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La préfecture de Paris met à la rue 450 personnes : exigeons la réquisition des logements vides !

Fri, 22 May 2026 16:24:17 CEST

Révolution Permanente

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Le 15 mai, des centaines de personnes ont manifesté contre la fermeture du plus grand centre d'hébergement d'urgence parisien et l'expulsion de 400 personnes précaires, souvent sans solution de relogement. Face à un État qui organise la crise du logement, revendiquons la réquisition des logements vides.

Ouvert pendant la crise sanitaire du Covid-19, l'Escale avait vocation à héberger les personnes à la rue pendant le confinement, puis des personnes fuyant la guerre en Ukraine dès le début du conflit. Aujourd'hui, la Préfecture de Paris invoque une évolution du cadre juridique et humanitaire autour de l'accueil des réfugiés ukrainiens pour justifier la fermeture du plus grand centre d'hébergement d'urgence parisien, alors même qu'ils n'occupent désormais plus que 49 places sur 400.

Pour vider le bâtiment tout en tentant de masquer la violence sociale d'une remise à la rue de centaines de personnes, la préfecture déploie ses habituelles fausses solutions : des orientations dans des sas d'accueil en région. Mobilisées à chaque expulsion de campement, de squat ou d'occupation, ces propositions sont temporaires et inadaptées. Elles éloignent les personnes de leur suivi médical et administratif, de l'école de leurs enfants, de leur réseau de solidarité. Les rares personnes qui acceptent ces orientations sont souvent de retour dans la rue quelques semaines plus tard, faute de solutions durables.

C'est ainsi que le 28 avril, les personnes hébergées à l'Escale ont reçu une lettre de la préfecture et de Coallia, gestionnaire du site, leur laissant 48 heures pour quitter les lieux. Face à cela, plusieurs dizaines de personnes ont refusé le sort que l'État leur impose et ont décidé de ne pas évacuer le lieu. Soutenues par l'association Utopia 56, elles dénoncent les intimidations et les pratiques maltraitantes visant à les faire céder : « Douches à l'eau froide, climatisation activée la nuit, suppression des distributions alimentaires, menaces d'intervention policière, comportements agressifs, intrusions nocturnes dans les chambres. »

Le 15 mai, ce sont des centaines de manifestants qui, en solidarité avec les personnes hébergées, se sont opposés à l'expulsion du bâtiment. Aujourd'hui, les quelques personnes qui occupent encore le lieu ont perdu leur droit d'entrée et de sortie : si elles quittent le bâtiment, elles ne peuvent plus y rentrer. Elles sont désormais condamnées à rester enfermées, sous la menace d'une intervention policière, si elles ne veulent pas dormir dehors.

La mairie, elle, reste sourde aux revendications des personnes mobilisées et se dédouane de ses responsabilités en invoquant la responsabilité de l'État. Une hypocrisie dont la mairie PS est coutumière alors que la création de places d'hébergement d'urgence figurait dans le programme d'Emmanuel Grégoire, qui multipliait encore récemment les déclarations creuses sur la réquisition des logements vides.

Réquisition des logements vides : une revendication d'urgence face à la crise

Cette situation illustre une crise sociale profonde, dont les chiffres sont accablants : [en janvier 2026, 3 857 personnes ont été recensées dans la rue à Paris] lors de la Nuit de la Solidarité->https://www.paris.fr/pages/nuit-de-la-solidarite-2026-33001], 10% de plus que l'année dernière. Partout, les dispositifs du Samu social sont saturés et de nombreuses personnes n'ont même pas de réponses à leurs appels au 115. En parallèle, de plus en plus de gens sont condamnés à vivre dans des conditions d'insalubrité qui s'aggravent, alors même que leurs loyers stagnent voire augmentent.

Si le mal-logement s'aggrave, comme l'identifie la fondation pour le logement dans son dernier rapport annuel, c'est de la responsabilité des institutions qui, par leurs budgets austéritaires, leur politique répressive et pro-patronale (coupe dans les APL, attaques sur le secteur des HLM, précarisation administrative des étrangers, augmentation record des expulsions locatives, sous-dotation structurelle en places d'hébergement d'urgence…), organisent la crise.

Face à cette catastrophe sociale organisée par les institutions, une seule réponse est à la hauteur : la réquisition des logements vides. À Paris, pendant que des milliers de personnes dorment dans la rue, on compte environ 300 000 logements vides. Leur réquisition permettrait à elle seule de loger l'ensemble des personnes survivant à la rue en France.

Face aux propriétaires immobiliers qui profitent financièrement de la crise du logement et à un État qui défend leurs intérêts, le problème du mal logement ne se résoudra pas grâce à la bonne volonté de tel ou tel élu. Seule la mobilisation collective des personnes concernées, des locataires, des travailleurs et de la jeunesse, en indépendance de l'État, peut imposer la réquisition des logements vides. C'est une nécessité vitale pour mettre fin à une urgence sociale qui touche aujourd'hui des millions de personnes dans tout le pays.

Crédits photo : Capture d'écran d'une vidéo de Utopia 56.

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