Édouard Philippe, candidat favori de la bourgeoisie, visé par une enquête pour « détournement de fonds »
Thu, 21 May 2026 18:20:05 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors qu'Édouard Philippe est entré en campagne ces dernières semaines et apparaît comme un des candidats favoris des classes dominantes, il fait l'objet d'une enquête par le parquet national financier pour détournement de fonds publics. Une affaire qui pourrait bousculer les plans de la bourgeoisie.

Le 10 mai dernier, Édouard Philippe organisait à Reims son premier meeting de candidat à la présidentielle, en se présentant comme le candidat de la « raison » en 2027. Une étape importante pour l'ancien Premier ministre, qui fait face à plusieurs rivaux au centre-droit, entre Gabriel Attal et Bruno Retailleau, mais apparaît pour le moment comme le favori de la bourgeoisie française pour les prochaines présidentielles.
Dans ce contexte, on apprenait cette semaine que le maire du Havre fait l'objet d'une enquête pour soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêts et concussion par le Parquet national financier. Edouard Philippe ainsi que deux élues du Havre sont concernés par l'enquête menée par un juge d'instruction.
C'est l'ancienne directrice générale adjointe de la collectivité qui est à l'initiative de l'affaire. Elle estime qu'un conflit d'intérêts a pu exister autour de la Cité numérique du Havre. Comme l'explique Libération, les soupçons concernent « une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique, signée en juillet 2020. LH French Tech, association désignée et seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets dans le tiers-lieu. Selon la plainte, LH French Tech a été créée en avril 2020 par la colistière de Edouard Philippe dans le seul but de répondre à ce projet ».
Édouard Philippe serait donc concerné par des faits de complicité de détournement de fonds publics, pour avoir validé des décisions menant à l'allocation de ces financements. Si l'enquête vient de commencer, ces soupçons rappellent évidemment l'implication de nombre de figures macronistes dans des affaires de détournement de fonds publics.
Le conseiller officieux du président de la République, Thierry Solère, a été mis en examen de nombreuses fois dans des enquêtes pour fraude fiscale, trafic d'influence, et la dépense de 167 000 euros de frais de mandat pour ses effets personnels. François Bayrou, ministre de la Justice en 2017 et Premier ministre déchu, a également été mis en cause dans l'affaire des assistants parlementaires européens du MoDem.
Au-delà du détournement de fonds, la macronie a été mêlée à des dizaines d'affaires judiciaires. Le Canard Enchainé et France Info rappellent que depuis 2017, plus de vingt membres du gouvernement ont eu affaire à la justice. L'ancien ministre des PME sous Jean Castex, Alain Griset, a, de son côté, été condamné pour abus de confiance, faux et usage de faux, alors qu'il était encore en fonction, entre autres affaires.
Des agissements typiques des politiciens professionnels, qui ne manquent jamais de profiter de leurs avantages en toute impunité, pendant qu'ils font payer la crise aux travailleurs. Une politique pour laquelle Édouard Philippe n'est pas en reste. Celui qui « veut s'imposer comme le principal adversaire du RN » n'est autre que l'instigateur de la suppression de l'ISF, de la répression brutale des Gilets Jaunes, ou encore le défenseur de la retraite à 67 ans et de la proposition d'un droit d'exception pour les musulmans. Un profond ennemi des travailleurs et de la jeunesse dont l'implication dans une affaire de corruption n'aurait rien de surprenant.
Sans présager de la suite de l'affaire, l'ouverture d'une telle enquête ravive le spectre du scandale autour de François Fillon en 2017, qui avait fini par conduire à la défaite du candidat préféré des classes dominantes. Si elle donne lieu à un procès, l'affaire pourrait bousculer les plans de la bourgeoisie française, qui semble voir dans la candidature de l'ancien Premier ministre, en tête des sondages, sa meilleure carte pour poursuivre les offensives anti-ouvrières.