Retour

Augmentation du prix du carburant : le gouvernement poursuit sa politique pro-patronale

Thu, 21 May 2026 20:47:48 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Lecornu avait promis un « changement d'échelle » face à la flambée des carburants qui frappe les travailleurs. Ce jeudi, il a finalement annoncé la continuité des mêmes mesurettes pro-patronales. Seule une riposte par en bas permettra de faire payer les responsables de la crise.

Ce jeudi, le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs ministres étaient en conférence de presse pour présenter ce qui était annoncé depuis plusieurs jours dans les médias comme un « changement d'échelle » dans les aides face à la hausse des prix liée à la guerre des États-Unis contre l'Iran. Comme l'on pouvait s'y attendre, on a finalement assisté à un brassage d'air du gouvernement pendant 51 minutes.

Le cœur du dispositif se résume à la reconduction pour trois mois des aides existantes : maintien de l'aide entre 30 et 35 centimes par litre pour les pêcheurs, à 20 centimes pour le BTP et 15 centimes pour les agriculteurs avec le GNR. Seule évolution, le doublement de la prime carburant versée aux entreprises de 300 à 600 €. Des mesures uniquement dirigées en direction du patronat, et que le gouvernement s'est donc contenté de prolonger. En clair, pas de quoi modifier la réalité de l'impact de la crise pour les travailleurs et les classes populaires.

Pour habiller ce vide, le gouvernement a agité le chiffre de 710 millions d'euros supplémentaires, tout en évoquant des miettes symboliques pour donner l'impression d'agir. Les fonctionnaires se verront par exemple accorder une hausse de 20 centimes par litre de leurs indemnités kilométriques, une mesure qui ne permet même pas de rattraper la hausse des prix de ces deux derniers mois. Dans le même esprit, le ministre des Transports Philippe Tabarot a annoncé 15 000 véhicules électriques en leasing pour les aides à domicile - qui sont 600 000 en France.

Le pompon revient au même ministre des Transports qui a solennellement « interpellé » les plateformes de VTC — Uber, Bolt et consorts — pour leur demander de « faire un geste significatif » envers leurs chauffeurs. Autrement dit, le gouvernement supplie des multinationales milliardaires de bien vouloir, si elles le souhaitent, lâcher quelques euros à des travailleurs qui n'ont aucun statut salarié, aucune protection, et subissent de plein fouet la flambée des prix du carburant. Demander timidement au patronat de faire des efforts : un véritable symbole de la logique du gouvernement.

Ce qui unit toutes ces annonces, c'est précisément l'objectif de préserver à tout prix les profits du patronat, en évitant de lui imposer la moindre contrainte. En clair, pas touche à Total, qui a engrangé des milliards supplémentaires depuis le début de la guerre en Iran, profitant de la crise comme d'une machine à cash pour ses actionnaires. Surtout, le gouvernement veut à tout prix éviter la question centrale des salaires, qui n'ont pas suivi l'inflation depuis des années, et dont l'augmentation est un véritable tabou.

Cette conférence de presse confirme donc ce qu'on savait déjà : la macronie poursuivra sa politique pro-patronale contre les intérêts des classes populaires confrontées à la crise. Face à cela, la seule perspective viable est l'organisation d'une riposte par en bas pour imposer des mesures à la hauteur de la crise et la faire payer aux vrais responsables. Cela implique de se battre pour l'indexation des salaires sur l'inflation et leur augmentation généralisée, le plafonnement des prix des hydrocarbures mais aussi la nationalisation sans rachat et sous contrôle ouvrier de Total, le principal profiteur de cette crise.

/ / / / / /