Surenchère militariste : le Sénat veut augmenter de 50 milliards le budget de l'armée
Thu, 28 May 2026 21:59:40 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que l'Assemblée nationale a voté une hausse de 36 milliards d'euros pour le budget militaire, le Sénat surenchérit et propose une augmentation de 50 milliards. En pleine guerre impérialiste au Moyen-Orient, l'Etat français confirme sa dynamique de militarisation accélérée.

Depuis mardi 19 mai, les sénateurs discutent de l'actualisation de la loi de programmation militaire, présentée par Macron en janvier, qui proposait initialement une augmentation de 36 milliards d'euros sur la période 2026-2030. En commission, les sénateurs ont adopté plusieurs amendements visant à porter cet objectif à 50 milliards.
En effet, le président de la commission des affaires étrangères et de la défense, Cédric Perrin (sénateur LR), expliquait mercredi 27 mai lors d'une conférence de presse : « plusieurs amendements visant à augmenter le budget de la défense au-delà de la hausse initiale demandée par le gouvernement ont été adoptés et seront débattus en séance publique entre le 2 et le 9 juin ». Une augmentation que Cédric Perrin justifie, auprès du Monde, par « une réalité quotidienne faite d'arrangements budgétaires qui contrarie fortement le rythme du réarmement ».
Cet argumentaire belliciste s'inscrit dans la droite lignée de celui du général Fabien Mandon, qui a par ailleurs été auditionné par le Sénat. Le sénateur souligne, pour justifier la surenchère : « Le texte actuel de la LPM se contente de sincériser les besoins des armées, nous proposons de tirer vraiment les conséquences de la hausse des menaces. C'est une question de cohérence ».
Une augmentation d'ampleur du budget des armées qui fait directement écho aux engagements militaires de la France lors du dernier sommet de l'OTAN à La Haye en juin 2025. Le sommet, fixant une trajectoire pour le budget de l'armée à 5% du PIB pour 2035 (dont 3,5% consacré aux « dépenses militaires centrales » et 1,5% liés aux investissements dans la défense et la sécurité), montre la cadence prise par les puissances européennes dans la militarisation du continent.
Les sénateurs proposent de « lisser dans la durée » les milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2030, afin d'atteindre 2,7 % du PIB. Cette surenchère budgétaire, si elle est adoptée, mènerait les dépenses à 83,9 milliards d'euros pour 2030, contre les 76,3 milliards d'euros prévus initialement. Cela illustre qu'encore une fois, la volonté de l'État et des classes dominantes est de faire de la dépense militaire la priorité absolue, dans un contexte de coupes dans les services publics, d'inflation et de précarisation de la jeunesse, des travailleurs et des classes populaires.
Ces surenchères s'inscrivent dans un contexte de course à la guerre, alors que les puissances européennes soutiennent les Etats-Unis et Israël dans leur guerre au Moyen-Orient. Les discussions autour de la Loi de Programmation Militaire montrent que la dynamique de militarisation bat son plein, et qu'elle est largement partagée à l'Assemblée et au Sénat. Face à leurs guerres et à l'avenir de misère auquel ils nous condamnent, la jeunesse allemande se mobilise par milliers contre le service militaire et nous montre qu'une réponse face à ces plans est possible. Ce sont les travailleurs, la jeunesse et les classes populaires qui ont un rôle central à jouer pour s'opposer à la militarisation de la société et des esprits, et lutter contre la barbarie impérialiste.
Crédits photo : Jackintosh, CC BY-SA 3.0.