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Victoire ouvrière : Samsung cède face à la menace d'une grève massive pour les salaires

Fri, 22 May 2026 14:32:19 CEST

Révolution Permanente

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Sous la menace d'une grève nationale de 18 jours, Samsung Electronics a cédé aux revendications de ses salariés : +6,2 % de hausse salariale et 12 % des bénéfices reversés en primes. Une victoire pour les 78 000 employés sud-coréens du géant des semi-conducteurs, qui suscite la colère des actionnaires, et qui appelle à aller plus loin.

Samsung Electronics, principale composante du géant sud-coréen Samsung, vient d'annoncer une hausse des salaires de tous ses employés sud-coréens de 6.2%. Il leur reversera en outre 12% de ses bénéfices sous forme de primes. Une victoire pour les 78 000 salariés du groupe, concédée par la direction de l'entreprise dans la nuit de mercredi 20 à jeudi 21 mai, alors qu'une grève nationale de 18 jours devait commencer ce jeudi.

Dans la foulée de ces annonces, le Korea Shareholder Action Headquarters, qui regroupe plusieurs des principaux actionnaires de l'entreprise, a protesté et annoncé user de « de tous les moyens légaux disponibles » pour « bloquer tout décaissement de fonds ».

Depuis plusieurs années, Samsung engrange des profits records sur fond de développement de l'IA. Pourtant, ces profits, fruit du travail des quelque 125 000 salariés sud-coréens de la corporation - dont 78 000 sont employés dans sa branche Electronics - ne bénéficient qu'à la poignée de grands actionnaires du groupe.

Un premier rassemblement avait réuni 40 000 salariés à Pyeongtaek le 23 avril pour dénoncer cette situation et exiger une série de concessions de la part du patronat du conglomérat. Leurs revendications principales étant une hausse de 7% de tous les salaires et la redistribution de 15% des bénéfices sous forme de primes aux employés.

C'est donc une version quelque peu édulcorée de ces revendications qui vient d'être concédée par la direction de l'entreprise et par des représentants du gouvernement sud-coréen, à l'issue d'ultimes négociations la nuit précédant le début de la grève.

Il s'agit néanmoins d'une importante concession. À la fois parce que les primes individuelles arrachées par la lutte représenteront environ 509 millions de Won sous forme d'actions par salarié sur 10 ans, soit 290 000 euros, mais aussi parce que Samsung n'est pas n'importe quelle entreprise. Il s'agit du plus puissant des chaebol sud-coréens, nom donné aux méga-corporations qui dominent la vie politique et économique du pays. Il y a quelques décennies encore, le patronat de Samsung était un pilier du régime militaire ultra-libéral qui dirigeait le pays et était à la tête d'un puissant réseau de briseurs de grèves.

Alors que le pays est toujours plongé dans une importante crise politique, et qu'un coup d'Etat a été mis en échec par la classe ouvrière il y a à peine un peu plus d'un an, cette nouvelle démonstration de force témoigne de la force dont disposent les travailleurs.

Les salariés de Samsung Electronics doivent confirmer ce vendredi par un vote s'ils acceptent ou non les concessions patronales. Mais quoi qu'il en résulte, cette grève victorieuse avant même d'avoir commencé peut et doit servir d'inspiration à l'ensemble de la classe ouvrière coréenne et aux travailleurs du monde entier. Alors que les gouvernements en crise multiplient les attaques austéritaires partout sur la planète, c'est par le rapport de force qu'il est possible de les faire reculer. Pour les travailleurs de Samsung et des autres chaebol de la Corée du Sud, un pays totalement soumis aux intérêts de l'impérialisme étasunien, c'est aussi le signe qu'il est possible d'aller encore plus loin.

Crédit photo : Compte X du Diario Socialista

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