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Immigration, sécurité, « sursaut patriotique » : le projet 100% raciste et néo-libéral de Glucksmann

Fri, 29 May 2026 16:19:07 CEST

Révolution Permanente

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Dans un livre, Glucksmann dessine l'orientation qu'il veut porter à la prochaine présidentielle. En prétendant parler « au-delà de la gauche », le député européen recycle un nouvel « en même temps » : néolibéralisme et surenchère raciste.

Alors que le projet de « primaire à gauche » semble déjà mort-né, Raphaël Glucksmann tente d'avancer ses pions et prépare le terrain à une éventuelle candidature présidentielle « dans trois mois ». Dans son dernier livre Nous avons encore envie, il esquisse les grandes lignes de son projet pour la France. Coincé entre Jean-Luc Mélenchon à gauche et Édouard Philippe à droite, Glucksmann tente d'occuper l'espace laissé vacant par le macronisme avec un nouvel « en même temps » mêlant politique des « conventions », projet néolibéral, discours patriotique et durcissement raciste.

Pour faire barrage au RN, Glucksmann emprunte au programme du RN

Si le député européen pourrait officialiser sa candidature en septembre, le livre paru jeudi 28 mai jette les bases de son projet politique. Le ton nationaliste est assumé : « le temps est venu d'un grand sursaut patriotique. » La « fierté d'être Français » de Raphaël Glucksmann s'incarne dans une filiation spirituelle avec les « héros français », notamment Charles de Gaulle. « Ce que je veux, c'est que la gauche renoue avec son histoire. Et son histoire, c'est le patriotisme français ».

Le dirigeant de Place publique propose un « nouveau contrat patriotique pour rendre à la France sa puissance et redonner aux Français la maîtrise de leur destin. », qui prendrait la forme d'un service civique obligatoire, et d'une formation militaire citoyenne, en pleine marche à la guerre au niveau français et européen.

Autre proposition, le candidat Place publique compte mettre en place une convention citoyenne sur l'immigration, afin de « reprendre le contrôle », et d'« assumer une politique migratoire régulée ». Une idée qui rappelle la première des 22 mesures défendues par Marine Le Pen aux élections présidentielles de 2022 : « arrêter l'immigration incontrôlée en donnant la parole aux Français par référendum. »

Derrière ces emprunts à l'extrême droite, Raphaël Glucksmann assume le recours à des termes rarement employés dans sa « famille politique, la gauche républicaine et démocratique », qu'il juge victime d'un « enfermement sociologique », comme le rapporte Mediapart. En affirmant vouloir parler « au-delà de la gauche », le probable candidat cherche à élargir son audience au-delà du socle social-démocrate classique, en direction de l'électorat macroniste et d'une partie de la droite. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si sa nouvelle conseillère, Marguerite Cazeneuve, fut également conseillère d'Édouard Philippe à Matignon.

Un macronisme 2.0 ? Un nouvel « en même temps » toujours plus raciste et nationaliste

Mis à part des mesures vaguement « sociales » - hausse des salaires des enseignants et des effectifs mais seulement ceux « faisant face aux élèves » tout en réduisant les postes administratifs jugés « superflus » - le caractère néolibéral du programme est clair. « L'efficacité de la puissance publique n'est pas un totem néolibéral », écrit-il par exemple. « La sécurité n'est pas un thème de droite », répète-t-il aussi.

Son programme sur les retraites est plus explicite encore. Pour Glucksmann, la proposition d'une « réforme juste et ambitieuse des retraites » tient compte des « bouleversements démographiques ». Sous couvert de reconnaissance de la pénibilité, il propose de repousser l'âge de départ à la retraite au-delà de 64 ans pour certains métiers : « Dire qu'un cadre d'une grande entreprise et un employé d'une administration (…) peuvent travailler plus longtemps (…) ne me semble pas injuste. Au contraire, je suis convaincu que c'est de gauche », explique-t-il.

Le candidat défend également l'idée d'un « nouveau contrat social et fiscal favorable aux travailleurs ». On peut y voir la tentative de faire oublier la note stratégique de Place publique, ou encore la volonté de se présenter comme celui qui cherche à reconquérir l'électorat ouvrier et populaire perdu par la gauche depuis des années. Sur le fond, il conserve cependant une ligne social-démocrate compatible avec les secteurs les plus privilégiés du salariat — cadres, fonction publique supérieure — afin de séduire une partie du « centre ».

Comme le note Médiapart, cette stratégie d'élargissement infuse désormais les éléments de langage de Place publique. « Il faut élargir le périmètre dans lequel on se situe. La gauche tout entière, depuis quinze ans, représente 30 % des votes », explique Jérôme Auslender, chargé des relations extérieures du mouvement. Il souligne également que « l'aventure macroniste » a entraîné une perte d'électeurs, notamment parmi les ouvriers et employés, partis vers l'extrême droite qui se présente comme leur porte-parole. Mais, selon lui, « il n'y a pas de fatalité à ce qu'ils soient définitivement perdus pour le camp du progrès social ».

C'est dans ce cadre que s'inscrit ce que plusieurs cadres historiques de Place publique, dont certain·es ont pris leurs distances avec le mouvement, qualifient de « tournant centriste ». Le recrutement de figures issues du macronisme en constitue un marqueur : parmi les cadres de Place publique figurent notamment les députés Aurélien Rousseau et Sacha Houlié, tous deux anciens macronistes. Du côté des soutiens politiques, des responsables socialistes comme Carole Delga et Nicolas Mayer-Rossignol apportent également leur appui à Raphaël Glucksmann. Ces recompositions de longue date illustrent une orientation de plus en plus centrée sur un espace social-démocrate compatible avec les cadres du centre et de l'ancien macronisme.

Alors que Glucksmann cherche à incarner un « macronisme sans Macron », ce projet illustre une nouvelle fois la putréfaction de la gauche sociale-libérale, qui ne fait même plus semblant et reprend des éléments de rhétorique portés par le RN et la macronie pour tenter d'assurer sa survie. Ce projet, teinté de néolibéralisme et marqué par un durcissement sur les questions de sécurité et d'immigration, s'inscrit dans une tentative de ressusciter une gauche bourgeoise en pleine impasse stratégique et en voie de décomposition. Il s'inscrit également dans la continuité d'une gauche de gouvernement déjà au pouvoir, notamment sous la présidence de François Hollande, marquée par la déchéance de nationalité, l'état d'urgence et la loi Travail. Cette trajectoire illustre une nouvelle fois que le Parti socialiste est l'un des principaux ennemis du monde du travail et des quartiers populaires, et contribue à la progression de l'extrême droite.

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