Gabriel Bée, tué par un gendarme : un an après, sa mort toujours impunie
Thu, 21 May 2026 23:17:05 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalGabriel Bée, 33 ans, a été tué par un gendarme dans la nuit du 20 au 21 mai 2025, lors d'une intervention pour tapage nocturne à Augé, dans les Deux-Sèvres. Dix mois plus tard, le parquet de Niort a classé l'affaire sans suite. Une décision qui consacre une nouvelle fois l'impunité des forces de répression.

Il y a exactement un an, dans la nuit du 20 au 21 mai 2025, à Augé, dans les Deux-Sèvres, Gabriel Bée, 33 ans, a été tué par les tirs d'un gendarme lors d'une intervention pour tapage nocturne. Dix mois plus tard, le parquet de Niort a annoncé le classement sans suite de l'enquête, estimant que l'usage de l'arme avait été « nécessaire et proportionné ». Ce 21 mai, la famille de la victime lui rendait hommage, et continue de lutter pour obtenir justice.
Selon la version retenue par le parquet, Gabriel Bée aurait menacé un gendarme avec une matraque télescopique, avant que ce dernier ne chute et tire à deux reprises sur Gabriel. Un récit qui semble très éloigné de ce qui s'est déroulé ce soir-là, au regard d'une vidéo retrouvée sur le téléphone de la victime dans laquelle sa mère constate que « Gabriel n'est pas violent et le gendarme tombe tout seul maladroitement ».
Mais l'affaire a été classée sans suite, en mars. « Ça nous paraissait évident de lui rendre cet hommage et d'informer les gens car on est à un moment clé, pour déposer une nouvelle plainte dans les jours qui viennent », indique Isabelle, la mère de Gabriel.
Le classement sans suite est une insulte à l'égard de la famille de victime. Le cas de Gabriel Bée n'est pas isolé, mais vient poursuivre une longue liste de morts par la police ou de la gendarmerie à l'image de Nahel Merzouk, Adama Traoré ou encore Steve Caniço. Dans ces affaires, les agents impliqués ont été couverts par leur hiérarchie puis blanchi par la justice, qui sous qualifie les chefs d'accusation, prononce des « non-lieu » ou encore classe l'affaire sans suite.
Mais le combat de la famille de Gabriel Bée, ainsi que celui d'Adama Traoré, montre la voie à suivre contre les violences d'État. De Gabriel à Nahel en passant par Steve, Adama et pour tous les autres, il faut se battre pour obtenir la justice et la vérité sur leur mort et la fin de l'impunité organisée par un État qui protège ses bourreaux. Justice pour Gabriel !