Ebola : les inquiétudes hypocrites des impérialistes face à l'extension de l'épidémie en RDC
Fri, 29 May 2026 19:10:19 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAvec plus de 200 décès, l'épidémie d'Ebola continue de s'étendre en République démocratique du Congo, et le risque d'extension à d'autres pays s'accroît. La visite du directeur de l'OMS dans le pays témoigne de l'inquiétude des puissances impérialistes, qui craignent de voir leurs propres territoires touchés par la maladie.

De semaine en semaine, l'épidémie d'Ebola continue de s'aggraver en République démocratique du Congo. Avec plus de 238 décès suspects et 1077 cas suspects à ce jour, dont 7 cas en Ouganda, cette nouvelle épidémie est susceptible de prendre une ampleur démesurée. Entre 2013 et 2016, Ebola ravageait l'Afrique de l'Ouest, laissant sur son passage 28 000 cas recensés et 11 000 décès. Ce nouveau départ épidémique serait causé par la souche Bundibugyo, contre laquelle il n'existe aujourd'hui ni vaccin ni traitement spécifique, et qui présente un taux de létalité allant jusqu'à 50 %.
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Face à la montée en gravité de l'épidémie, les puissances occidentales commencent à s'inquiéter de la situation : « L'est de la RD Congo est désormais confronté à un choc catastrophique entre maladie et conflit, l'épidémie d'Ebola dans la province de l'Ituri prenant de vitesse la riposte », annonçait ce 27 mai le directeur général de l'OMS sur X. Depuis jeudi 29 mai, il est lui-même en visite dans le pays, signe de la préoccupation que l'extension de l'épidémie suscite à l'international.
En réponse à la crise sanitaire, le gouvernement de la RDC accuse en effet d'un manque critique de moyens et d'infrastructures pour contenir l'épidémie. Cet état de fait existant dans de nombreux pays sous domination impérialiste est le résultat de décennies, voire de siècles d'exploitation et de pillage. À cela s'ajoute le contexte social et politique de l'est du Congo, épicentre de l'épidémie, qui est l'une des régions les plus pauvres, mais aussi la plus touchée par le conflit armé entre le gouvernement de la RDC et le M23. Or, ce conflit meurtrier est sous-tendu par des conflits entre puissances mondiales, à commencer par les États-Unis et la Chine pour le contrôle des ressources minières stratégiques de la région.
Dans ce contexte, les interventions extrêmement limitées de l'OMS visent bien plus à éviter une propagation de l'épidémie vers l'Occident qu'à renforcer à long terme les infrastructures locales et à résoudre les causes profondes des crises sanitaires répétées qui touchent le continent. Loin de renforcer les systèmes de santé locaux, les « aides » des pays impérialistes tendent à constituer un réseau d'institutions parallèles, démantelables une fois l'épidémie passée. Ces interventions se font très souvent en collaboration avec l'armée ou des groupes armés coupables d'exactions envers la population, créant de ce fait une méfiance en son sein envers ces structures de soin.
Les récentes déclarations du préfet de Mayotte illustrent toute l'hypocrisie de la préoccupation des puissances impérialistes pour l'épidémie. Ainsi, il expliquait ce 26 mai « réfléchir à adapter » le dispositif de contrôle en mer face à la menace d'Ebola, une véritable mesure d'apartheid qui illustre bien les réelles intentions des puissances impérialistes : empêcher la contamination des seuls sols occidentaux, quitte à laisser mourir les populations touchées.
Face à la multiplication des crises engendrées par le capitalisme, les épidémies apparaissent comme une conséquence d'un ordre mondial impérialiste et profondément inégalitaire. Seule une politique de santé internationaliste et anti-impérialiste peut répondre efficacement à ces enjeux : mettre fin à l'exploitation des pays dépendants, annuler les logiques de dette imposées par les institutions financières, garantir l'accès libre aux médicaments et aux technologies de santé, et placer l'aide humanitaire sous contrôle des soignants et des populations locales. La lutte contre les épidémies passe par l'ouverture des frontières, l'égalité d'accès aux soins et à l'éducation, la régularisation des sans-papiers et la socialisation de l'industrie pharmaceutique sous contrôle des travailleurs.
Crédits Photo : Flickr World Banck (Licence CC BY-NC-ND 2.0).