne Aziz

Une attitude qui illustre une nouvelle fois le rôle de ces organisations : accompagner les choix de la direction et contenir la colère plutôt que construire le rapport de force nécessaire pour arracher des victoires. D'autant que, si la stratégie anti-grève de l'Entente syndicale a permis de limiter la mobilisation dans certains secteurs, ce discours passe de moins en moins auprès des salariés.

« Ce qui a déclenché la mobilisation aujourd'hui, c'est aussi l'attitude de FO. Ils sont venus dire aux salariés que ça ne servait à rien de bouger. Résultat : les collègues se sont encore plus remontés et ne veulent plus lâcher. On a même des syndicalistes FO qui refusent désormais d'appliquer les consignes de leur direction. » précise Aziz

Pour des augmentations de salaire organisons la colère

Dans ce contexte, la mobilisation semble loin d'être terminée, il semblerait que d'autres secteurs réfléchissent à se mettre en action.

« On ne va pas s'arrêter là. » affirme Aziz, il poursuit « Les travailleurs demandent une prime au moins équivalente à celle de l'an dernier, il faut engager un rapport de force. »

Dans un contexte d'inflation généralisée qui risque de s'installer sur le temps long, les travailleurs d'Airbus méritent plus que des primes ponctuelles comme nous le soulignions déjà dans un précédent article. Ce sont eux qui créent les richesses de l'entreprise, et c'est donc à eux d'en bénéficier. Dans cette perspective, des revendications offensives peuvent être mises en avant : une augmentation générale des salaires de 400 euros nets pour toutes et tous, ainsi que l'indexation automatique des salaires sur l'inflation.

Mais pour défendre ces revendications et pour déjouer les manœuvres de la direction et de ses relais syndicaux, les grévistes ont tout intérêt à s'organiser à travers des assemblées générales. Des assemblées où chaque travailleur peut s'exprimer, décider des revendications et élire des délégués chargés de représenter réellement les intérêts de la mobilisation.

Dans ce sens, la CGT Airbus pourrait jouer un rôle décisif : en dénonçant les limites des syndicats pro patronaux, mais surtout en poussant concrètement au développement des assemblées générales et à leur accompagnement, à leur coordination et à l'élargissement des revendications comme de la mobilisation.

Face aux profits records et au mépris patronal, seule la mobilisation collective pourra permettre d'imposer un rapport de force favorable aux travailleurs.

Soutien aux travailleurs d'Airbus en lutte !

Crédits photo : CGT Airbus Hélicoptères

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