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Cérémonie de « dévoilement » : Némésis étale son islamophobie à la marche anti-migrants de Londres

Wed, 20 May 2026 21:47:37 CEST

Révolution Permanente

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Samedi 16 mai, les militantes identitaires de Némésis ont participé à la manifestation anti-immigration « Unite the Kingdom », organisée à Londres par l'influenceur d'extrême droite Tommy Robinson, pour y mettre en scène un « dévoilement » qui s'inscrit dans une longue tradition coloniale à la française.

Ce samedi 16 mai, la manifestation anti-immigration organisée par l'influenceur Tommy Robinson, à Londres, a vu défiler quelques soixante mille personnes, sous le slogan « Unite the Kingdom » (« unir le royaume »). C'est la deuxième manifestation de ce type qui se tient à Londres cette année, après celle de septembre. L'activiste nationaliste, condamné et incarcéré à plusieurs reprises pour faits de violence et soutenu par Elon Musk, avait alors reçu Eric Zemmour.

Cette fois-ci, les militantes du collectif identitaire Némésis étaient à l'honneur et ont profité de l'invitation pour effectuer un happening islamophobe. Sur la scène principale, trois activistes sont apparues couvertes de niqabs, provoquant les huées de la foule et faisant scander au public « take it off » (« retirez-les » en français), avant de se dévoiler, cheveux détachés et robes courtes, jubilant de leur minable action.

La mise en scène déshumanisante, dénoncée par Marie Coquille Chambel dans Libération comme relevant presque du « zoo humain » n'est pas sans rappeler les cérémonies de dévoilement, organisées par l'État français en Algérie, où les colons contraignaient des Algériennes à ôter leurs voiles.

En parallèle de la manifestation d'extrême droite, une grande marche avait lieu pour commémorer la Nakba, cet exil de 700 000 Palestiniens dépossédés de leurs terres et de leurs biens pour créer l'État sioniste d'Israël. Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé, malgré les menaces de Keir Starmer et son gouvernement qui avait promis d'arrêter toute personne qui scanderait le slogan « mondialisons l'intifada ». Rien de surprenant pour le gouvernement travailliste, connu pour sa politique de répression envers le mouvement de solidarité avec la Palestine.

Némésis : un mode opératoire basé sur des provocations racistes et islamophobes

Le petit spectacle islamophobe et sexiste de Némésis ce samedi n'est pas une première. Le collectif auto-proclamé féministe, qui instrumentalise la lutte contre les violences de genre au service d'un agenda raciste, a l'habitude de ce genre d'actions coup de poing. Ces happenings outranciers reprennent un mode d'action inspiré des Femen, visant à choquer pour être mieux médiatisés. Un de leurs premiers faits d'armes avait été le déploiement d'une banderole « Les Françaises dans cinquante ans ? », tenue par une trentaine militantes vêtues de burka, au Trocadéro en janvier 2021. Ce dispositif raciste avait été repris dans des vidéos postées sur Instagram lors de leur petit voyage à Londres, où des femmes portant le voile sont filmées dans la rue, à leur insu, avec la légende « La France dans quelques années ».

En 2023, leur obsession contre le voile les avait conduites à essayer de lancer une trend « No hijab day » sur les réseaux sociaux, où les militantes photographiaient leurs cheveux, se mettant également en scène devant le Sacré Cœur, un groupe de militantes vêtues de burqa noires, l'autre de robes blanches, cheveux lâchés, devant une banderole « Quelle civilisation voulez-vous ? ». Plus récemment, en février dernier, une dizaine de militantes de Nancy s'étaient vêtues de burqas et étaient allées jusqu'à mimer une prière pour dénoncer une proposition de loi accordant le droit de votes aux étrangers hors Union européenne... Autant d'actions abjectes et déshumanisantes qui en dévoilent plus sur leur obsession identitaire et islamophobe que sur leurs soi-disant préoccupations féministes.

Les militantes nationalistes ont été applaudies par les racistes de toute l'Europe et se félicitent d'une action prétendument réalisée devant une foule de deux millions de personnes – en réalité soixante mille, malgré les mensonges des organisateurs, vidéos réalisées par IA à l'appui. Mais leur souhait de voir de telles mobilisations se reproduire en France n'est pas près de se réaliser. Malgré leurs buzz et coups d'éclats médiatiques, notamment dans la séquence qui a suivi la mort de Quentin Deranque, Némésis enchaîne les défaites sur le terrain. Le 8 mars dernier, face à la détermination coordonnée du mouvement féministe à ne pas laisser les racistes défiler, elles n'ont pas pu participer au parcours officiel de la manifestation et ont été contraintes de se cantonner à un micro-rassemblement dans le 16e arrondissement.

Seule l'organisation par en bas, depuis nos lieux d'étude et de travail ainsi que dans la rue, nous permet de nous affronter à l'extrême droite. Alors qu'une pétition circulait il y a peu pour réclamer la dissolution du collectif suprémaciste, nous soulignions l'impasse de s'en remettre à l'État pour combattre l'extrême droite, alors même que le gouvernement lui pave la voie. Contre Némésis, mais aussi contre les politiques racistes et anti-migrants qu'ont menées Macron et Retailleau, le mouvement féministe doit mener une lutte frontale. Un combat sans concessions pour défendre le droit à disposer de son corps, contre les offensives islamophobes et tous les projets de réarmement démographique.

Crédits image : capture d'écran X.

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