Le génocide continue : Netanyahou ordonne l'occupation de 70% de la bande de Gaza
Fri, 29 May 2026 16:25:47 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès des mois de violation du cessez-le-feu par Israël et alors que le plan Trump pour Gaza tourne au fiasco, le premier ministre israélien vient d'annoncer l'occupation à venir de 70% de Gaza. Le génocide se poursuit.

Jeudi 28 mai alors qu'il tenait une conférence dans une colonie israélienne de Cisjordanie, Benjamin Netanyahou a annoncé avoir ordonné à l'armée de s'emparer de 70% du territoire de Gaza. Depuis le cessez-le-feu signé en octobre dernier, l'armée avait mis en place une « ligne jaune » pour démarquer les territoires palestiniens qu'elle continuait d'occuper, tuant à vue quiconque s'en approchait. Ces derniers mois, Israël a progressivement élargi son contrôle de la bande de Gaza, occupant 60% du territoire. Désormais, Israël affiche clairement son intention de prendre contrôle de l'ensemble du territoire.
Lors de la conférence, Netanyahou a répondu à la foule qui exigeait d'envahir la totalité de la bande de Gaza en la rassurant : « Dans l'ordre. D'abord 70%. Commençons par ça. »
Depuis octobre 2025 et l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza sous l'égide de Trump, Israël aurait violé l'accord plus de 3000 fois, qu'il s'agisse des centaines de bombardements, des incursions, des destructions d'habitations ou encore des dizaines d'enlèvements menés contre des Palestiniens. Depuis la mise en place du pseudo-cessez-le-feu, 910 Palestiniens ont été tués tandis que les attaques à répétition de l'armée israélienne à Gaza ont fait 2747 blessés. Les attaques israéliennes n'ont en effet jamais cessé, et l'organisme d'analyse des conflits ACLED a même révélé plus tôt ce mois-ci que les bombardements avaient augmenté de 35% depuis le début de la guerre israélo-étatsunienne contre l'Iran début mars.
Ces derniers jours et alors que la population gazaouie célèbre la fête de l'Aïd, plusieurs bombardement mortels ont eu lieu contre le camp de réfugié de Jabalia au nord de la bande, mais aussi à Gaza City ou encore au sud, à Khan Younes.
L'impasse du plan de Trump et la fuite en avant génocidaire d'Israël
Il y a quelques mois encore les dirigeants impérialistes félicitaient Trump pour l'instauration du « Conseil de la Paix » à Gaza et pour son ultra-colonial, adopté par l'ONU grâce à la résolution 2803. Du déploiement d'une force d'occupation composée des troupes des régimes arabes – qui ne s'est pas matérialisé – au plan de reconstruction de la bande de Gaza, qui prévoyait d'en faire un hub techno-industriel, le plan a tourné au fiasco.
Face au suicide historique que représenterait une occupation arabe de Gaza pour des régimes réactionnaires, liés à Israël et haïs par leur population solidaire du peuple palestinien ; face à l'opposition des secteurs les plus durs de l'extrême droite israélienne et aux difficultés de Trump pour alimenter le fond économique du Conseil de la paix (qui n'a pas reçu une once des 17 milliards soi-disant promis par les membres du Conseil), le plan n'a pas avancé d'un iota tandis que les négociations pour le désarmement du Hamas sont au point mort.
Alors que Trump ressort particulièrement affaibli dans la guerre en Iran et que l'inclusion du Liban dans les négociations avec Téhéran menace d'imposer à Israël un retrait accéléré du front libanais, soit une défaite stratégique importante, Netanyahou semble à tout prix vouloir maintenir un front ouvert, en relançant une offensive majeure contre Gaza, comme les bombardements des derniers jours le laissent malheureusement craindre.
Alors que Netanyahou n'a atteint aucun de ses objectifs stratégiques dans la guerre en Iran, la perspective d'un retrait étasunien pousse Israël à se lancer dans une nouvelle fuite en avant génocidaire, dont le peuple palestinien et tous les peuples de la région payeront le prix.
Dans ce contexte, il y a urgence à construire un mouvement de solidarité puissant avec la Palestine et les peuples du Moyen-Orient, qui se prononce pour la défaite des États-Unis et d'Israël dans la guerre en Iran et au Liban et partout ailleurs dans la région. Alors que les États-Unis et Israël projettent contre tous les peuples du Moyen-Orient les méthodes génocidaires élaborées dans l'enfer de Gaza, il y a urgence à se mobiliser pour empêcher la reprise d'une guerre génocidaire de haute intensité à Gaza.
Dans ce contexte, et alors que l'impérialisme français a autorisé au moins 525 livraisons d'armes à Israël depuis le génocide, la lutte contre la répression d'État qui s'abat avec une violence nouvelle depuis plusieurs mois contre ceux et celles qui dénoncent le génocide constitue un moment important de la lutte en soutien au peuple palestinien. Alors que Ramy Shaath est menacé d'expulsion, qu'EuroPalestine fait face à un acharnement judiciaire de la part de l'État français et que les procès pour « apologie du terrorisme » se multiplient, de Rima Hassan à Omar Alsoumi en passant par Anasse Kazib et un autre militant de RP, dont l'audience aura lieu le 25 juin, il est de la première importance d'articuler le combat contre la répression du soutien à Gaza et celui contre la complicité de notre propre impérialisme.
C'est pourquoi Révolution Permanente organise, ce 18 juin, une grande soirée contre la répression d'État et contre le génocide, le 18 juin à Saint-Denis, en présence de Rima Hassan, d'Elsa Marcel, de Myriam Bregman, député du PTS en Argentine et personnalité politique la plus populaire du pays, et d'Anasse Kazib. L'évènement sera suivi d'un concert de Médine. Il faudra être le plus nombreux possible pour réaffirmer, tant qu'il le faudra, que dénoncer un génocide n'est pas un crime.