Bolivie. Pour la fête des mères, des milliers de femmes défilent à La Paz pour réclamer la démission du président
Thu, 28 May 2026 14:10:20 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalUne immense manifestation de femmes a défilé ce mercredi, au départ du cimetière de La Paz, en signe de deuil pour les personnes tuées par la répression gouvernementale. Elles ont condamné la menace d'état d'urgence et appelé les mères des familles boliviennes à retirer leurs fils mobilisés des casernes pour refuser qu'ils puissent tirer sur la population.

Une mobilisation massive de femmes, organisée par diverses organisations, parmi lesquelles Bartolina Sisa, et des femmes venues des 20 provinces du pays, a eu lieu ce mercredi à La Paz. Elles ont manifesté leur désaccord avec l'abrogation d'une loi qui servait de verrou à la mise en place d'un état d'urgence afin d'intensifier la répression des barrages routiers et des mobilisations qui se déroulent dans tout le pays contre les mesures d'austérité du président Rodrigo Paz. Une telle mesure autoritaire est donc désormais facilement applicable par le gouvernement.
En la celebración del Día de la Madre en Bolivia, miles de mujeres recorren La Paz para exigir la renuncia del presidente. Advierten que si sus hijos son utilizados para reprimir la protesta, los retirarán de los cuarteles para sumarlos a la lucha popular. pic.twitter.com/4dUhrnaOhp
— La Izquierda Diario (@izquierdadiario) May 27, 2026
Mobilisées le jour de la fête des mères, les manifestantes ont déclaré, tout en défilant aux côtés de leurs enfants, que si leurs fils étaient appelés à réprimer le peuple, elles se rendraient dans les casernes pour les démobiliser et les retirer de l'armée, afin d'empêcher et de refuser qu'ils tirent sur le peuple. « Le retrait de nos fils qui effectuent leur service militaire, car nous les avons envoyés servir la patrie et non pour qu'ils tuent leur père, leur mère, leurs frères et sœurs, leurs oncles, leurs tantes ou leurs grands-parents (...) Et si cela venait à se produire (qu'on fasse appel à eux pour réprimer), nous demandons à nos enfants de se replier chez eux et de se joindre à la lutte du peuple bolivien », affirment-elles dans un communiqué.
Les femmes, comme on peut l'entendre dans les rues et sur les routes de toute la Bolivie, ont réclamé la démission immédiate du président Rodrigo Paz, tout en défilant vêtues de noir et de rose, en signe de deuil pour les victimes de la répression sanglante. On dénombre à ce jour cinq personnes tuées, dont la dernière est décédée des suites de la répression menée le week-end dernier, dans le cadre de l'opération de déblocage « banderas blancas ».
Ce mardi, lors d'une assemblée populaire organisée hier à Senkata, convoquée par le « Comité de coordination du blocage D8 » (District 8), les représentantes des comités de femmes ont appelé à participer à cette action importante, en s'inscrivant également dans les instances d'auto-organisation mises en place au sein des barrages et en soulignant le rôle clé de celles-ci dans le soulèvement, comme en témoignent les images qui font le tour du monde et qui montrent leur immense volonté de lutter face à ce gouvernement d'austérité qui s'attaque aux droits les plus élémentaires.