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Étudiant·es en école d'art : pour un art au service des luttes, venez aux Rencontres du Poing Levé !

Thu, 28 May 2026 12:10:06 CEST

Révolution Permanente

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Alors que les écoles d'art sont de plus en plus touchées par les attaques austéritaires et la censure politique, il est urgent de reconstruire un mouvement étudiant combatif depuis ces lieux d'études. C'est pourquoi Le Poing Levé organise les Rencontres anti-impérialistes, samedi 30 mai à Paris.

Samedi 30 mai, le Poing Levé organise les Rencontres anti-impérialistes à Paris, afin de réunir la jeunesse mobilisée ces dernières années pour Gaza et contre la guerre, en France et en Europe. Les universités et les lycées ont été parmi les pointes avancées des mobilisations, et les écoles d'art ont un rôle à jouer dans ce processus.

Les écoles d'art sous le feu des attaques austéritaires

Les écoles d'art n'échappent pas à la diminution globale des budgets dans l'enseignement supérieur, qui permet la refonte de celui-ci pour répondre au besoin de rentabilité de la bourgeoisie. Ainsi, les filières dites « non rentables » pour le patronat, comme les licences artistiques à l'université, sont les premières à fermer.

D'autre part, le budget du ministère de la Culture a diminué de 200 millions d'euros en 2026, et celui des collectivités territoriales de près de 5 milliards. Les conséquences sont la dégradation, voire la fermeture, des écoles d'art et de design, ou des conservatoires, qui dépendent fortement des collectivités, comme l'ESAD Valenciennes en juillet 2025. Mais c'est l'ensemble du secteur de la culture, dont les étudiant·es en art sont les futurs travailleur·euses, qui est impacté. La région Pays-de-la-Loire avait ainsi procédé à des coupes colossales dans le budget de la culture, tandis que la région Île-de-France avait supprimé les subventions à la librairie Violette and Co pour un livre sur la Palestine. Cette attaque montre que l'austérité est aussi un outil de répression politique.

C'est le cas, par exemple, aux Beaux-Arts de Paris, où l'austérité se traduit par le projet de fusion avec l'école d'architecture de Paris-Malaquais, contre lequel les étudiant·es s'étaient mobilisé·es ; dans le même temps, la direction multiplie les tours de vis autoritaires. Celle de l'ENSCI (École nationale supérieure de création industrielle) a quant à elle fait passer une série de mesures anti-démocratiques telles que l'interdiction de contester les sujets d'enseignements ou de porter atteinte à la réputation de l'établissement.

La répression, pour mettre l'art au service de l'État

Les déficits budgétaires poussent les directions d'école et les présidences d'université à multiplier les partenariats avec les entreprises privées, en échange d'un droit de regard sur le contenu de l'enseignement. Autrement dit, les étudiant·es en art sont destiné·es à devenir les relais d'une propagande d'État de plus en plus militariste et réactionnaire pour pouvoir continuer d'étudier. Par exemple, les étudiant·es de l'école Duperré s'étaient vu proposer de créer de nouveaux uniformes pour la police. Plus largement, les États impérialistes ont besoin de compétences artistiques à leur service, comme des scénaristes pour écrire des œuvres de propagande.

L'objectif des classes dominantes pour les écoles d'art, jusqu'ici relativement épargnées, est donc de mater toute forme de contestation politique. En début d'année, une performance à la HEAR de Mulhouse contre les violences policières a été attaquée de toutes parts, tandis qu'aux Beaux-Arts de Paris, deux étudiant·es ont été convoqué·es en conseil de discipline pour un collage dénonçant l'effacement par l'administration d'un drapeau palestinien peint sur un escalier. Aux deux offensives ont répondu une grande démonstration de solidarité.

En clair, deux projets s'opposent. Celui de la bourgeoisie est de former des artistes qui se tiennent sages, dont le travail s'inscrit dans le statu quo. Le nôtre est de mettre l'art au service des luttes : c'est pourquoi nous allons projeter, lors des Rencontres, le documentaire Mayotte, île sous domination, qui dénonce les ravages de l'impérialisme français dans ses colonies. Un débat sera également organisé, sur le thème « Maccarthysme dans les facs, délit d'opinion, répression politique : s'organiser pour résister ».

