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Airbus : la direction propose une prime de compensation 5 fois inférieure à celle espérée

Thu, 28 May 2026 21:36:29 CEST

Révolution Permanente

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Dans les nouvelles négociations de ce 28 mai, la direction d'Airbus a proposé une prime de compensation de 500 € suite à la baisse de 54% de la prime de participation. Face à cette insulte du patronat, il faut se mobiliser.

Alors que les 6 et 7 mai derniers, des débrayages se sont déroulés chez Airbus après l'annonce de la baisse de 54 % en moyenne de la prime de participation par rapport à l'année dernière, une nouvelle journée de négociation se tenait ce 28 mai.

Une prime au rabais et la question des salaires éclipsée

Plusieurs annonces, publiées dans un communiqué de « l'Entente » des syndicats pro-patronaux FO, CFE-CGC et CFTC, sont ressorties de cette réunion : la garantie d'une expertise sur l'ensemble du dispositif de participation en vue de la prochaine prime de 2027, la neutralisation de la parité euro-dollar pour le nouvel accord de participation de 2026, ainsi que la fin du plafonnement des primes d'intéressement et de participation.

Mais surtout, la direction a proposé une prime de compensation de seulement 500 €, soit un montant près de cinq fois inférieur à ce qui serait nécessaire pour retrouver le niveau de prime versé l'an dernier. Une véritable provocation alors qu'Airbus a réalisé 5,3 milliards d'euros de bénéfices en 2025, un record réalisé sur le dos des travailleurs.

Les syndicats pro-patronaux de l'Entente commencent déjà à présenter comme une prétendue « victoire » pour les salariés cette prime de 500 euros. Une victoire dont ils se posent d'ailleurs comme les principaux artisans, issue de « semaines de mobilisations, d'échanges et de négociations intenses ».

Mais derrière cette communication triomphaliste, la réalité est tout autre. Si l'Entente se félicite donc de « plusieurs semaines de mobilisation », c'est cette même Entente syndicale qui avait pris position contre la mobilisation des 6 et 7 mai derniers en tournant sur les lieux de débrayage pour expliquer qu'il fallait attendre les prochaines négociations pour obtenir une nouvelle prime.

Une posture qui illustre une nouvelle fois leur rôle : accompagner les attaques de la direction et canaliser la colère des salariés plutôt que défendre réellement leurs intérêts.

Face au mépris patronal, organiser la riposte autour de revendications offensives !

À l'heure où les prix du carburant explosent, où les cadences augmentent dans les ateliers et où la situation financière d'Airbus est au beau fixe, voir la prime amputée de près de 2000 euros apparaît comme une véritable provocation. C'est pourquoi il est impératif de réaffirmer, au sortir de ces négociations, que pas 1 € ne doit manquer par rapport à la prime de l'année dernière.

Mais comme nous le rappelions dans un précédent article, la simple revendication d'une prime ne suffit pas. Face à l'inflation en cours et à venir, il est indispensable d'exiger des augmentations de 400 € net pour toutes et tous, et surtout l'indexation des salaires sur l'inflation afin que toute augmentation ne se retrouve pas « bouffée » par la hausse des prix.

De son côté, l'Entente commence déjà à préparer le terrain dans son communiqué en affirmant : « Le rapport de force ne se résume pas à la grève et à ses lourdes conséquences pour les familles comme pour l'entreprise. Il réside dans la capacité des salariés à se rassembler et à soutenir leurs représentants (eux) afin que leur voix soit entendue. »

Une déclaration qui vise surtout à désamorcer toute perspective de lutte au moment même où la colère monte dans de nombreux secteurs du groupe. Derrière les appels à la « responsabilité », c'est bien la volonté d'empêcher les travailleurs de construire un véritable rapport de force face à la direction qui s'exprime.

Car ce nouvel épisode démontre, s'il le fallait encore, que ce n'est pas autour de la table des négociations que les salariés arracheront leurs revendications légitimes, mais bien sur le terrain de la lutte des classes, par la grève et la mobilisation collective. Dans ce contexte, l'organisation d'assemblées générales pour discuter de la situation ouverte par l'annonce de la direction et permettre aux travailleurs de débattre et décider eux-mêmes des suites à donner à la mobilisation, devient une priorité absolue.

Si, pour l'heure, il est difficile de savoir comment les salariés vont réagir à cette annonce, plusieurs sources nous affirment déjà que des débrayages sont prévus dès demain contre cette nouvelle attaque patronale. « À Airbus Helicopters Le Bourget, on refuse cette prime au rabais. Dès demain, on sera plusieurs à débrayer dès l'embauche », nous indique ainsi un travailleur. Un exemple à suivre.

Crédits photo : Metronews Toulouse, assemblage A350, 2013 (CC BY-NC-ND 2.0 Deed)

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