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Négociation à Airbus : la direction veut nous enfumer, organisons la grève pour des hausses de salaires !

Wed, 20 May 2026 14:57:40 CEST

Révolution Permanente

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Sous la pression des débrayages des 6 et 7 mai, la direction d'Airbus a annoncé l'ouverture de nouvelles négociations le 27 mai pour une « prime de compensation ». Une première concession sans garantie concrète qui montre l'enjeu de construire le rapport de force par la grève pour arracher de réelles avancées salariales.

La direction d'Airbus a eu une frayeur en ce début de mois de mai, face aux débrayages spontanées des 6 et 7 mai contre la baisse de plus de 50 % de la prime de participation. Mais elle a pu compter sur les syndicats pro-patronaux et leur volonté de « dialogue social » pour temporiser la colère. En effet, les syndicats FO, CFE-CGC et CFTC avaient pris position contre la mobilisation en tournant sur les lieux de débrayages pour expliquer qu'il fallait attendre une négociation pour une nouvelle prime le 12 mai.

Cette négociation du 12 mai a été un échec, sans aucun engagement de la direction. Mais les syndicats pro-patronaux ont encore attendu une nouvelle réunion ce lundi 18 mai. À l'origine, cette dernière devait discuter des futurs accords de prime de participation, mais la direction s'est retrouvée obligée de concéder un recul partiel face à la colère large qui s'est exprimée lors des débrayages spontanés des 6 et 7 mai.

Ainsi, elle a annoncé l'ouverture de nouvelles négociations le 27 mai pour définir une « prime de compensation » et ouvre la voie à une expertise sur le calcul de la prime de participation ainsi qu'à la renégociation de l'accord de plafonnement des primes. Une première concession qui reste cependant sans garantie concrète pour les travailleurs et constitue avant tout une manière de temporiser et de faire retomber la colère.

Pour cela, elle peut compter sur l'alliance des syndicats pro-patronaux FO, CFE-CGC et CFTC, qui se félicitent dans un communiqué qu'« une chose apparaît aujourd'hui clairement, le dialogue social semble enfin trouver sa place ». FO, la CFE-CGC et la CFTC appellent désormais à attendre les discussions du 27 mai prochain alors que, quelques jours auparavant, ils avançaient, à contrecœur, l'idée qu'ils seraient prêts à appeler à la grève. Une manière, une fois encore, d'éteindre la colère alors même que les travailleurs avaient commencé à imposer un rapport de force par leurs débrayages.

Les travailleurs d'Airbus ne doivent avoir aucune illusion sur la direction d'Airbus et les syndicats FO, CFE-CGC et CFTC pour défendre leurs intérêts. C'est seulement par la mobilisation qu'il sera possible d'arracher de réelles avancées. Une seule heure de débrayage spontané a permis d'obtenir que la direction revoie sa copie sur la question de la prime. Mais maintenant, le montant de la « prime de compensation » et, plus largement, d'une hausse des salaires sera conditionné au rapport de force que construiront les travailleurs. Ce ne sont pas les beaux discours de FO dans les réunions de négociation avec la direction qui changeront la situation, mais la construction d'un rapport de force par la grève.

Plus largement, dans un contexte d'inflation généralisée, il ne faut pas se satisfaire de quelques primes au rabais. Les travailleurs d'Airbus ainsi que ceux des sous-traitants sont plus que légitimes à revendiquer une prime au moins à la hauteur de celle de l'an dernier, et même à aller plus loin en réclamant une augmentation durable de 400 euros de tous les salaires ainsi que leur indexation sur l'inflation. C'est un minimum vital pour les travailleurs de l'aéronautique, qui voient le secteur réaliser des bénéfices records alors que les prix explosent sans que les salaires suivent.

Pour obtenir de telles revendications, le « dialogue social » prôné par les trois syndicats pro-patronaux est une impasse. Il est nécessaire de rompre avec les cadres imposés par ces syndicats et de reprendre la main sur le mouvement sans attendre les prochaines négociations. Pour cela, il faut construire une mobilisation à la base où les grévistes se structurent en assemblées générales dans lesquelles chacun d'entre eux peut s'exprimer, décider des revendications et élire des délégués pour représenter réellement les intérêts de la mobilisation.

Dans ce sens, la CGT a appelé à la mobilisation dans un communiqué publié le 18 mai. Une mobilisation qui pourrait se concrétiser dans un appel à débrayage aux alentours de la réunion du 27 mai et qui permette de tenir des assemblées générales dans lesquelles chaque gréviste peut se saisir de l'élaboration des revendications et des modalités de la grève. La colère exprimée début mai a ouvert une brèche. Reste désormais à transformer cette première démonstration de force en mobilisation durable capable d'imposer de véritables avancées salariales.

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