Retour

Rencontres anti-impérialistes du Poing Levé : à Toulouse, plus de 300 jeunes pour préparer la riposte

Fri, 29 May 2026 21:28:52 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Ce week-end avait lieu la déclinaison toulousaine des rencontres anti-impérialistes du Poing Levé. Consacrées aux débats stratégiques sur l'impérialisme, l'antiracisme, le féminisme et la lutte pour reconstruire un mouvement étudiant pro-ouvrier de masse, ces rencontres de jeunesse ont servi à préparer le passage à l'action, rassemblant plus de 300 personnes dans la fac du Mirail.

La rediffusion de l'ensemble des topos et celle du meeting seront bientôt disponibles sur la chaîne youtube de Révolution Permanente.

Dans un contexte de multiplication des offensives ultra-austéritaires au niveau national et des guerres impérialistes contre les peuples au niveau international, avec notamment l'invasion du Liban et de l'Iran par les USA et Israël - qui bénéficient de la complicité active de la France - Le Poing Levé organisait ce mois de mai ses rencontres anti-impérialistes dans plusieurs villes. Des rencontres qui se donnent pour objectif de penser concrètement le rôle et les méthodes qui doivent être celles du mouvement étudiant pour s'y affronter.

L'édition toulousaine des rencontres avait lieu ce samedi 23 mai et a réuni plus de 300 personnes, parmi lesquelles des étudiants, des lycéens et des jeunes travailleurs. Un succès pour un événement de jeunesse marxiste et révolutionnaire, de surcroît organisé en pleine période d'examens de fin d'années et consacré à des débats stratégiques sur l'impérialisme, l'antiracisme, le féminisme ou encore le mouvement étudiant. Ces rencontres faisaient suite à celles de Marseille les 16 et 17 mai, qui ont réuni elles aussi plus de 300 personnes, et se déroulaient en parallèle de l'édition bordelaise. Une quatrième rencontre aura lieu à Paris le 30 mai. Si tu as raté les trois premières, il n'est pas trop tard pour t'inscrire !

La journée a débuté par l'ouverture du village et l'accueil des participants, qui ont pu profiter de la librairie, d'un petit-déjeuner convivial sous l'Arche du Mirail et des tables de plusieurs organisations invitées, notamment le Secours Rouge, organisation anti-impérialiste et pro-palestinienne, et le FLNKS, organisation de lutte pour l'autodétermination du peuple kanak. Des invitations qui ont d'autant plus de sens que la brutalité de l'Etat colonial israélien a une fois de plus éclaté ces derniers jours, avec les révélations sur les tortures et agressions sexuelles infligées aux participants de la dernière flottille pour Gaza - dont un étudiant du Mirail - et que la répression coloniale de la part de l'Etat français se poursuit en Kanaky (« Nouvelle-Calédonie ») contre les aspirations à l'auto-détermination du peuple kanak.

En plus de rassembler de nombreux jeunes toulousains, les rencontres du Mirail accueillaient aussi des jeunes venus des villes autour de Toulouse, ainsi qu'une importante délégation de jeunes montpelliérains et qu'une cinquantaine de jeunes de l'Etat espagnol membres du Courant Révolutionnaire des Travailleurs - organisation-soeur de Révolution Permanente - et du Courant Rouge - Quatrième Internationale.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Le Poing Levé (@lepoing_leve)

La journée a débuté par deux topos. Le premier, intitulé Palestine-Iran : comment construire un mouvement anti-impérialiste ?, a consisté en une discussion entre Julien, journaliste au sein de la section internationale de RP, Mariam, journaliste libanaise et militante à RP, l'organisation anti-impérialiste Secours Rouge et l'écrivain et sociologue Mathieu Rigouste. A l'heure où la guerre israélo-étasunienne se poursuit contre l'Iran et le Liban tout en dévoilant les faiblesses des USA et où le génocide en Palestine est toujours en cours, il est fondamental de penser comment il est possible, depuis la France, de construire un mouvement anti-impérialiste capable d'affaiblir l'impérialisme sur le modèle du grand mouvement international contre la guerre du Vietnam.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Révolution Permanente (@revolutionpermanente.fr)

La seconde table ronde, titrée Sélection, répression, privatisation : changer l'université pour changer la société ?, était animée par une militante de RP travailleuse administrative à l'université Paul Valéry de Montpellier et par Magalie, doctorante et militante du Poing Levé au Mirail. La discussion a beaucoup tourné sur le rôle actuel de l'université bourgeoise, les projets du gouvernement pour cette dernière et des possibilités qui existent d'en faire des marchepieds pour le renforcement du mouvement ouvrier et de la lutte révolutionnaire.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Le Poing Levé (@lepoing_leve)

Après une pause repas conviviale, qui a notamment permis de précieux échanges d'expériences militantes avec les camarades venus de différentes villes espagnoles (Barcelone, Madrid et Saragosse notamment), l'après-midi a été rythmé par deux autres topos.

