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Sainte-Soline : des vidéos identifient le gendarme ayant mutilé Serge après classement sans suite de l'État

Wed, 27 May 2026 10:50:16 CEST

Révolution Permanente

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Alors que la plainte de Serge, gravement blessé à Sainte-Soline, a été classée sans suite, Médiapart et Libération révèlent l'identité du gendarme responsable. Une enquête menée à partir de vidéos qui étaient pourtant entre les mains de la justice, symbole de l'impunité qui règne au sein des forces de répression de l'Etat.

C'était il y a déjà plus de trois ans, en plein mouvement contre la réforme des retraites, que des militants écologistes se sont mobilisés contre la mégabassine de Sainte-Soline. Un événement violemment réprimé, au cours duquel plus de 200 militant·es ont été blessé·es, dont le cas extrêmement grave de Serge Duteuil-Graziani qui est resté dans le coma pendant 3 mois. Serge et trois de ses camarades blessés ont porté plainte contre les gendarmes, mais la poursuite a été classée sans suite en décembre 2025. Ce mardi 26 mai, Libération et Médiapart ont publié une enquête déterminant l'identité du gendarme dont le tir de gaz lacrymogène a failli tuer Serge.

Alors que le parquet de Rennes avait classé la procédure sans suite, sous prétexte que le tireur ne pouvait être identifié après deux ans d'enquête, les révélations de Libération et Médiapart apporte de nouvelles informations.

Les journalistes se sont procurés les plus de 2 000 fichiers vidéos qui faisaient partie de la procédure judiciaire. Des images issues des caméras-piétons des gendarmes qui permettent, en filtrant par rapport à l'heure et à la zone de l'agression, de déterminer précisément que le projectile qui a touché Serge provient de la tourelle d'un véhicule blindé. Le gendarme présent dans ce véhicule avait été interrogé dans le cadre de l'enquête, mais simplement en tant que témoin, alors que les enquêteurs et magistrats disposaient des vidéos permettant de déterminer le tir exact qui a atteint Serge.

Ce n'est pas la première fois que des révélations journalistiques viennent apporter des nouveaux éléments sur des violences policières que le parquet avait classé sans suite. Un schéma qui démontre la nature systémique de l'impunité policière, et de la répression d'État, qui encore aujourd'hui s'abat contre le mouvement écolo.

En novembre dernier, Médiapart et Libération avaient déjà publié des images qui mettaient en avant les méthodes des gendarmes à Sainte-Soline : ils insultaient les manifestants, se réjouissaient de les blesser, recevaient des ordres d'effectuer des tirs tendus, qui sont pourtant interdits. En effet, les gazs lacrymogènes sont censés être tirés en cloche pour exploser en l'air, tandis que les tirs tendus peuvent toucher les manifestants de plein fouet et avoir des conséquences graves. C'est ce qui est arrivé à Serge, touché au crâne par un tir tendu de grenade lacrymogène, créant une fracture de 6 cm de diamètre qui a endommagé son cerveau. Des méthodes de répression extrêmement violentes qui ne sont pas propres aux événements de Sainte-Soline, qui sont régulièrement observées dans la répression des manifestations ou piquets de grève. Ainsi, la barbarie à Sainte-Soline n'est pas le résultat d'erreurs individuelles, mais découle des institutions policières et militaires, qui répriment les militants et maintiennent consciemment une totale impunité dans leurs rangs.

Ces déploiements de violence ont aussi montré la fébrilité d'un gouvernement fragile et impopulaire, face à des mobilisations massives et déterminées. La même répression qui s'est abattue contre le mouvement écolo, contre les syndicalistes combatifs, et les jeunes qui se sont révoltés pour Nahel vise aujourd'hui les soutiens à la Palestine : il est nécessaire d'y opposer un front large. Face à ces répressions d'Etat, il est nécessaire de continuer à exiger justice et vérité pour Serge et tous les blessés de Sainte-Soline, à commencer par ce mercredi 27 mai, à l'occasion du procès en appel des organisateurs des manifestations de Sainte-Soline.

Crédit photo : capture d'écran Médiapart/Libération

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