« Mes rêves s'envolent à cause de Bienvenue en France » : un étudiant étranger d'Aix Marseille témoigne
Thu, 21 May 2026 23:21:22 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalMercredi 20 mai, le gouvernement a adopté la mise en place de l'augmentation par 16 des frais d'inscription pour les étudiants étrangers extra-européens. Yucef, étudiant étranger de l'université d'Aix-Marseille, qui met en place la mesure depuis cette année, témoigne des conséquences terribles de cette attaque raciste sur sa vie, et celle de milliers d'autres.

Mercredi 20 mai, le décret visant à mettre en place l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers extra-européens a été publié au Journal Officiel. Alors que jusqu'ici, seules 10 universités appliquait « Bienvenue en France », ce décret signifie la mise en place de frais différenciés pour ces étudiants partout en France. C'est notamment le cas à Aix-Marseille, qui applique la réforme raciste depuis 2022.
Alors que les étudiants étrangers sont déjà en première ligne de l'austérité et de la précarité étudiante, et subissent quotidiennement le racisme d'État, nombre d'entre eux s'inquiètent de ne pas pouvoir continuer leurs études, voire de ne pas pouvoir rester en France.
Yucef*, étudiant étranger en Lettres à Aix-Marseille Université, témoigne de la situation de détresse dans laquelle cette attaque le plonge : « Des réformes comme celle-ci viennent mettre en danger la vie de nombreux étudiants comme moi, déjà en précarité extrême ». L'accès aux études est déjà entravé par de nombreux obstacles : « Entre loyer, nourriture et dépenses, en passant par les charges sociales et mentales, dépenser 3000 euros en plus par an est tout simplement impossible ».
Être étudiant étranger en France veut dire avoir des difficultés en plus de celles que vivent les étudiants européens pour se loger, car ils n'ont pas accès au CROUS dans plusieurs régions. Pouvoir payer son loyer et subvenir à ses besoins est une autre difficulté majeure, alors même que la condition d'étudiant étranger ne permet pas de travailler au-dessus de 20h par semaine.
« J'ai quitté ma famille pour vivre leurs rêves, celui d'étudier à l'étranger, mais arrivé ici, petit à petit, ces mêmes rêves s'envolent à cause du coût de cette vie » témoigne Yucef. Il sera contraint d'abandonner son cursus, après deux années à se battre contre la précarité déjà imposée pour pouvoir rester à l'université et obtenir son diplôme. « Aujourd'hui c'est la désillusion, moi qui voulais tant obtenir mon diplôme ici, je suis rattrapé par cette réalité injuste ».
La situation de Yucef est loin d'être isolée. Alors que plusieurs milliers d'étudiants étrangers sont concernés, et vont être plongés dans une situation encore plus précaire et incertaine que celle qui est la leur, le mouvement étudiant doit réagir. Alors qu'une journée de mobilisation aura lieu à l'échelle nationale mardi 26 mai contre « Bienvenue en France », étudiants, lycéens et personnels doivent s'en saisir pour construire une mobilisation plus large contre les plans racistes et austéritaires du gouvernement.
*Le prénom a été modifié.