Les militants de la flottille libérés par Israël après avoir subi tortures et humiliations
Thu, 21 May 2026 19:28:23 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe jeudi, Israël a libéré les 428 militants de la flottille sur fond de scandale autour du traitement qui leur a été infligé. Des violences auxquelles les dirigeants israéliens et leurs alliés ont répondu par une hypocrisie écœurante, en feignant l'indignation tout en continuant de perpétuer un génocide.

Dans la nuit du 19 au 20 mai, les militants de la Flottille Global Sumud qui faisaient route vers la bande de Gaza ont été enlevés par Israël. Ce jeudi, sous la pression de la mobilisation internationale, Israël a finalement annoncé avoir expulsé l'ensemble des militants. Une libération annoncée en fin de matinée par l'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, assurant la représentation légale et la défense des militants de la flottille : « La majorité des participants sont en cours de transfert vers l'aéroport Ramon [près d'Eilat, dans le sud d'Israël] afin d'être expulsés par avion ».
Des tortures imposées aux militants de la flottille
La décision d'Israël survient après que les images glaçantes, montrant l'accueil que l'armée israélienne a réservé aux militants arrêtés illégalement, aient fait le tour du monde. Ces derniers ont été contraints avec violence de baisser la tête et de s'agenouiller front contre terre ; le tout accompagné fièrement par le ministre de la Sécurité nationale d'extrême droite, Itamar Ben Gvir, qui agitait d'un air triomphant un drapeau israélienne déclarant « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous ».
️ ALERTE INFO — Les membres de la flottille kidnappée par Israël en eaux internationales subissent DES HUMILIATIONS de la part d'Itamar Ben-Gvir et des forces de police israéliennes. pic.twitter.com/I6We3CPivu
— Focus (@FocusinfosFr) May 20, 2026
Les avocats d'Adalah déclarent avoir reçu un grand nombre de plaintes pour violence extrême, qui révèlent un nouveau mode de sévices physiques délibérément employé par les autorités israéliennes. L'armée israélienne a contraint les militants à adopter des positions douloureuses ; lors de leurs déplacements dans le port, ils ont été forcés de marcher complètement courbés vers l'avant, tandis que des gardes leur maintenaient violemment le dos baissé. Des participants ont également été contraints de rester agenouillés à l'intérieur du bateau pendant de longues périodes.
Les témoignages signalent également un recours fréquent à des pistolets à impulsions électriques (tasers) contre les participants, ainsi que des blessures provoquées par l'usage de balles en caoutchouc lors de l'interception des bateaux de la flottille et à bord du navire militaire vers lequel les participants ont été transférés. Les avocats ont recensé des dizaines de participants présentant de possibles fractures des côtes, accompagnées de difficultés respiratoires. La violence perpétrée par l'armée israélienne a causé des blessures graves et étendues, qui ont conduit au moins trois personnes à être hospitalisées puis libérées. Sur des photos sur les réseaux, on peut voir les marques sur les corps de différents militants arrivés à Istanbul.
Flotilla participants are arriving at Istanbul airport. This is what Israel military and prison personnel did to them. pic.twitter.com/DbbXxJWi55
— Heidi Matthews (@Heidi__Matthews) May 21, 2026
À ces sévices physiques se sont ajoutés des actes de dégradation grave, de harcèlement et d'humiliation à caractère sexuel. Par ailleurs, plusieurs participantes se sont vu arracher leur hijab par les autorités israéliennes. En plus de ces traitements physiques et psychologiques, les avocats ont également fait état de violations systémiques des droits de la défense.
L'hypocrisie d'Israël et de ses soutiens face à la répression
La répression des participants de la Flottille a fait le tour du monde sur les réseaux sociaux et indigné des milliers de personnes, jusqu'à l'intérieur du gouvernement israélien. En particulier, la publication du ministre de la Sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, a été critiquée par le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, et même par Benjamin Netanyahou, évoquant un traitement qui ne serait pas « conforme aux valeurs d'Israël ».
Des déclarations aussi hypocrites qu'écoeurantes, alors que la barbarie génocidaire d'Israël continue. Tandis que les Palestiniens meurent encore sous les bombes à Gaza, que la colonisation en Cisjordanie s'accentue, le Parlement israélien vient de voter une loi généralisant le recours à la peine de mort pour les Palestiniens. Même hypocrisie du côté des soutiens d'Israël, qu'il s'agisse de l'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, ou de Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, qui ont accompagné le génocide depuis octobre 2023 mais feignent l'indignation face au scandale international.
Le traitement des membres de la Flottille fait tristement écho aux tortures physiques et psychologiques subies par Saif Abukeshek et Thiago Ávila, qui avaient été incarcérés au moment de la première interception. Mais il jette également la lumière sur les traitements, d'une brutalité et d'une ampleur sans commune mesure, que vivent les 7000 prisonniers palestiniens qu'Israël maintient enfermés dans ses prisons. Alors que la flottille Global Sumud a permis de rappeler que le génocide continuait, il faut plus que jamais continuer de s'organiser pour soutenir le peuple palestinien et le combat pour son auto-détermination et contre l'Etat colonial et génocidaire d'Israël.