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Accusation d'« extrémisme », arrestations : en Russie, un mois des fiertés sous la répression d'État

Thu, 21 May 2026 21:56:35 CEST

Révolution Permanente

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Alors que la communauté LGBT+ brandira son drapeau pour le mois des fiertés qui débutera ce 1er juin, en Russie, les organisations et les militant-es queer sont de plus en plus criminalisé-es par le gouvernement. Elles font le bilan de plusieurs années noires qui se sont aggravées depuis la guerre en Ukraine.

Ce début de semaine, l'association « T9 NSK » destinée aux personnes transgenres et LGBT+ a été qualifiée d'« extrémiste » par le tribunal de district de Novossibirsk, sous prétexte qu'elle attaquerait les valeurs spirituelles et morales de la nation.

Des méthodes de répression qui pleuvent dans toute la Russie depuis des mois. Le 27 avril 2026, le tribunal de Saint-Petersbourg a également qualifié le Réseau LGBT russe, l'organisation qui a exfiltré de nombreuses personnes LGBT+ de la république tchétchène face aux persécutions du régime de Kadyrov, d'« organisation extrémiste » et interdit ses activités sur tout le territoire national. Même traitement deux mois plus tôt pour quatre autres groupes LGBTI : Vykhod (« Coming out ») à Saint-Pétersbourg, le Centre de ressources LGBT d'Ekaterinbourg, le Centre communautaire de Moscou pour les initiatives LGBT+, l'association LGBTI Irida à Samara et Parni+, un projet médiatique orienté sur les thèmes LGBT+. Au total, c'est neuf organisations LGBT+ qui ont été interdites depuis le début d'année par l'Etat russe.

Comme le rappelle Amnesty International, à la fin de l'année 2025, au moins 23 procédures pénales ont été engagées pour « extrémisme » en lien avec des activités LGBT+. Ces décisions réactionnaires, qui se multiplient et se durcissent, sont dans la continuité des attaques intentées à l'encontre de la communauté LGBT+ depuis des années. En 2022, le Parlement russe avait déjà adopté en troisième lecture une loi interdisant la « propagande LGBT » en Russie, étendant à toute la population la loi interdisant la « propagande gay » auprès des mineurs, en vigueur depuis 2013, et assimilant les personnes LGBT+ à des pédophiles.

Alors que, depuis le début de la guerre en Ukraine, des centaines de milliers de Russes sont décédés sur le front, Poutine accélère sa politique nataliste, appelant au respect du cadre de la famille nucléaire, afin d'assurer la future main d'œuvre du pays. Tout en dégradant l'accès à l'avortement et à la contraception, il traque les personnes LGBT+, les enfermant au même titre que des prisonniers politiques, pour avoir écorné la norme hétérosexuelle et patriarcale. En somme, une politique du « réarmement démographique » d'un État en guerre.

Cela donne lieu à des offensives spectaculaires, comme les violents raids policiers contre les boîtes LGBT et les soirées drag, ainsi qu'à l'ouverture de poursuites contre les gérants de ces lieux. Ce 23 mars, un tribunal de Tchita, en Sibérie orientale, a condamné Tatiana Zorina, une entrepreneuse de 23 ans, à quatre ans de colonie pénitentiaire pour avoir « organisé des activités d'une organisation extrémiste » dans une discothèque dont elle était copropriétaire.

Des centaines voire des milliers de personnes LGBT+ ont déjà fui la Russie, et en particulier ces dernières années. Condamnées à l'exil forcé, ces immigrés s'installent dans des pays européens, dans le Caucase et en Asie centrale. Malgré les discours des pays européens dénonçant ces persécutions, les réfugiés font face à des conditions de vie précaires et délétères, comme en témoigne une série de suicides de personnes LGBT+ russes et ukrainiens dans des camps de réfugiés aux Pays-Bas en 2023 et 2024.

Depuis la France, il est nécessaire d'organiser la solidarité internationaliste avec les personnes LGBTI en Russie dont les luttes sont plus que jamais criminalisées et réprimées. Les Marches des fiertés qui auront lieu en juin doivent porter des mots d'ordre dénonçant l'offensive réactionnaire du régime de Poutine, mais également défendant l'ouverture des frontières et la régularisation de tous les sans-papiers, afin d'accueillir sans obstacles toutes les personnes qui fuient les persécutions, les guerres et la misère.

crédit photo : InkBoB, Creative Commons License

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