Montpellier : 200 personnes en soutien à Kamal, enfermé en centre de rétention administratif
Tue, 26 May 2026 20:25:20 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mercredi à Montpellier, l'association sportive militante Asteras Montpellier a organisé un rassemblement de 200 personnes pour dénoncer la rétention de Kamal, membre du club de foot. Une offensive xénophobe qui s'inscrit dans une explosion du taux de rétention en CRA ces dernières années.

Ce mercredi 20 mai devant la préfecture de Montpellier, 200 personnes se sont réunies suite à l'appel du club de foot Asteras dont l'un des membres, Kamal, a été arrêté et enfermé dans un CRA (centre de rétention administrative). Une mobilisation pour exiger la libération du militant mais aussi dénoncer la politique d'enfermement des CRA, en solidarité avec l'ensemble des personnes sans-papiers enfermées.
Le vendredi 24 avril, à la gare Saint-Roch de Montpellier, Kamal a été la cible d'un contrôle au faciès : arrêté puis emmené au commissariat, il a été transféré au Centre de rétention administrative de Sète. Après deux audiences, la justice impose une détention jusqu'au 28 mai. Une décision violente illustrant la dynamique de durcissement des mesures de rétention des étrangers.
En effet, le rapport annuel sur les CRA publié par la Cimade, l'association Forum réfugiés, France terre d'asile, Groupe SOS Solidarités, et Solidarité Mayotte pour l'année 2025, que ces collectifs considèrent comme l'une des plus inquiétantes, a révélé que 16 467 personnes ont été enfermés dans des CRA. Une hausse s'inscrivant dans une explosion du taux de rétention ces dernières années : de 2020 à 2024 le nombre de personnes enfermées en CRA a explosé de 79%. Des enfermements plus nombreux qui sont aussi plus longs : en moyenne, la durée de rétention a également fortement augmenté passant de 12.7 jours en 2016 à 33.4 jours en 2025..
Une pratique répressive renforcé par la loi Rodwell, proposé par le député macroniste Charles Rodwell et votée le 5 mai dernier à l'Assemblée Nationale : celle-ci vise à autoriser le prolongement de la rétention à 210 jours pour des pour certains étrangers sous OQTF.
Une attaque aussi violente que les conditions de détention en CRA : le récent suicide de Djelloul Djahafi, un jeune homme de 25 ans au CRA de Lyon le 16 avril illustre les conséquences dramatiques de cette politique d'enfermement, qui détruit l'état physique et mental des personnes retenues. Le 15 mai dernier, au CRA de Sète, un homme de 27 ans a été hospitalisé parce qu'il ne s'alimentait plus, et n'avait pas accès à son traitement contre l'épilepsie.
Dans une circulaire adressé aux préfets l'année dernière, Bruno Retailleau a durci les conditions de régularisation des travailleurs sans-papiers, en rallongeant le délai de présence sur le territoire français nécessaire pour la régularisation, passant de 5 à 7 ans. Un véritable cadeau au patronat, qui offre une main d'œuvre irrégulière. Dans cette politique migratoire, les CRA sont un maillon essentiel dans la fabrique des sans-papiers de l'État français : le rapport de la Cimade montre que si les expulsions sont en baisse, et qu'il y a de plus en plus de personnes qui sont détenus à plusieurs reprises. Une politique de la terreur visant notamment à maintenir les personnes étrangères dans des secteurs particulièrement précaires tels que le BTP, le nettoyage, ou encore le secteur de la livraison, dont les géants du secteur ont été assignés en justice par des livreurs pour traite d'être humains.
Alors que dans la région, le CRA de Sète possède 28 places, la ville de Béziers a été choisie pour construire un nouveau centre de 120 places, dans le cadre d'un plan du gouvernement, visant à atteindre nationalement 3000 places. Un projet qui, comme le rappelle le collectif Béziers Anti-CRA, est soutenu par le maire d'extrême-droite de la ville, Robert Ménard.
Aujourd'hui, Kamal est toujours enfermé dans le CRA de Sète, soutenu par son club et ses camarades, auxquels nous nous associons pour exiger sa libération. Face à l'intensification des politiques xénophobes contre les travailleurs et les étudiants étrangers, nous devons revendiquer la fermeture de tout les centres de rétention administratives, ainsi que la régularisation de tout les sans-papiers et l'abrogation de l'ensemble des lois racistes et xénophobes.