Organiser la riposte depuis les écoles d'art

Partout où nous sommes, nous luttons avec acharnement contre les conséquences de l'austérité sur nos études et les conditions de travail des enseignant·es et personnels de nos formations. Ainsi, à la HEAR Strasbourg, au printemps 2024, la direction a dû reculer sur son plan de diviser par deux le nombre de places en première année et de supprimer de nombreux postes par la même occasion. Sur le campus de Saint-Charles, nous avons participé à organiser la mobilisation contre la casse de l'enseignement public au profit de la militarisation.

Mais nous avons aussi soutenu des mobilisations plus larges. En effet, tous les outils créatifs et les compétences spécifiques à nos formations peuvent nous servir pour intervenir comme un sujet collectif dans les mobilisations, décupler leurs voix et tisser des alliances profondes. Lors de la bataille contre la réforme des retraites de 2023, nous avons participé avec les étudiants de la HEAR à créer et vendre nos productions artistiques pour soutenir la caisse des cheminots en grève reconductible à Strasbourg. À Paris, les étudiants de Saint-Charles se sont liés à la grève sauvage de Châtillon. Nous avons renouvelé l'expérience avec le comité créatif à la HEAR qui a apporté 1000 euros à la caisse de grève des ouvriers de Neuhauser, en lutte contre la répression syndicale en Moselle.

Nous sommes donc convaincus que les étudiant·es en art peuvent rompre leur isolement, à la fois vis-à-vis de leurs camarades de promo et du reste du mouvement étudiant. Cet isolement est entretenu par le mythe de l'artiste solitaire et le besoin pour les classes dominantes de séparer les « écoles d'art d'élite » et les « facs poubelles » au travers d'une sélection brutale. Pour s'unir, on ne peut donc pas lutter pour sauver l'enseignement en art tel qu'il existe. D'autres perspectives sont possibles, comme celle de l'atelier populaire des Beaux-Arts en Mai 68. Ce précédent prouve que les étudiant·es en art sont capables de jouer un rôle à part entière de l'autre côté de la barricade, s'ils renouent avec la riche tradition des artistes révolutionnaires.

Les Rencontres anti-impérialistes, pour reconstruire un mouvement étudiant contre la guerre

Le projet que nous défendons pour les écoles d'art est le même que pour l'ensemble des universités : fin de toute sélection, revenu étudiant financé par les grandes fortunes, accès à toutes et tous sans conditions. C'est pourquoi on s'est battus au côté des étudiants des Beaux-Arts de Paris pour l'inscription des étudiants palestiniens fuyant le génocide. De même à l'université de Bordeaux Montaigne, où nous avons imposé l'inscription de deux étudiants gazaouis, avec l'appui des étudiants du département Art qui ont réalisé une fresque pour repeindre la fac aux couleurs de la Palestine.

Pour arriver à ces fins, le mouvement étudiant devra résolument s'opposer aux mesures racistes comme Bienvenue en France 2.0, ainsi qu'à l'escalade militariste qui veut mettre tous les étudiants, et pas seulement les ingénieurs, au service des guerres impérialistes. Il devra aussi se penser à nouveau comme un sujet politique, en alliance avec les autres secteurs exploités et opprimés de la société, et centralement la classe ouvrière, qui la fait tourner.

Si ces perspectives vous parlent, nous vous invitons à les découvrir lors des Rencontres anti-impérialistes, le samedi 30 mai à Paris 8 : les inscriptions sont ouvertes, et vous pouvez venir en bus de Strasbourg, Metz, Lille, Rouen, Le Havre, Orléans, Nantes et Rennes. Plus largement, nous vous invitons à construire Le Poing Levé dans les écoles d'art, là où nous sommes déjà présent·es (UFR de la Sorbonne, de Paris 8, de Bordeaux Montaigne ; HEAR de Strasbourg) et là où nous ne sommes pas encore. Les étudiant·es de la culture ont un rôle à jouer, non pas parce que l'art peut changer le monde, mais parce qu'il peut contribuer à changer la conscience de celles et ceux qui pourraient le changer.

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