Hausse des frais pour les étudiants étrangers : tous dans la rue le 26 mai contre l'offensive raciste
Fri, 22 May 2026 17:26:44 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que le ministre de l'ESR a publié le décret mettant fin à l'exonération des frais d'inscription pour les étudiants étrangers hors-européens, l'intersyndicale ESR et l'assemblée générale inter-facs appellent à une nouvelle date de mobilisation nationale ce 26 mai. Une journée qui doit ouvrir la voie à une riposte contre cette mesure raciste et la destruction de l'université publique.

Ce 20 mai, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a publié au Journal Officiel, son décret visant à multiplier par 16 les frais d'inscription des étudiants étrangers « extra-communautaires ». Une attaque brutale contre l'ensemble du mouvement étudiant, qui vise les plus précaires, en faisant passer leur frais d'inscription à 2895 € en licence et 3941 € en master, contre respectivement 178 € et 255 € pour les droits actuels.
A Paris, plusieurs centaines d'étudiants, de personnels et de militants ont défilés le 12 mai à l'appel de l'intersyndicale de l'Enseignement supérieur, contre l'application de cette mesure raciste et xénophobe. Des rassemblements et manifestations liant étudiants et personnels se sont aussi tenus à Rennes, Montpellier, Marseille et Toulouse, entre autres. Les personnels et étudiants mobilisés ont ainsi appelé à reconduire et à amplifier la mobilisation pour ce 26 mai, partout en France. Plusieurs instances représentatives, à Nanterre, Paris-Cité ou Bordeaux-Montaigne, ont également voté des motions affirmant leur rejet de cette mesure, à l'initiative du Poing Levé et d'autres organisations étudiantes.
Cette journée avait lieu le même jour que le vote du décret au Conseil national de l'Enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), qui l'a massivement rejeté : 62 voix contre et seulement 2 pour. Un symptôme de la forte impopularité de la mesure, car cette instance, consultative, est essentiellement composée des « représentant·es des Grands Intérêts de la Nation » et des divers acteurs de l'ESR.
Le gouvernement a relevé de 10 à 20 % la part maximale d'étudiants pouvant être exonérés des frais différenciés, tout en proposant une mise en œuvre progressive sur plusieurs années. Une parade qui cherche surtout à contenir les critiques d'une partie des présidences d'université, afin de s'assurer que ces dernières continuent d'appliquer les réformes de casse de l'université.
Pour l'exécutif, la fin de l'exonération des frais d'inscription pour les étudiants étrangers extra-communautaires constitue une avancée importante dans son projet plus global de néo-libéralisation de l'université, en chassant les étrangers et les classes populaires, au profit des élites et des intérêts privés. Une transformation de l'Enseignement supérieur que les gouvernements successifs ont cherché a accéléré ces dernières années avec les réformes « d'autonomisation » de l'université, les diverses cures austéritaires ou offensives répressives contre les mobilisations et les expressions politiques dans les établissements. Si les mobilisations étudiantes et lycéennes de 2018 avaient contraint le gouvernement à faire un pas de coté en temporisant sur l'application de la réforme « Bienvenue en France », en laissant la possibilité aux présidences d'universités d'exonérer les étudiants étrangers, celui-ci est désormais résolu à faire appliquer ses politiques à marche forcée.
C'est pourquoi il est primordial de construire dès maintenant les conditions d'une riposte large des étudiants et des personnels contre cette mesure, qui préfigure une augmentation généralisée des frais d'inscription pour l'ensemble des étudiants, comme l'appelle déjà de ses vœux le MEDEF.
Alors que cette mesure va plonger dans une précarité déjà importante des milliers d'étudiants étrangers, et qu'elle ouvre à une hausse des frais d'inscription pour tous, il faut construire un rapport de force à la hauteur de l'attaque. La journée de mobilisation du 12 mai a montré qu'il y avait une colère importante chez les personnels et les étudiants, mais aussi que cette réforme était largement méconnue par la plupart des étudiants.
Le 12 mai a aussi rappelé les limites des simples oppositions institutionnelles : malgré le rejet massif du CNESER, le gouvernement a fait passer en force son décret et entend poursuivre sa politique de sélection sociale. L'enjeu pour le mouvement étudiant et d'informer à large échelle du passage de cette réforme, et de faire tout son possible pour élargir la mobilisation. C'est à cela que doit servir la mobilisation du 26 mai.
Pour cela, le mouvement étudiant doit s'inspirer des précédentes mobilisations qui ont contraint les classes dirigeantes à reculer. De la mobilisation de 2018, à celle de 2006 qui a fait tomber la réforme du CPE ou encore celle de 1968 qui a ouvert largement les portes de l'Université, c'est par l'auto-organisation et la construction d'un mouvement étudiant national, uni avec les personnels et les travailleurs en lutte contre Macron, que nous pourrons affronter le plan de la bourgeoisie pour l'université.
Ce 26 mai il faudra donc être nombreux et nombreuses dans la rue, à 12h place de Jussieu à Paris, mais aussi à Marseille, Rennes ou Montpellier ou des rassemblements sont déjà appelés. Des démonstrations qui doivent présenter un point d'appui pour la construction d'une mobilisation plus large, à l'échelle nationale qui revendique :