Adresse à la COB depuis Senkata : « pas de négociation, il faut les dégager par la grève générale »
Thu, 28 May 2026 16:50:50 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalNous partageons ici l'intervention d'une des représentantes du « Comité de coordination du blocus D8 », qui réunit les militants des points de blocage auto-organisés du district 8 de Senkata. Elle y exprime un rejet catégorique de toute forme de dialogue tant que Paz n'aura pas démissionné. Une intervention saluée.

Bonjour à tous, frères et sœurs. Je vous adresse également mes salutations révolutionnaires.
Nous faisons partie du comité auto organisé du District 8, car c'est nous, en tant que comité, qui avons pris l'initiative de rassembler les habitants face à l'absence et à l'abandon de leurs dirigeants.
En tant que comité, nous avons convoqué des réunions et des assemblées où chacun et chacune a pu s'exprimer ; nous avons passé près d'une semaine à tenir ces réunions et à chaque fois les personnes présentes n'ont demandé qu'une seule chose : d'affirmer que l'objectif était la démission de Paz. Cela me surprend, à vrai dire, que nous continuions ici à parler de dialogue ou de suspension de séance, alors que la base le demande. Nous ne sommes pas les deux seuls ici à les représenter, la bases veut la démission, il n'y a pas d'autre voie.
Je crois que nous n'apprenons pas de nos erreurs. Les camarades qui m'ont précédé ici, ce dimanche, ont parlé du dialogue autour du décret 5503 [en décembre-janvier], du fait que cela devait permettre de subventionner à nouveau l'essence, et qu'au final la situation a empiré : c'est plus cher et c'est de la camelote. Nous n'avons rien gagné là-dessus, et malgré ça, il semble que nous n'apprenions pas de nos erreurs.
Comme l'ont déjà dit les camarades, si on cède sur ça, ils vont encore nous tromper. Je ne sais pas pourquoi on continue de parler de dialogue ou de médiation, le seul objectif est la démission de Rodrigo Paz. Et je tiens également à vous communiquer ceci. En comité, nous avons eu plusieurs discussions avec la base, et le district 8 ne bougera pas. Nous sommes déjà en train de convoquer des comités dans chaque zone, des comités de blocage, et nous nous organisons.
Ce matin, camarades, nous avons subi une répression dramatique : les policiers et les militaires sont venus, prétendant qu'il voulait ouvrir un couloir humanitaire, mais ils sont venus avec des gaz lacrymogènes là où se trouvaient des enfants, des filles, des personnes âgées, et ils les ont quand même gazés. Le district 8 reste donc ferme et exige la démission de Paz. Nous ne changerons pas d'avis sur ça, camarades. En tant que comité, nous avons également reçu des plaintes de la part de certains de nos frères et sœurs. Nous faisons partie des conseils d'habitants, et nous avons aussi reçu des menaces de la part des dirigeants, des présidents de zone.
Avec mon camarade, nous découvrons tout ça, c'est la première fois que nous occupons un poste comme celui-ci, car ce sont les bases qui nous ont élus. Je suis moi-même étudiante à l'université. L'université a considérablement alourdi les formalités administratives. Le décrochage scolaire de mes camarades, qui travaillent au lieu d'étudier, va continuer à s'aggraver si nous n'acceptons pas de lutter pour la démission.
De plus, si Rodrigo Paz tombe, et il doit tomber car tous ceux qui sont là-bas sont des délinquants, toutes les plaintes qu'ils ont déposées contre nous tomberont avec lui. Tous ceux qui nous ont attaqués doivent également tomber, ainsi que toutes les résolutions et tous les décrets. Mais nous appelons aussi à radicaliser les mesures. Appelons les mineurs de Huaguni, de Colquiri, de Coro Coro à se mobiliser, car eux aussi sont menacés par la privatisation des mines.
Je pense qu'il faudrait dès maintenant radicaliser et appeler tous les travailleurs de base dans les mines à se mobiliser, ainsi que toutes les organisations, mais aussi interpeller l'Asemblée populaire dans laquelle il avait été décidé de faire une grève générale. Jusqu'à présent, la grève générale n'est pas mise en œuvre. Dans le district 8, les bases nous demandent où sont ces mesures, parce que nous les soutenons. Je trouve que ce n'est pas normal, c'est un manque de respect envers nos bases, envers les camarades qui sont sur les routes ; elles dorment au bord des routes, et où est donc leur soutien ? Je veux appeler à ce que la grève générale se radicalise une bonne fois pour toutes et que la grève soit mis en place pour que nous puissions en finir une bonne fois pour toutes. Nous venons avec nos frères, d'une province qui se trouve au-delà de Ventilla, de Samo, encore plus loin. Nous avons parcouru tout le trajet à pied et nous sommes arrivées ici en bas, et tout est normal ici à La Paz.
Nous appelons aussi, avec le comité, à contacter les travailleurs de Saka Churu, qui est la décharge de La Paz, à inonder la ville de déchets. C'est comme ça que nous allons radicaliser la situation. Comme l'a dit le camarade électricien qui m'a précédé, les syndicats ont aussi peur. Car que se passera-t-il s'ils sortent d'un coup pour bloquer les routes ou assister à des assemblées et qu'on les menace de les licencier ? Nous devons les soutenir, nous ne devons pas les laisser seuls. Je pense qu'à Saka Churu aussi, ils ont cette peur, mais ils n'ont plus rien à perdre : on leur doit leurs salaires depuis février. Que La Paz croule sous les ordures, camarades et dans quatre jours, tout La Paz se mobilisera pour qu'on vire Rodrigo Paz. Je crois qu'ici, on demande le dialogue, une pause, alors qu'il faudrait radicaliser les mesures et le virer une bonne fois pour toutes avec une grève générale.
Et à ceux qui disent au comité que nous sommes en train de nous isolés, je réponds : nous ne nous isolons pas, les mesures se radicalisent dans les provinces, sur les routes, dans les quartiers, il y a des mobilisations spontanées. Je pense que nous ne sommes pas seuls, nous sommes de plus en plus nombreux, nous nous joignons à la lutte et nous, du District 8, nous poursuivrons également la lutte jusqu'au bout. La démission de Rodrigo Paz est la seule chose que nous demandons depuis le District 8, car ceux qui dialoguent, et c'est ce dont nous parlons avec la base, sont pour nous des traîtres.
Merci.