Global Sumud France : les militants rejettent l'invitation hypocrite du Ministre des affaires étrangères
Fri, 29 May 2026 21:23:32 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que le gouvernement annonce saisir la justice sur les faits de violences subies par les militants français de la Global Sumud Flotilla, ces derniers dénoncent l'hypocrisie de l'État français, complice du génocide à Gaza et acteur central de la répression contre le mouvement Palestine.

Ce matin, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé vouloir saisir la justice pour les faits de violence rapportés par les militants français de la Global Sumud Flotilla lors de leur enlèvement puis leur emprisonnement par l'armée israélienne dans la nuit du 19 au 20 mai. Une déclaration aussi hypocrite que son invitation adressée aux militants des flottilles de le rencontrer, évoquée dans le communiqué des avocates de la Global Sumud France.
Interrogée par Révolution Permanente, Mathilde Lanté, l'une des avocates de la Global Sumud France et membre du Collectif d'Action Judiciaire, est revenue sur le refus des militants de rencontrer Jean-Noël Barrot : « Les militants ont refusé de rencontrer le Ministre parce qu'ils savent qu'il s'agit d'une position de façade du gouvernement face à la médiatisation des violences. Parmi eux, il y a des militantes comme Yasmine, qui sont réprimées par ce même État français pour son soutien à la Palestine. »
Le communiqué dénonce l'hypocrisie des déclarations du Ministre des affaires étrangères qui constituent une tentative du gouvernement français de se distancier du scandale suscité par les images et les nombreux témoignages qui font état des actes de torture et de violences sexuelles subis par les militants des flottilles. Le ministre appuie notamment le discours de Netanyahou, qui se déresponsabilise de ces violences en les attribuant au comportement de son ministre de la Sécurité Nationale, Itamar Ben Gvir, qui ne serait pas « conforme aux valeurs et aux normes d'Israël ». Ainsi, la condamnation du comportement de Ben Gvir par Barrot et l'interdiction d'accès au territoire français émise à son encontre visent à éclipser la complicité du gouvernement français dans le génocide à Gaza.
C'est ce soutien à la politique génocidaire d'Israël que les avocates de la Global Sumud France ont voulu dénoncer dans leur référé auprès du tribunal administratif de Paris le 21 mai dernier, comme l'explique Mathilde Lanté : « On a profité que l'État ne s'était pas encore positionné sur le sort des militants de la flottille pour enjoindre celui-ci à faire en sorte qu'ils soient libérés, mais pas seulement : à travers cette démarche, pour la première fois, la responsabilité et la complicité de l'État français a été posée auprès d'une juridiction nationale. Cette procédure visait également à construire un front de l'ensemble des organisations et militants pro-palestiniens contre la répression du gouvernement. »
À la suite du référé, le tribunal s'est déclaré incompétent pour juger la politique extérieure du gouvernement français, tout en validant l'argumentaire du Ministère des affaires étrangères, qui affirme avoir tout mis en œuvre pour que les obligations consulaires soient remplies à l'arrivée des militants français en Israël après leur arrestation. Une réponse qui illustre comment l'institution judiciaire se fait le relais de la ligne de l'exécutif. Dans leur communiqué, les avocates de la GSF ont annoncé qu'une plainte sera déposée pour les actes de violences, tortures et viols subis par les navigants.
Cette démarche, tout comme le référé auprès du tribunal administratif, ne nourrit aucune illusion dans la justice française et sa capacité à condamner les actions du gouvernement israélien et la complicité de l'État français : elle vise à faire de ces procédures judiciaires des points d'appuis pour la mobilisation contre l'État colonial israélien, qui, la semaine dernière, a introduit un ordre militaire visant à appliquer plus facilement la peine de mort aux prisonniers palestiniens. Alors que la justice est un levier central de la répression des soutiens de la Palestine en France, les militants de la GSF et leurs avocates exigent l'amnistie des condamnations prononcées contre les soutiens à la Palestine ainsi que l'abandon de toutes les poursuites engagées contre les organisations et personnes qui s'opposent au génocide à Gaza, à l'instar de Rima Hassan, Omar Alsoumi ou encore Anasse Kazib. Ce dernier est d'ailleurs la cible de la répression menée par la présidence de l'Université Paris 8, qui veut interdire sa venue aux Rencontres anti-impérialistes organisées par Le Poing Levé. Une décision scandaleuse, justifiée par la poursuite en justice dont il fait l'objet, à la suite d'un tweet dénonçant le génocide du peuple palestinien et la complicité de l'Union Européenne.
Alors qu'Israël intensifie sa politique génocidaire au Liban, en Cisjordanie et à Gaza, le saut répressif du gouvernement Netanyahou contre les militants des flottilles, qui se sont affrontés au blocus meurtrier de Gaza, vise à menacer le mouvement de solidarité internationale avec la Palestine. Un soutien qui ne doit pas faiblir : à l'image de la nouvelle journée de grève menée en Italie par les secteurs des transports, des services publics et de la santé, nous devons continuer à nous mobiliser dans la rue, sur nos lieux d'études et de travail.