Extrême droite : Jean Messiha s'est versé 100 000 € venant de cagnottes de solidarité
Thu, 28 May 2026 20:24:10 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalJean Messiha, figure du parti d'extrême droite Reconquête, est accusé d'avoir encaissé plus de 100 000 euros issus de deux cagnottes de solidarité qu'il avait lancé, dont l'une pour soutenir les familles d'agents pénitentiaires tués en 2024. Une affaire qui en dit long sur le personnage d'extrême droite.

D'après des informations du Parisien, Jean Messiha, figure d'extrême droite, passée par le RN puis par Reconquête, est accusé d'avoir perçu 42 000 euros issus d'une cagnotte destinée aux familles d'agents pénitentiaires, tués lors de l'évasion de Mohamed Amra en mai 2024. Il aurait également, selon BFM-TV, gardé 60 000 euros récoltés initialement pour le vendeur du Geox de Strasbourg qui avait refusé d'embaucher une femme voilée, sous prétexte qu'il n'aurait pas réclamé la somme.
Dans la première affaire, deux agents pénitentiaires avaient été tués et Jean Messiha avait lancé une cagnotte, visant à soutenir financièrement leurs familles au nom de la « solidarité » avec les familles de ceux qu'il appelle les « héros de la République ». Il promettait que « tous les dons récoltés […] seraient intégralement reversés aux familles ». Mais deux ans plus tard, les veuves de Fabrice Moello et Arnaud Garcia affirment n'avoir jamais reçu l'argent, soit plus de 42 000 euros. L'une d'elles a déposé plainte pour abus de confiance contre le militant d'extrême droite, tandis que l'autre a annoncé s'associer à la procédure.
D'après les informations rapportées par Le Monde, la plateforme GoFundMe affirme que Jean Messiha « s'est lui-même désigné comme bénéficiaire des versements lors de la création de cette cagnotte », et que les fonds ont ensuite été transférés progressivement vers son compte bancaire.
Face aux accusations, le militant d'extrême-droite affirme qu'il s'agirait d'une « erreur » de GoFundMe et assure vouloir reverser l'argent. Une défense qui peine à convaincre, alors que la plateforme indique que le compte bénéficiaire avait été choisi par l'organisateur lui-même. Encore moins convaincant, Messiha affirme également ne pas avoir remarqué les virements, expliquant les avoir confondus avec ceux d'une autre cagnotte qu'il avait lancée en 2023 pour faire face aux dépenses de ce qu'il appelle le « djihad judiciaire » dont il serait victime...
Une justification ubuesque qui en dit long sur le personnage : un professionnel des collectes en ligne, habitué à transformer chaque polémique réactionnaire en opération financière. Dans le cas de l'affaire du vendeur de Geox, il a cherché à se justifier en disant que celui-ci n'avait jamais réclamé la somme. En 2023, il avait déjà récolté près d'un million d'euros pour soutenir le policier auteur du meurtre de Nahel, dans une campagne qui assumait ouvertement son soutien aux violences policières et au racisme d'État.
Pour quelqu'un qui dénonçait régulièrement les prétendus « assistés » et les « profiteurs », l'affaire est pour le moins embarrassante. Mais au-delà de cette nouvelle affaire d'escroquerie, le parcours de Jean Messiha illustre celui d'une extrême droite décomplexée, raciste et autoritaire. Ces dernières années, il s'est illustré par ses appels à « expulser » des militants engagés contre les lois racistes, ou encore par des publications appelant à « exterminer les antifas », finalement supprimées après le tollé provoqué.
Derrière les discours sur la République et l'ordre, on retrouve surtout un agitateur d'extrême droite, habitué des provocations, des campagnes xénophobes et désormais des cagnottes réactionnaires dans lesquelles il semble puiser allègrement.