Malgré des bénéfices records, Airbus annonce un nouveau plan d'austérité
Wed, 27 May 2026 15:23:03 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAirbus a annoncé la réduction de 10 % des « dépenses non essentielles » pour rassurer les actionnaires. Une annonce scandaleuse qui présage de nouvelles attaques contre les travailleurs du géant aéronautique.

Airbus a annoncé en interne qu'il fallait réduire de 10 % les dépenses « non essentielles » par rapport à l'année 2025. D'après Reuters, il s'agirait principalement de réduire les dépenses de « la division de fabrication d'avions et les activités liées au siège mais n'affectera pas la production ». Airbus recommande de suspendre les projets en cours ou de ne pas en lancer de nouveaux, sauf s'ils sont considérés comme strictement nécessaires à l'activité industrielle.
Un projet qui se place dans la continuité du plan d'austérité « LEAD » de 2024, qui avait fait payer aux travailleurs les erreurs stratégiques de la période Covid à travers des gels d'embauche ou des adaptations du recrutement.
Cette annonce s'inscrit dans un contexte particulier pour le géant de l'aéronautique. Depuis six mois, Airbus a vu son titre chuter de 15,26 %. En effet, le constructeur aéronautique a déjà pris du retard sur ses livraisons d'avions. En cause : les retards de livraison des moteurs de Pratt & Whitney, ainsi que les difficultés persistantes d'approvisionnement en pièces auprès de l'ancienne usine Spirit AeroSystems de Kinston, rachetée par Airbus. À cela s'ajoute également la condamnation en appel dans l'affaire du crash du vol Rio-Paris qui a également contribué à une chute de 3,18 % de l'action d'Airbus.
Le conflit en Iran est venu aggraver cette situation. Avec le blocage du détroit d'Ormuz et l'envolée du prix du kérosène, l'ensemble du trafic aérien se retrouve perturbé. Depuis le début du conflit, près de deux millions de billets auraient ainsi été annulés en Europe afin d'économiser du carburant. Une situation qui menace directement les carnets de commandes d'Airbus et alimente les inquiétudes des investisseurs.
Dans ce contexte, l'annonce de réduction des dépenses vise avant tout à rassurer les actionnaires face à la baisse du titre et à en faire payer le coût aux travailleurs. En effet, derrière cette promesse se cache une nouvelle intensification du travail. Hausse des cadences, pression accrue sur les équipes, dégradation des conditions de travail : la direction entend faire payer aux salariés les quelques difficultés industrielles du groupe.
Pourtant, le groupe a affiché 5,2 milliards d'euros de bénéfices en 2025 et a reversé pas moins de 2,3 milliards de dividendes aux actionnaires. Le carnet de commandes atteint également des records. Dans le même temps, elle a annoncé au début du mois de mai une baisse de plus de 54 % de la prime de participation pour les travailleurs.
Face à cette situation, les travailleurs ont montré qu'ils pouvaient relever la tête début mai. À la suite de l'annonce de la baisse de la prime de participation, des centaines d'entre eux ont débrayé spontanément dans la nuit du 6 au 7 mai pour refuser cette injustice alors que les actionnaires, eux, ne se serrent jamais la ceinture.
Ces débrayages ont montré la voie à suivre : c'est par la mobilisation collective que les travailleurs pourront imposer de meilleures conditions de travail, des augmentations de salaires et mettre un coup d'arrêt à cette logique de course aux profits dictés par des actionnaires qui exploitent le travail des salariés.