Répression syndicale : Rennes 2 refuse de renouveler le contrat d'un délégué syndical SUD
Thu, 28 May 2026 15:44:13 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès 4 ans de CDD à Rennes 2, l'université refuse le renouvellement du contrat de travail d'un délégué syndical SUD éducation. Une nouvelle démonstration des méthodes de management brutales et de répression dans l'enseignement supérieur.

L'université de Rennes 2 refuse de renouveler le contrat de travail de Frédéric, délégué syndical SUD Éducation. Ce dernier avait signalé à plusieurs reprises des dysfonctionnements dans le service dans lequel il travaille, le centre de ressources et d'études audiovisuelles (CREA), qui a cumulé 11 arrêts de travail au sein de son personnel. Comme Frédéric l'a expliqué au journal Le Télégramme, « la présidence, au lieu de prendre en charge le problème, a décidé de s'en prendre au messager pour mettre la poussière sous le tapis ».
Le non-renouvellement d'un agent investi d'un mandat syndical nécessite de consulter la « commission consultative paritaire » de l'université, une commission composée pour moitié de représentants de l'administration, et de l'autre, de représentants du personnel élus. Cette commission s'est réunie à huis clos le lundi 18 mai, et a statué du non-renouvellement du contrat de Frédéric, qui a déjà réalisé un contrat en CDD de quatre ans à l'université.
Aucune des pièces sur lesquels l'administration se repose pour justifier sa décision n'a été communiqué à Frédéric. De plus, les représentants de l'administration ont refusé de poser des questions qui auraient pu permettre d'éclaircir ou de contredire les pièces justifiant la non-reconduction. La commission remplit donc un simple rôle d'existence formelle, qui laisse croire aux agents que l'université leur donne la possibilité de se défendre alors même qu'elle n'est là que pour entériner la décision de la présidence sans laisser de place au débat.
Méthodes de management brutales et répression à l'université
Les travailleurs sont devenus la variable d'ajustement dans le contexte d'austérité budgétaire que subit l'université. En 2023, 30% des agents non-enseignants de Rennes 2 étaient en contrat à durée déterminée (CDD), et donc susceptibles de non-renouvellement, même après plusieurs années au sein de l'université, et alors que les postes visés par de telles mesures sont essentiels au bon fonctionnement de l'établissement. C'est un traitement auquel l'université de Rennes 2 a eu recours à plusieurs reprises à l'encontre de ses agents.
Le travail syndical de Frédéric est reconnu à Rennes 2, aussi bien par le personnel que par les étudiants avec lesquels il est en lien lors des mobilisations. Avec sa non-reconduction, ce sont les libertés syndicales et l'ensemble des mobilisations de Rennes 2 qui sont visées. Depuis quelques années, la présidence redouble d'intensité dans sa lutte contre toutes les formes de mobilisations. Le mouvement contre l'austérité universitaire en 2025 en est un bon exemple, avec des interventions de police particulièrement musclées au sein de l'université, ainsi que des expulsions d'occupations. La présidence a désormais mis en place des « fermetures préventives » du campus afin de couper l'herbe sous le pied des mobilisations.
Avec Le Poing Levé, nous dénonçons cette non-reconduction qui n'est ni plus ni moins qu'un licenciement déguisé. La banalisation des contrats précaires permet aux présidences des universités d'appliquer des méthodes de management brutales, et de se débarrasser des agents sans aucune considération ni pour leurs vies personnelles ni pour leurs contributions au bon fonctionnement de l'université.