Binet poursuivie pour avoir dénoncé la répression : face à l'offensive de l'Etat, faisons front !
Tue, 26 May 2026 15:17:28 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalSophie Binet a annoncé ce lundi être mise en examen en diffamation pour avoir dénoncé la « répression patronale violente » chez Tefal. Face à cette procédure visant la secrétaire générale de la CGT, et plus largement l'ensemble des militants syndicaux, il faut faire front !

Sophie Binet a annoncé ce matin sur France 2 être poursuivie pour diffamation suite au dépôt d'une plainte par Tefal. L'entreprise lui reproche d'avoir dénoncé une « répression patronale violente » visant Ouria Belaziz, coordinatrice CGT du groupe SEB, lors d'un débat à la fête de l'Humanité en septembre 2025. La dirigeante de la CGT a déclaré que « par cette procédure, Tefal confirme l'ampleur de la répression syndicale et confirme qu'elle essaie de bâillonner les syndicalistes qui s'expriment sur les conditions de travail ou l'impact environnemental des productions ».
Cette offensive fait suite à une première attaque menée il y a six mois par le lobby patronal ETHIC (Entreprises à Taille Humaine, Indépendantes et de Croissance), après que Sophie Binet avait déclaré que « les rats quittent le navire » en réponse aux menaces de certains patrons de quitter la France en cas de hausse des impôts. Elle a déclaré ce matin : « C'est très grave. Deux mises en examen en six mois, c'est un signal d'ensemble envoyé au mouvement syndical, car sur cette base, c'est la quasi-totalité des syndicalistes du pays qui pourrait être mise en examen. »
Alors que Sophie Binet dénonçait déjà, il y a plus de deux ans, une vague de répression syndicale inédite avec plus de 1 000 syndicalistes réprimés, cette nouvelle mise en examen illustre l'offensive systématique menée par le patronat avec l'appui de l'État. En enregistrant ces plaintes, celui-ci contribue à faire pression sur la CGT et à entraver toute dénonciation des pratiques patronales.
Cette nouvelle mise en examen illustre ainsi un nouveau durcissement qui, en visant la tête de la CGT, cherche à faire taire toutes celles et ceux qui luttent contre la répression. L'affaire Ouria Belaziz, représentante CGT des syndicats du groupe SEB, dont Tefal fait partie, est en ce sens emblématique. La militante a ainsi été sanctionnée l'an dernier pour s'être opposée à sa direction en exigeant le respect de la liberté d'expression syndicale et la transparence sur l'utilisation de produits dangereux pour la santé. Un autre salarié et ancien militant CGT est lui aussi poursuivi pour injure et diffamation après avoir témoigné dans une émission l'an dernier. Cette mise en examen contribue ainsi à légitimer la répression en cours chez Tefal, mais aussi à dissuader toute remise en cause des conséquences sanitaires et environnementales de ces productions pour les travailleurs du secteur comme pour l'ensemble de la population.
L'entreprise utilise en effet des PFAS, polluants éternels s'accumulant dans l'environnement et le corps humain, causant notamment des cancers, des troubles cardiovasculaires, métaboliques, hormonaux, immunitaires ou encore du développement fœtal. En bref, une menace à très long terme sur la santé des écosystèmes et des populations. Face au projet de loi prévoyant leur interdiction, l'entreprise n'avait pas hésité à faire un lobbying intensif, et à organiser des mobilisations de salariés qui craignaient des licenciements, obtenant finalement le retrait des ustensiles de cuisine du périmètre de la loi votée en 2024.
Face à ce nouveau durcissement répressif de l'État et du patronat, il est essentiel de faire front et d'opposer la mobilisation la plus large possible. Cette mise en examen vise en effet l'ensemble des militants combatifs et toutes celles et ceux qui dénoncent les attaques patronales contre les droits syndicaux. Si Sophie Binet était condamnée, cela signifierait que toute critique de la répression patronale pourrait désormais être attaquée et poursuivie avec l'appui de l'État, offrant ainsi aux employeurs un nouvel outil pour discipliner et faire taire toute réponse collective face à la répression antisyndicale. Face à cette offensive, les directions du mouvement ouvrier, de la CGT à la CFDT, doivent dénoncer largement cette attaque et construire une riposte d'ampleur nationale contre la répression patronale.