Alberta, doctorante au Mirail et militante au Poing Levé, et Rozenn, qui avait dirigé il y a quelques années une grève exemplaire contre le sexisme et la répression à Chronodrive, animaient l'une de ces tables rondes, intitulée Quels outils pour reconstruire un féminisme révolutionnaire ? Une formation précieuse, qui a notamment permis de rappeler l'intrication de la lutte contre le patriarcat avec celle contre le capitalisme et la nécessité pour le mouvement féministe de tirer les bilans de la cooptation progressive du mouvement #MeToo par la bourgeoisie, afin de repenser un mouvement féministe de masse, doté d'un programme révolutionnaire et armé des outils de la classe ouvrière.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Le Poing Levé Toulouse (@lepoingleve_tlse)

Un second topo, Comment faire face à l'extrême droite et au racisme d'Etat, devait être l'occasion d'un débat entre Le Poing Levé et les Jeunes Insoumis. Malheureusement, les militants LFI ont annulé à la dernière minute leur participation à la conférence. Aussi, la discussion a finalement consisté en un partage d'expériences entre Saphia, doctorante et militante du Poing Levé à Marseille, et Pablo, militant de Contracorriente, le collectif de jeunesse du CRT espagnol. Alors que l'extrême droite progresse aussi de l'autre côté des Pyrénées, largement aidée par les trahisons successives du gouvernement « de gauche » de Pedro Sanchez, la discussion a été l'occasion de rappeler qu'aucune issue institutionnelle ne permettra de mettre un réel coup d'arrêt à l'extrême droite.

Suite à l'intervention de Marina, étudiante étrangère, la discussion a tout particulièrement tourné autour de la nouvelle loi raciste du gouvernement Bienvenue en France 2.0, qui vise ni plus ni moins qu'à multiplier par 16 les frais d'inscription pour les 300 000 étudiants étrangers extra-européens - et donc à virer des universités une grande majorité d'entre eux. Comme l'ont rappelé les différentes interventions qui se sont succédées, il s'agit d'une offensive historique qui fait directement suite à la suppression des APL pour les étudiants étrangers et comparable par son ampleur au CPE en 2006 ou à Parcoursup en 2018, et qui exige donc une riposte massive et radicale de la part de l'ensemble du mouvement étudiant.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Le Poing Levé (@lepoing_leve)

L'après-midi s'est poursuivie par un temps d'activités et de repos collectifs, notamment autour de la projection du film documentaire Mayotte : île sous domination.

En début de soirée, l'ensemble des 300 participants aux rencontres se sont rassemblés pour un grand meeting. L'occasion d'apporter une solidarité internationaliste aux mobilisations en cours en Bolivie et d'écouter les interventions de Vanessa Pedinotti - travailleuse dans l'aéronautique et ex-candidate de RP aux municipales de Toulouse -, Mariona - étudiante catalane, membre du CRT et participante à l'avant-dernière flottille pour Gaza -, Brenda Wanabo-Ipeze - militante indépendantiste kanak et dirigeante du FLNKS et du de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) -, Alberta - doctorante et militante au Poing Levé Mirail - et Mehdi*, ancien mineur isolé.

A Toulouse, dont la bourgeoisie française, Macron et Moudenc en tête, rêvent de faire le QG de la remilitarisation de l'impérialisme français, une voix résolument anti-impérialiste a résonné à travers ce meeting. De quoi donner des sueurs froides à la bourgeoisie. Ce meeting constituait en effet un échantillon de la recette qui peut très concrètement mettre un coup d'arrêt décisif au processus de remilitarisation : des étudiants, des travailleurs, des militants anticoloniaux, des militants en lutte contre le racisme d'Etat et des activistes internationaux dénonçant d'une même voix l'impérialisme français. La bourgeoisie le sait très bien, si ces différents pans de la société s'organisent à l'échelle de masse pour l'affronter sur le terrain de la lutte des classes, ses jours sont comptés !

