Réduction de la durée d'indemnisation : l'Assemblée vote une nouvelle attaque contre l'assurance chômage
Wed, 27 May 2026 20:49:22 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe 26 mai, l'Assemblée nationale a voté une loi réduisant la durée d'indemnisation du chômage en cas de rupture conventionnelle. Dans un contexte d'inflation et de course à la militarisation, c'est une attaque de plus de la part du gouvernement et du patronat qui veulent faire payer la crise aux travailleurs.

Ce mardi 26 mai, l'Assemblée nationale a voté une nouvelle attaque contre les droits des travailleurs. Après avoir rejeté le texte en première lecture en avril, les députés macronistes ont finalement approuvé la réduction de la durée d'indemnisation du chômage en cas de rupture conventionnelle. Cette mesure, qui avait d'abord été rejetée par l'Assemblée, entérine un accord négocié entre le gouvernement et plusieurs organisations syndicales en février dernier, au mépris des intérêts des salariés.
Cette réforme de l'assurance chômage va précariser tous les travailleurs qui obtiennent une rupture conventionnelle, avec des effets plus importants pour les chômeurs plus âgés. Pour les chômeurs de moins de 55 ans, la durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle passe de 18 à 15 mois et tour les plus de 55 ans, elle est fixée à 20,5 mois alors qu'elle pouvait atteindre 22,5 mois et même 27 mois pour les plus de 57 ans. La réforme annonce donc une précarisation accrue des travailleurs, dans un contexte où le chômage est à son plus haut niveau depuis 5 ans-> https://www.revolutionpermanente.fr/Le-chomage-bat-des-records-apres-10-ans-de-macronie-et-de-cadeaux-au-patronat] et où il touche particulièrement les jeunes et les travailleurs en fin de carrière.
L'objectif du gouvernement est de réaliser entre 600 et 800 millions d'euros d'économies, selon la Dares, et jusqu'à 1 milliard d'économie dans quelques années. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a affirmé que « dans 40% des cas, les ruptures conventionnelles se substitueraient à des démissions ». Alors même que les ruptures conventionnelles, mises en place en 2008, sont déjà une manière pour le patronat de maquiller des licenciements derrière un « consentement » des salariés, cette loi va s'attaquer aux droits au chômage obtenus pour les maintenir dans des emplois précaires ou mal payés. Les employés sont incités à rester dans leur entreprise, ou à démissionner, et les chômeurs à retourner au plus vite vers des emplois, très souvent précaires, avant que leurs droits expirent.
Cette mesure s'inscrit dans une offensive plus large contre l'ensemble des droits sociaux menées par le gouvernement main dans la main avec le patronat. Le Medef a récemment proposé d'augmenter de 507 à 557 heures le nombre d'heures requis pour accéder à l'intermittence du spectacle, excluant près d'un quart des bénéficiaires actuels. Autre attaque, la loi anti-fraude sociale adoptée le 11 mai, permet désormais à France Travail de couper les revenus d'un chômeur pendant 3 mois sur simple suspicion.
Face à ces offensives, il n'y a rien à attendre des directions syndicales. La CFDT, la CFTC et FO ont signé l'accord avec le gouvernement et si la CGT et la CFE-CGC l'ont refusé, ils n'ont rien fait pour organiser de véritable riposte. La stratégie des directions syndicales a simplement consisté à négocier quelques miettes plutôt que de construire une réponse à la hauteur de ce que le gouvernement essaie d'imposer aux travailleurs. Pour s'opposer à ces projets ultra-austéritaires, qui promettent toujours plus de misère et d'exploitation des travailleurs et des classes populaires, il faut rompre avec la logique du « dialogue social » et commencer à construire une riposte ouvrière offensive. Il faut exiger l'arrêt immédiat de toutes les attaques contre l'assurance chômage, l'interdiction des licenciements économiques, la nationalisation des secteurs stratégiques sous contrôle ouvrier.