Complice du génocide : al-Sissi arrête les militants du convoi « Résilience 2 » pour le compte d'Israël
Mon, 25 May 2026 21:40:24 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors qu'un convoi humanitaire international tentait de rejoindre Gaza par voie terrestre pour briser le blocus imposé par Israël, plusieurs participants ont été arrêtés par les autorités égyptiennes. Une nouvelle démonstration de la complicité écrasante de la dictature d'al-Sissi dans le génocide à Gaza.

Le convoi humanitaire terrestre « Resilience 2 », parti de Zawiya, en Libye, rassemble plus de 350 militants venus de trente pays différents : Turquie, Algérie, Tunisie, Maroc, Mauritanie, Indonésie, Chine, États-Unis, Allemagne, Espagne, Italie ou encore Royaume-Uni. À travers ce convoi composé de cinquante conteneurs, de logements mobiles et de cinq ambulances entièrement équipées, les participants veulent apporter une aide directe à Gaza, soumise depuis des années au blocus israélien et aujourd'hui plongée dans une catastrophe humanitaire sans précédent, plus deux ans et demi depuis le début du génocide.
Mais avant même d'atteindre Rafah, plusieurs participants ont été arrêtés par les autorités égyptiennes à la frontière avec la Libye, illustrant la volonté des bourgeoisies arabes de saper les initiatives de solidarité avec Gaza.
Cette marche intervient dans un contexte où la solidarité internationale avec Gaza prend de nouvelles formes. Après les grandes mobilisations italiennes, les occupations d'universités, les blocages des livraisons d'armes et la flottille qui tentait récemment de briser le blocus maritime, ces convois terrestres témoigne de la poursuite des mobilisations de soutien au peuple palestinien.
Mais si ces initiatives rencontrent un immense soutien populaire, elles révèlent aussi l'hypocrisie totale des régimes arabes. Car derrière les discours officiels sur la « cause palestinienne », la plupart des bourgeoisies de la région cherchent avant tout à préserver leur propre stabilité et leurs intérêts stratégiques, en se liant à Israël et aux États-Unis et en réprimant férocement toutes les mobilisations de solidarité avec la Palestine.
L'Égypte joue ici un rôle particulièrement révélateur. Le régime d'Al-Sissi maintient fermée la frontière de Rafah et en collaborant étroitement avec Israël. Alors que les oligarques proches du pouvoir se sont enrichis en extorquant les Palestiniens qui fuyaient le génocide et en construisant un immense camp de concentration dans le Sinaï, pour empêcher leur arrivée en Égypte, dans l'hypothèse où Israël déciderait de les expulser définitivement, le régime a mis les 100 000 réfugiés qui ont réussi à quitter Gaza sous une surveillance constante. De manière plus générale, Le Caire tente surtout d'empêcher que la colère populaire face au génocide à Gaza ne se transforme en mobilisation politique régionale. La peur d'un soulèvement des masses reste une obsession centrale pour des régimes autoritaires fragilisés par une profonde crise économique et sociale.
À l'heure même où l'échec de l'impérialisme étasunien en Iran, la crise existentielle des monarchies du Golfe, pourvoyeur de fonds de la plupart des régimes réactionnaires du Moyen-Orient, et la force morale qu'un recul décisif des États-Unis pourrait redonner aux travailleurs et aux classes populaires affaiblissent comme jamais les régimes complices du génocide.
La violente répression du convoi montre avec clarté de quel côté se situent les bourgeoisies arabes : aux côtés d'Israël, dans sa guerre contre les Palestiniens. Plus que jamais, c'est grâce à la mobilisation des travailleurs et des classes populaires partout dans la région qu'il sera possible de mettre fin au génocide en privant l'État d'Israël de ses soutiens arabes. Face à la collaboration des régimes autoritaires de la région avec Israël, soutenus par l'impérialisme étasunien et européen, la mobilisation des masses arabes est décisive. Elle seule pourra mettre fin au carnage de Gaza et ouvrir le chemin vers la libération de la Palestine et la création d'un État socialiste de Palestine, où juifs, musulmans, chrétiens et druzes pourront vivre en paix, dans le cadre d'une fédération des États socialistes du Moyen-Orient. Pour que les convois vers Gaza puissent avoir lieu, un détour place Tahrir s'impose.
En France, cela implique de lutter non seulement contre le génocide à Gaza, mais aussi contre notre propre impérialisme, contre les ventes d'armes, contre la criminalisation du mouvement Palestine et contre tous les gouvernements qui soutiennent l'ordre impérialiste au Moyen-Orient. C'est dans cette perspective qu'il est nécessaire de construire une mobilisation durable de la jeunesse et des travailleurs contre la guerre et l'impérialisme. Les prochaines Rencontres anti-impérialistes du Poing Levé à Paris ce 30 mai seront justement l'occasion de discuter des moyens de renforcer cette lutte et de faire renaître un anti-impérialisme ouvrier et internationaliste à la hauteur de la situation historique que nous traversons.
Crédits photos : capture d'écran AfricaNews.