Viols, blessures par balle, humiliations : les militants de la flottille racontent les tortures israéliennes
Fri, 22 May 2026 19:31:28 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès leur interception à des kilomètres de la bande de Gaza, les militants des flottilles ont subi de nombreuses violences, psychologiques, physiques et sexuelles de la part d'Israël. Un système de torture systémique quotidiennement utilisé contre les Palestiniens.

Plusieurs militantes et militants de la Global Sumud Flotilla parmi les 428 interceptés le 18 mai, ont récemment témoigné des violences, notamment sexistes et sexuelles, qu'ils ont subies de la part des soldats de l'armée israélienne. Thiago Avila, membre brésilien de la Global Sumud Flotilla, a dévoilé dans une vidéo les méthodes de torture et d'humiliation mobilisées par l'armée israélienne.
Il rapporte notamment que des militants « ont été violés » et il dénonce « de nombreux cas de violences sexuelles » alors qu'ils étaient transportés en bateau-prison vers le port d'Ashdod. Plusieurs militantes ont recensé au moins 15 à 50 cas de violences sexuelles. Durant le trajet vers Israël, ils ont vécu dans des espaces étroits et sombres, forcés à dormir dans le froid, isolés dans des containers, séparés en plusieurs groupes et sans possibilité de communiquer entre eux. Beaucoup de militants ont été battus, ont des côtes cassées, des fractures aux bras, à la clavicule, voire se sont faits tirer dessus comme c'est le cas pour Mecit Bahçivan.
Plusieurs militantes et militants rapportent des conditions comparables à celles d'un camp de concentration, où la violence physique et l'humiliation sont quotidiennes. Le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a d'ailleurs mis en scène l'arrivée de la flottille, se filmant en train d'agiter le drapeau israélien devant les 428 militants forcés de s'agenouiller, les mains liées dans le dos.
Comme le rappellent Thiago Avila et plusieurs militants, ce qu'ils ont vécu n'est qu'une infime fraction de ce que vivent les plus de 11 000 otages palestiniens détenus en Israël, parmi lesquels 400 enfants. Ces méthodes sont en effet courantes alors que l'État d'Israël utilise systématiquement le viol comme une méthode de torture contre les Palestiniens, allant même jusqu'à entraîner des chiens à cette fin. Dans les prisons israéliennes, comme celle de Ketsiot, où les militants ont été retenus, cette pratique est courante.
Le Centre Palestinien pour les Droits Humains (CPDH) a recueilli plusieurs témoignages d'anciens otages qui ont révélé « une pratique systémique et organisée de torture sexuelle, dont le viol, le déshabillage forcé, le filmage forcé, l'agression sexuelle à l'aide d'objets et de chiens, en plus d'une humiliation psychologique délibérée visant à détruire la dignité humaine et à effacer entièrement l'identité individuelle ». Des faits qui ont été confirmé par l'organisation israélienne B'Tselem, qui a regroupé des témoignages au cours de dizaines d'années d'activité.
Cette violence systémique de l'État israélien contre les Palestiniens et tout ceux qui luttent contre la colonisation de la Palestine montre la nature radicalisée de l'État sioniste qui poursuit le génocide à Gaza, l'annexion de la Cisjordanie et la dévastation du Liban, avec la complicité de toutes les puissances impérialistes. Comme le dit Thiago, « nous devons descendre dans les rues » et construire un grand mouvement de solidarité avec le peuple palestinien qui lutte pour mettre fin au génocide et se prononce pour la défaite du camp génocidaire dans la guerre impérialiste contre l'Iran et le Liban.