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Révolution Permanente (@revolutionpermanente.fr)

A ce titre, Le Poing Levé est particulièrement fier d'avoir pu donner la parole à Brenda Wanabo-Ipeze lors du meeting, l'une des dirigeantes de la lutte pour l'autodétermination du peuple kanak, qui a subi la déportation par l'Etat colonial et continue de vivre sous bracelet électronique. Comme elle l'a affirmé, « le peuple kanak a besoin du soutien de tout le monde, la nation kanak c'est une petite nation et votre démarche de créer des fronts anti-impérialistes c'est très important [...] Aujourd'hui aussi bien la Palestine que le Congo, que Mayotte et que l'ensemble des colonies françaises doivent être libres et pour ça on a besoin de vous ». C'est en ce sens que le Poing Levé mène un politique d'opposition intransigeante face à l'impérialisme français, en solidarité avec la jeunesse, les travailleurs et les classes populaires des territoires sous domination coloniale française.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Révolution Permanente (@revolutionpermanente.fr)

Mehdi*, ancien mineur isolé, a quant à lui rappelé que « si les jeunes africains sont là en France, c'est à cause des anciennes colonies de l'impérialisme français », raison pour laquelle la lutte antiraciste doit nécessairement s'accompagner d'une opposition intransigeante à l'impérialisme français. En effet, « ceux qui se sont partagés l'Afrique n'en sont jamais partis. A chaque fois qu'un président africain est élu et qu'il refuse de partager ses richesses avec les puissances occidentales, ces dernières trouvent les moyens de le renverser et appauvrissent ensuite la population, faisant fuir les jeunes africains [...] On ne peut pas dissocier la misère dans laquelle ces pays sont plongés du traitement qu'on nous réserve lorsqu'on arrive ici. Je lance un appel à tous les étudiants de Toulouse : ne fermez pas les yeux, rejoignez ce combat contre l'impérialisme et aux côtés du Poing Levé ! ».

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Le Poing Levé Toulouse (@lepoingleve_tlse)

A l'heure où le gouvernement tente justement d'imposer en force sa loi Bienvenue en France 2.0, qui vise à multiplier par 16 les frais d'inscription de 300 000 étudiants pour la plupart issus des pays écrasés par les impérialismes occidentaux, il est hors de question qu'il puisse y avoir une rentrée comme si de rien n'était en septembre. Avec Le Poing Levé on l'affirme : tant que cette loi n'aura pas été annulée, on annule la rentrée ! Pas un cours ne doit se dérouler normalement tant que cette loi raciste qui vise à exclure les enfants d'ouvriers des facs sera appliquée. Pour remporter cette bataille nationale qui s'annonce contre l'Etat, nous avons besoin de toutes les forces et de toute la détermination disponibles. Pour prendre part dès à présent à la construction d'un tel mouvement, te former politiquement et participer à reconstruire un mouvement étudiant combatif et internationaliste, contacte-nous juste ici !

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Le Poing Levé Toulouse (@lepoingleve_tlse)

Après la fin du meeting, l'ensemble des participants s'est retrouvé autour du bar et d'une scène installée pour l'occasion, où se sont succédés plusieurs artistes, notamment Anzul Project et le rappeur Ly, suivis d'un grand DJ set.

Si tu as raté la rencontre, pas de panique ! Tu peux encore participer à celle qui se tiendra le 30 mai à Paris en t'inscrivant juste ici !

Et surtout la rentrée se prépare dès maintenant. Face aux offensives racistes, impérialistes et réactionnaires, nous avons besoin de construire une organisation révolutionnaire de jeunesse de masse capable de lutter dans les facs, les lycées et les lieux de travail. Face à l'aggravation des crises à l'échelle nationale et mondiale, il n'est plus temps ni de rester les bras croisés, ni d'attendre patiemment les prochaines élections pour glisser le moins pire des noms dans l'urne. Au contraire, il y a urgence à constituer, à la base, une organisation militante de masse qui initie, amplifie et rend victorieuse les prochains affrontements avec l'Etat et le patronat. N'attends plus, rejoins-nous !

*Le prénom a été modifié

Crédit photo : thenowface

/ / / / / / / /