Réprimé·es pour avoir manifesté contre l'extrême droite : rassemblement de solidarité au Mans le 2 juin
Tue, 26 May 2026 13:37:31 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalQuatre militant·es comparaîtront le 2 juin devant le tribunal du Mans pour avoir participé à une manifestation contre l'extrême droite. Face à cette nouvelle tentative d'intimidation, un rassemblement est appelé en solidarité à 12h30 place des Jacobins. Contre la répression, faisons front commun.

En février dernier, en pleine campagne municipale, trois militant·es de Révolution Permanente Le Mans, dont les deux têtes de liste, étaient convoqué·es au commissariat pour « participation à une manifestation interdite ». Face à cette tentative d'intimidation, près de 200 personnes, aux côtés d'organisations syndicales, associatives et politiques, avaient exprimé leur solidarité avec les cinq personnes visées par la répression.
Aujourd'hui, la préfecture poursuit son offensive. Le 2 juin, quatre militant·es comparaîtront devant le tribunal de police pour avoir participé à la manifestation antifasciste du 13 décembre dernier. Cette mobilisation, précédée d'un village des droits et des libertés, affirmait une conviction simple : face à l'extrême droite, la seule réponse est l'unité des organisations du mouvement social, la solidarité et la mobilisation collective.
Alors que des groupes royalistes réactionnaires bénéficient de la protection de la préfecture et des forces de l'ordre pour défiler au Mans, ce sont celles et ceux qui s'opposent à l'extrême droite qui se retrouvent aujourd'hui sur le banc des accusés. Cette répression vise à intimider toutes celles et ceux qui refusent la progression des idées réactionnaires.
Pourtant, l'urgence est là. Partout en Europe, l'extrême droite gagne du terrain. En Sarthe, le Rassemblement national cherche à consolider ses positions après sa victoire à La Flèche, où les premières attaques contre le tissu associatif, la culture et l'aide aux réfugié.es ont déjà commencé.
Contre la répression généralisée : solidarité avec tous les militant·es poursuivi·es
La répression qui vise aujourd'hui les militant·es antifascistes du Mans n'est pas un cas isolé. Elle s'inscrit dans un durcissement autoritaire qui frappe toutes celles et ceux qui dénoncent le renforcement autoritaire et militaire et l'impérialisme.
Ce 25 juin, Anasse Kazib et un militant de Révolution Permanente passeront finalement en procès pour des tweets suite à une plainte de l'extrême-droite pro-Israël. Cette vague de répression qui vise aussi Rima Hassan, Omar Alsoumi, Olivia Zemor, Ramy Shaath, n'était qu'un avant goût de ce que proposait le projet de Loi Yadan, la criminalisation du soutien à la Palestine.
La répression frappe également celles et ceux qui s'opposent à la militarisation et à la course à la guerre. À Lyon, lors d'un rassemblement organisé contre l'opération militaire « Orion » sur un campus universitaire, des étudiant·es et militant·es ont été empêché·es d'accéder aux lieux, filmé·es, menacé·es puis soumis·es à des contrôles d'identité par la police pour avoir dénoncé la propagande militaire dans l'enseignement supérieur.
Le mouvement syndical n'est pas épargné. Suite au mouvement des retraites, la CGT recensait 1000 syndicalistes poursuivis. Récemment par exemple, trois syndicalistes à Metz ont été arrêtés et poursuivis pour avoir défendu le droit à l'IVG face à l'extrême droite.
Qu'il s'agisse des militant·es antifascistes, des soutiens à la Palestine, des opposant·es à la militarisation ou des travailleurs, la logique est la même : intimider, isoler et criminaliser celles et ceux qui s'organisent et contestent les politiques du gouvernement et des classes dominantes. La réponse doit être collective. Une attaque contre l'un d'entre nous est une attaque contre l'ensemble du mouvement social.
Combattre l'extrême droite par nos propres forces
La lutte contre l'extrême droite ne peut être faite qu'en indépendance de l'État, par l'auto-organisation du mouvement social et du mouvement ouvrier. En effet, même lorsque l'État prétend combattre les groupes d'extrême droite, il crée en réalité des outils qui vont servir en réalité à réprimer le mouvement social.
Derrière les annonces de dissolutions de groupuscules d'extrême droite, le gouvernement cherche à se présenter comme un arbitre impartial afin de mieux justifier ensuite les attaques contre les organisations antifascistes, les soutiens à la Palestine, les collectifs militants ou les forces de gauche combatives.
C'est par l'auto-organisation, la solidarité et l'unité du mouvement ouvrier, syndical, associatif et politique que l'extrême droite peut être combattue. Le 2 juin au Mans peut être un premier point d'appui vers la construction d'un front capable de faire face aux offensives de l'extrême droite et de l'État. Cela implique de défendre sans réserve les militant·es poursuivi·es, de s'opposer à toutes les mesures répressives et de renforcer nos propres capacités d'organisation et de protection collective. Face aux intimidations, nous devons répondre par l'unité. Face à la répression, par la solidarité. Face à l'extrême droite, par la mobilisation de toutes nos forces.
Le 2 juin à 12h30 devant le tribunal du Mans, faisons bloc contre la répression, parce que manifester contre l'extrême droite n'est pas un crime.