Casse sociale : Michelin supprime 1 500 postes après avoir distribué des milliards aux actionnaires
Thu, 28 May 2026 22:33:00 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalJeudi 28 mai, la direction de Michelin a annoncé un plan de suppression de 1500 postes. En parallèle, le groupe distribue près d'1 milliard de dividendes et 2 milliards de rachats d'actions à ses actionnaires. Un crachat au visage des travailleurs, qui doivent se mobiliser pour y faire face.

Ce jeudi 28 mai, la direction de Michelin a publié un communiqué pour informer d'un « projet d'adaptation des effectifs en France basé sur le volontariat ». Derrière ces euphémismes patronaux, la direction annonce jusqu'à 1 500 postes supprimés d'ici trois ans, sur les 17 000 que compte encore le groupe en France, soit près de 9% des effectifs. Deux tiers des suppressions visent les fonctions tertiaires – sièges, services, fonctions support – et un tiers touche directement les sites industriels.
La direction, par la voix d'Olivier Faure-Vauris, directeur du personnel France et Europe du Sud, présente l'opération comme un dispositif « sans départ contraint » qui impliquerait, plutôt que des licenciements, des départs volontaires, des préretraites et des ruptures conventionnelles collectives. Mais ces éléments de langage ne doivent pas faire illusion : derrière le « volontariat », c'est bien 1 500 travailleurs qui voient leur emploi menacé, des salariés mis sous pression pour partir, et des conditions de travail encore plus fragilisées.
Pour justifier cette mesure, l'entreprise met en avant dans un communiqué des « niveaux élevés des coûts de production, liés notamment au coût du travail et de l'énergie, ainsi qu'à une pression fiscale parmi les plus fortes des pays industrialisés ». Mais le calendrier de cette annonce est très clair. En effet, le 22 mai 2026, il y a moins d'une semaine, Michelin tenait une Assemblée générale de ses actionnaires, au cours de laquelle ces derniers ont décidé de se verser 1 milliard d'euros de dividendes pour les résultats de 2025, tandis que l'entreprise a entamé en parallèle un rachat d'action de deux milliards d'euros sur la période 2026-2028.
Ainsi, pendant que la direction supprime 1 500 postes au nom d'une prétendue nécessité économique, elle trouve sans peine 3 milliards d'euros à distribuer à ses actionnaires en l'espace de deux ans. Le groupe affiche également un résultat opérationnel de 2,9 milliards d'euros en 2025, et un chiffre d'affaires de 26 milliards d'euros. La « crise » dont parle la direction sert donc en vérité à justifier l'offensive contre les travailleurs.
Du côté des syndicats, SUD dénonce ces plan de suppressions de postes qui, derrière l'argument de la simplification, provoquent des « services désorganisés, davantage de charge de travail, une perte de compétences et une dégradation des conditions de travail ». De son côté la CGT Michelin dénonce « toutes les suppressions d'emplois, partout et sous toutes leurs formes », et revendique le maintien et le développement de tous les sites et emplois, ainsi que l'augmentation des salaires des travailleurs de l'entreprise.
Cette nouvelle offensive ne sort pas de nulle part, mais s'inscrit dans la continuité des fermetures des usines de Cholet et Vannes l'année dernière, qui avaient conduit à la suppression de 1254 emplois. Si cette nouvelle attaque passe, près de 3 000 postes auront été supprimés chez Michelin en France en moins de quatre ans, ce qui représente une saignée méthodique.
Face à cette offensive patronale, la seule réponse à la hauteur est une mobilisation de l'ensemble des travailleurs de Michelin, dans la lignée de la lutte initiée par les travailleurs du site de Cholet, qui a posé les bases d'une résistance dans l'entreprise, et révélé le vrai visage de la direction du groupe. À l'heure où des milliers d'emplois sont menacés dans le public comme dans le privé, il est urgent de porter un plan de bataille pour coordonner les secteurs menacés pour exiger l'interdiction des licenciements et des suppressions de postes, et une augmentation générale des salaires, indexés sur l'inflation.